00:00Après, je voudrais quand même préciser que ce n'est pas une réforme récente.
00:02En fait, les évaluations ont commencé autour de 2010,
00:06elles ont été interrompues par François Hollande sous la pression des syndicats comme d'habitude.
00:10Là, ce sont toujours les mêmes syndicats qui vont s'opposer à des réformes qui sont utiles.
00:16Elles ont été remises notamment par Jean-Michel Blanquer.
00:19C'était d'ailleurs intéressant, je veux souligner qu'il y a des syndicats qui sont favorables,
00:22puisque la personne qui est intervenue, c'est le SNE, donc c'est un syndicat qui est favorable.
00:27Cette réforme provient d'un travail de lien avec le Conseil supérieur de l'éducation nationale
00:33et notamment les travaux et les recherches en neurosciences.
00:37Les premières évaluations qui ont été mises en place concernaient l'ECP et l'ECE1
00:41avec un objectif d'évaluer l'ECP à l'entrée, l'ECP en milieu d'année et l'ECE1 en entrée.
00:48Pourquoi ? Parce que c'est entre 6 et 7 ans qu'on peut voir se développer des pathologies de dyslexie notamment.
00:56Et donc, c'est seulement par une mesure extrêmement efficiente d'éléments de capacités cognitives précis
01:03que l'éducation nationale, en l'occurrence les professeurs, peuvent identifier potentiellement un enfant
01:09qui va avoir un trouble du développement, ce qui n'a rien à voir avec ses capacités intellectuelles
01:14qui sont absolument intactes, mais le chemin de traitement de l'information à la lecture
01:18ou à l'écriture ou au rapport aux mathématiques, ce qu'on appelle les proto-mathématiques, vont s'évaluer à ce moment-là.
01:24C'est pour ça que ces évaluations sont fondamentales, qu'elles sont essentielles et qu'elles sont déjà anciennes.
01:29L'objectif étant d'identifier des enfants qui, de toute façon, vont devoir prendre un autre chemin
01:34pour accéder à des apprentissages fondamentaux que sont la lecture, l'écriture et le sens du nombre.
01:39Mais c'est fondamental alors ?
01:40C'est fondamental.
01:41Si c'est à partir de ce moment-là, de ces évaluations, que vous pouvez faire prendre un autre chemin pour le bien,
01:46évidemment, et le bien nature de l'enfant, c'est qu'elles sont plus que salutaires.
01:50Bien sûr, mais nous, quand Jean-Michel Blanquer les a instaurées en 2019,
01:54nous, on avait fait un travail, quand moi je suis arrivée chez SOS Education,
01:58on avait demandé à des professionnels, notamment des orthophonistes et des spécialistes de ces pathologies-là,
02:04d'étudier les évaluations.
02:06Et donc, effectivement, le point de vue était très favorable.
02:09Alors après, est-ce que les professeurs ont été formés pour comprendre, évidemment, l'enjeu de ces évaluations
02:14et pour les analyser, c'est un autre sujet.
02:16Après, et vous avez raison Céline, ont été ajoutées d'autres évaluations.
02:23Sont arrivées l'ECM2 et la 6e.
02:25La 6e, parce qu'on s'est rendu compte que 50% des enfants entraient en 6e sans savoir lire, écrire, compter parfaitement,
02:30ce qui faisait effectivement une incapacité à suivre un collège unique.
02:34Donc, les évaluations de 6e étaient également utiles.
02:36Et ensuite, ils se sont mis à les faire sur chacun des niveaux, ce qui est le cas cette année,
02:40puisque cette année, ils ont rajouté l'ECM2 et ils ont rajouté également 5e et 3e.
02:47La grosse différence entre les évaluations qui sont en primaire et celles du collège,
02:51c'est qu'en primaire, elles sont faites sur du matériau papier
02:54et que c'est au professeur de rentrer les résultats des élèves pour ensuite que soient traités, évidemment, les données.
03:00Donc, ça leur fait un travail supplémentaire qui ne leur plaît pas et qui les ennuie.
03:04Mais c'est une évaluation qui ennuie les professeurs, mais qui ne nuit pas aux élèves.
03:08Il faudrait quand même rappeler que l'école est là pour prendre des positions éducatives
03:12dans l'intérêt des enfants et de leur instruction.
03:14Par contre, sur le collège où personne n'en parle,
03:16où il y a des évaluations 6e, 5e, 4e, 3e,
03:19vu que les élèves le font directement sur l'ordinateur,
03:21les profs n'ont rien à faire, a priori, ça ne pose pas de problème.
03:24Donc, je pense qu'il faut quand même rappeler ces éléments-là.
03:26Je crois que c'est utile et ça devient effectivement une vraie question
03:31quand vous avez de plus en plus de profs qui manquent en primaire,
03:34des profs de moins en moins formés et où on n'a plus de santé scolaire
03:38et où on n'a plus d'orthophonistes en France.
03:40C'est-à-dire que, effectivement, ces évaluations-là sont utiles,
03:43mais il faut que tout le reste suive derrière.
03:44C'est-à-dire que quand on identifie un enfant qui, a priori,
03:47a une difficulté d'accès à l'écriture ou à la lecture,
03:50il faut qu'il puisse être pris en charge tout de suite.
03:52De manière, effectivement, à se dire qu'il faut poser un diagnostic
03:56et si on est dans une pathologie de dyslexie, de dyspraxie, etc.,
04:01faire tout un système d'accompagnement avec des outils de compensation
04:04pour qu'il accède à toutes les connaissances fondamentales.
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