00:00Incomplètement, et pas que pour le GGN, ça a été d'abord un traumatisme pour l'ensemble des forces de police dans le monde,
00:07parce qu'on ne pensait pas que la police allemande, compte tenu de l'image qui nous restait sur la Seconde Guerre mondiale,
00:15soit à ce niveau d'incompétence pour arriver à tel résultat. Je voudrais juste quand même souligner que si on peut reprocher l'incompétence,
00:26il faut mettre en exergue quelque chose qui est majeur dans cette affaire, c'est également le blocage politique qu'il y a eu.
00:33C'est-à-dire que Mme Goldamer a refusé totalement la négociation. C'est-à-dire qu'il fallait jouer l'esprit des...
00:41— Première ministre israélienne, à l'époque. — Pardon. Oui, j'aurais dû préciser. Je suis trop impliqué là-dedans.
00:48Mais il fallait absolument ne pas laisser faire une prise d'otage qui donnait l'impression qu'on pouvait céder à des exigences et qu'oublier complètement
00:58à quel point la géopolitique avait une place, comme elle l'a actuellement, dans tout ce qui se passait de ce qu'on qualifie maintenant de terrorisme,
01:07mais toutes les actions de l'époque. C'est une erreur fondamentale. Or, si vous avez les moyens de négocier, vous négociez.
01:15Si vous les avez pas et que vous voulez utiliser des moyens de force, il faut avoir ces moyens. Et quand le gouvernement allemand s'est retrouvé
01:24contraint de donner l'illusion qu'ils allaient donner un avion au commando, ce qui a été fait avec une opération menée sur ce leurre
01:35qu'était l'avion qu'on leur donnait, et que l'équipe allemande qui était dans l'avion, qui devait intercepter une partie de ce commando,
01:44a décidé, tout d'un coup, en faisant un pot, oh là là, c'est dangereux, on s'en va. Donc ils ont quitté. Il ne restait plus que 5 tireurs d'élite
01:51pour 8 preneurs d'otages. Même si vous n'êtes pas un spécialiste de l'opérationnel, vous avez compris qu'à partir du moment où ils allaient ouvrir le feu,
01:59il allait se passer quelque chose de terrible, dans la mesure où, en plus, ils étaient incapables de se répartir eux-mêmes les objectifs.
02:07Donc ils ont tiré plusieurs fois sur les mêmes.
02:10Déjà, il n'y avait pas de liaisons radio, je crois, entre les tireurs d'élite ?
02:13Il n'y avait pas de liaisons radio, il y avait une mauvaise connaissance du nombre de preneurs d'otages.
02:18Les tireurs d'élite, ce n'était pas réellement leur...
02:20Les tireurs d'élite étaient des volontaires que l'on avait pris dans les stands de tir policiers. On leur a demandé, vous vous entraînez au tir ?
02:28Oui, oui, bon ben venez. Et surtout, aucune coordination entre eux, comme vous le disiez, avec la radio, mais également avec l'équipe qui était dans l'avion.
02:36Donc vous aviez sur le tarmac un avion, l'hélicoptère qui arrivait, au moment, et c'est la coordination des différentes actions dans ce type d'opération,
02:46qui mène au succès ou à l'échec. À partir du moment où vous avez des gens qui ne sont pas volontaires, qui ne sont pas entraînés, qui sont mal équipés,
02:54vous ne pouvez avoir qu'un échec. Et décider d'une opération dans ces conditions-là, c'est criminel. Je le dis.
03:02Pas simplement parce que vous avez en face de vous des gens qui sont jusqu'au boutiste. Ils ont mis 45 minutes avant de se retourner vers les otages.
03:09Ouais... Des opérations comme ça, il n'y en a pas beaucoup. Donc tout ce qu'il ne fallait pas faire est dans l'affaire de Munich.
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