00:00Quelle dorée aimer qu'elle soit en or ?
00:03Les deux.
00:04Les deux, il n'y en a pas une plus que l'autre qu'on aurait aimé qu'elle soit plus dorée,
00:09c'est vraiment les deux.
00:10On passe à côté de l'or de pas grand chose sur les deux.
00:15Maintenant, c'est vrai que sur la première, le temps de récupération fait que c'est pas possible.
00:23Certains vont me dire oui, mais c'est possible pour les autres.
00:26Sauf que moi, je fais et le 100 et le 400.
00:29Je prétends à l'or sur les deux.
00:33C'est compliqué d'adapter le profil sur le 400 parce que là, on est sur un format de compétition
00:40qui avantage ceux qui sont plus résistants.
00:43Les purs sprinters comme moi sont complètement désavantagés.
00:46On n'a pas le match qu'on devrait avoir sur 400 entre les purs sprinters et les purs résistants.
00:54C'est regrettable.
00:57Sur les vallées, ils ont 48 heures entre chaque tour.
01:00Nous, on a 7 heures entre la série et la demi.
01:02Il y a un moment, c'est absurde.
01:04S'ils veulent avoir de la perf, des records, des chronos incroyables, on les a dans les jambes.
01:12Sauf qu'il faut nous permettre de pouvoir les faire.
01:14Malheureusement, le 400, c'est une discipline qui, même si vous vous en gardez sous le pied,
01:21en série et en demi, on y laisse des plumes malgré tout.
01:26Après, sur 100 mètres, je suis le seul qui fait le 400 qui arrive en finale du 100
01:33et qui monte sur la boîte.
01:36J'ai trois tours de 400 dans les jambes et ça se joue à 3 centimes.
01:39Quand je dis que je suis celui qui a la base de vitesse la plus importante,
01:44je ne me justifie pas sur le 400.
01:48C'est juste qu'après, arrivé sur 100 mètres, il y a de la fatigue quand même
01:52parce qu'il n'y a que deux jours entre les deux épreuves.
01:54Sauf que sur les deux jours, ce n'est pas deux jours de repos où on ne fout rien.
01:57C'est deux jours où il faut switcher entre le 400 et le 100
02:01parce qu'un athlète, normalement, ne fait pas 100-400.
02:03Il fait 100-200 ou 200-400.
02:05Sauf que moi, le 200, on me l'a retiré en 2018.
02:07Je suis un pur coureur de 200 à la base.
02:09J'ai fait le choix de faire un peu le grand écart.
02:12Ça ne nous réussit pas si mal que ça.
02:15Mais c'est vrai qu'avec un programme digne de ce nom, ça pourrait passer.
02:21Hier soir, on s'est fait taper par plus fort que nous.
02:25Pour pas grand-chose, il y a eu vraiment match.
02:28Moi, je suis content parce que ces deux dernières années,
02:32j'ai travaillé avec Dimitri Domogner pour travailler sur ma mise en action
02:37et pour progresser techniquement.
02:39Il y a cette progression.
02:40Maintenant, c'est vrai qu'avec trois tours de 400 dans les jambes, ça tape un peu.
02:44Il y a un petit peu un goût amer par rapport à ce grand écart
02:48dont tu parles musculairement entre le 100 et 400.
02:51Ce n'est pas un goût amer.
02:53Le goût amer, il est plus par rapport au programme.
02:55Aujourd'hui, ces médailles d'argent, j'en suis fier.
02:57Je les assume totalement.
02:59On a fait ce qu'on avait à faire.
03:02Maintenant, oui, il y a un petit peu de frustration par rapport au chrono
03:07qu'on aurait voulu pouvoir faire descendre un peu plus.
03:11On sait qu'on a mieux dans les jambes.
03:14C'est le programme de compétition qui fait ça.
03:17Je ne peux même pas dire que tout le monde est dans les mêmes conditions
03:24puisqu'en fait, on est les seuls binômes à aller jusqu'en finale
03:28et à prendre une médaille et sur 400 et sur 100.
03:30Donc non, on n'est pas tous dans les mêmes conditions.
03:33Mais c'est vrai que ce n'est pas si évident à faire matcher.
03:38Un grand, grand merci à Dimitri Domogner qui a su justement
03:42ajuster la planification de l'entraînement
03:48parce que jongler entre le 100 et le 400,
03:50oui, c'est deux épreuves de sprint,
03:52mais c'est deux épreuves de sprint qui sont diamétralement opposées.
03:54Et croyez-moi, ce n'est pas facile.
03:56Je n'imagine pas ce que c'est.
03:58On t'a vu hier profiter avec le public ici au Club France
04:01et dire notamment que ces Jeux Paris,
04:04ils allaient être historiques pour le sport paralympique.
04:06À quel point tu penses que ça va changer les choses, toi, ici, Paris 2024 ?
04:11Je ne sais pas. Je crois qu'on ne mesure pas encore les retombées.
04:15J'espère qu'elles seront encore plus importantes.
04:17Moi, je faisais partie des sceptiques il y a encore un an
04:20de savoir est-ce que les stades seraient remplis,
04:23les ensembles sportifs seraient remplis ou pas par le public français.
04:26Je faisais peut-être partie des plus réservées.
04:28Je crois que je n'ai jamais été aussi heureux d'avoir tort.
04:31Donc voilà, j'espère que je serai encore plus surpris par les retombées.
04:36Ce que je sais, en tout cas, c'est que ces Jeux Paralympiques,
04:39ça doit être un nouveau départ.
04:41Ça ne doit pas du tout être une finalité.
04:43Au contraire, ça doit être la ligne de départ d'un booster incroyable
04:46pour améliorer l'accessibilité dans tous les sens du terme.
04:50Je donne des exemples tout bêtes, mais ça se sent numérique.
04:55Aujourd'hui, par exemple, dans l'électroménager,
04:58il y a plein de trucs qui sont tactiles.
05:00Il n'y a aucun dispositif vocal.
05:02Il y a des applications qui sont connectées au quai,
05:05mais les applications ne sont pas forcément accessibles.
05:08On les transporte dans plein de choses.
05:10L'accessibilité, il faut prendre conscience
05:12que c'est un sujet qui touche tout le monde.