00:00RTL Midi, pour tout comprendre de l'actualité.
00:04Des places de parking réservées aux femmes à côté de la sortie des parkings.
00:09C'est la réponse du maire de Metz, François Gredillier,
00:12qui souhaite renforcer la sécurité dans sa ville après un viol il y a quelques jours dans le parking souterrain d'une grande surface.
00:19Oui, ces places seraient situées, vous le disiez, près des caisses ou des sorties
00:22pour éviter aux femmes d'avoir à parcourir une trop grande distance à pied,
00:27au total, dans les parkings publics de la ville.
00:29Un dispositif qui devrait être mis en place dans quelques mois.
00:32Pour en parler, avec nous, Violaine de Philippis Abad.
00:35Bonjour.
00:36Vous êtes avocate, cofondatrice du collectif Action Juridique Féministe,
00:40des places de parking réservées aux femmes pour assurer leur sécurité.
00:45Bonne idée ou pas ?
00:46Je ne pense pas que ce soit une bonne idée,
00:48puisque peut-on se réjouir d'une solution séparatiste,
00:51c'est-à-dire les femmes d'un côté et les hommes de l'autre ?
00:53Est-ce que c'est vraiment ça qu'on souhaite pour notre société ?
00:55D'ailleurs, ce n'est même pas le projet du féminisme,
00:58puisqu'on est souvent caricaturés comme voulant séparer la société en deux.
01:03Eh bien, c'est faux.
01:04Nous, justement, le projet finalement du féminisme,
01:07bon, après, il y a plein de définitions possibles,
01:09mais je crois que le point sur lequel s'entendent beaucoup d'associations,
01:12c'est bien sûr le vivre ensemble.
01:14Donc, c'est vivre femmes et hommes ensemble,
01:16c'est à aucun moment créer des parkings spécifiques pour les femmes.
01:19Puis c'est quoi, demain, il veut faire des trottoirs spécifiques pour les hommes dans sa ville ?
01:22Comment ça se passe ?
01:24Vous avez le sentiment qu'on les stigmatise, les femmes, avec une proposition pareille ?
01:27Oui, je pense aussi qu'on stigmatise les hommes.
01:29Enfin, on stigmatise tout le monde avec ça.
01:31Je pense que la solution est dans la prévention.
01:33Comment est-ce que demain, on aura des adultes qui n'agresseront plus les femmes dans les parkings ?
01:38Eh bien, ça passe par la sensibilisation à l'école.
01:41Et là, pour moi, c'est une solution dont en fait, on ne peut que s'attrister.
01:46On est en direct avec Bénédicte qui a fait le 3210, une auditrice.
01:50Bénédicte, bonjour.
01:51Bonjour à tous.
01:52Ces places de parkings réservées aux femmes, c'est un dispositif qui existe en Allemagne, je crois.
01:57Et justement, vous êtes une auditrice d'Airtel qui vit en Allemagne, c'est ça ?
02:00C'est ça, j'habite en Allemagne.
02:01Et contrairement à ma consoeur, moi, je suis tout à fait pour ces places-là.
02:05Pourquoi ?
02:06Et pourtant, je suis féministe aussi de la même façon, parce que je suis rassurée.
02:09Elles sont à côté de l'entrée.
02:11Il y a les caméras, etc.
02:13Et tant qu'on n'aura pas réglé effectivement le problème des agressions,
02:17alors la prévention, bien entendu, c'est indispensable.
02:21En attendant, force est de constater qu'il y a beaucoup d'agressions.
02:24Et moi, ça me rassure.
02:26Il y en a partout en Allemagne.
02:27Et je les utilise quand je suis toute seule.
02:29Vous vivez dans quelle ville en Allemagne ?
02:31Düsseldorf.
02:32Düsseldorf.
02:33Donc racontez-nous.
02:34Par exemple, dans un supermarché, vous faites vos courses, vous êtes garées dans le parking souterrain.
02:38Et il y a des places, on les reconnaît ?
02:40À quoi elles ont un code couleur particulier ?
02:42Alors souvent, elles sont roses.
02:44On a les bleus pour handicapés, roses pour les femmes.
02:47Pour les femmes, il y a marqué « Frauenparkplatz » avec le petit dessin à côté.
02:52On a des places pour les handicapés, pour les familles.
02:55Alors, pas simplement familles nombreuses, mais avec un enfant, et puis ces places-là pour les femmes.
02:59Il y en a en général dans les grands parkings, entre 5 et 10.
03:04Et elles sont vraiment respectées par tout le monde.
03:06Et moi, c'est vrai que quand je suis toute seule et que je rentre tard,
03:09je suis bien contente qu'elles soient à l'entrée et ne pas aller au cinquième étage, par exemple.
03:12Au violen de Philippe Sabat, vous entendez Bénédicte qui nous dit qu'elle est féministe, comme vous.
03:17C'est vrai, sur le plan intellectuel, ce que vous dites a plein de sens.
03:22Mais c'est vrai que face à ça, il y a une réalité, c'est que le problème du viol n'est pas réglé.
03:26Dans la praticité quotidienne des femmes qui ont peur de se taper 300 mètres de parking souterrain sombre,
03:33ces petites places roses, juste à côté des ascenseurs ou des escaliers, rassurent.
03:38Alors ensuite, pourquoi ne pas mettre en place plus d'effectifs ?
03:42Plus d'agents et d'agentes pour s'assurer de la sécurité, plutôt que de stigmatiser ?
03:48Encore une fois, en plus, on entendait qu'en Allemagne, les places sont roses.
03:51On est proche de la... Enfin, c'est un peu ridicule.
03:54Donc, je pense que oui, la sécurité, c'est une question urgente à laquelle il faut apporter une réponse immédiate.
03:59Donc, plus de budget pour avoir plus de force de police, me semble être une meilleure solution.
04:03Et j'ajouterais que j'assiste une femme qui a été violée sur un parking il y a maintenant trois ans.
04:08Le dossier est en cours d'instruction.
04:10Et je pense que même avec ce dispositif de place, malheureusement, le viol aurait quand même eu lieu,
04:16en tout cas pour ce qui est de ce dossier.
04:18Donc, ce n'est pas non plus une solution miracle.
04:20Bénédicte, ce n'est pas une solution miracle.
04:22C'est vrai, ce n'est pas une solution miracle.
04:24Ce n'est pas une solution miracle, mais en attendant, ça aide quand même.
04:26Dans l'absolu, on a raison, il ne devrait pas y avoir d'agression, il ne devrait pas y avoir de viol.
04:30Force est de constater que ça existe.
04:32Et moi, quand j'y suis confrontée, je suis ravie d'avoir ces places-là, proches de l'entrée ou de la sortie.
04:38On continue le combat contre les agressions, quelles qu'elles soient,
04:42contre les enfants, contre les femmes, contre les hommes, tout ce que vous voulez.
04:45Mais la plupart du temps, c'est aussi des parkings privés.
04:48Et on est bien d'accord qu'un policier dans chaque parking pour accompagner chaque personne, ce n'est pas faisable.
04:52Pas pour chaque personne, mais pour chaque étage, en tout cas.
04:54En tout cas, au moins, en attendant, on a une solution qui est proposée
04:58et qui, moi, dans la pratique, m'aide beaucoup, comme toutes les femmes que je connais ici.
05:02On considère dans la société allemande que c'est efficace, puisque ça existe depuis longtemps dans de nombreuses villes,
05:08nous dites vous, Bénédicte, vous qui êtes auditrice des auditeurs en la parole.
05:13Le sentiment des Allemands, c'est que c'est bien, c'est efficace et ça marche ?
05:17Alors, en ce qui concerne les femmes, ça les rassure, ça marche.
05:21Heureusement, je n'ai pas été victime d'agression, quoi que ce soit.
05:26En tout cas, c'est une petite pierre à l'édifice.
05:29On prend en considération cette spécialité, ou ces spécificités,
05:32que les femmes sont moins, peut-être, aptes à se défendre contre une telle agression.
05:38C'est proche de l'entrée, et du coup, ça permet au moins d'essayer de faire quelque chose.
05:43Violaine de Philippis, je rappelle que vous êtes cofondatrice du collectif Action Juridique Féministe.
05:48Votre reproche, c'est que vous voyez dans cette solution avancée un moyen de contourner le problème,
05:53sans prendre le mal à la racine. C'est un peu ça, le reproche que vous faites aux maires de Metz qui proposent cette solution ?
05:58Oui, tout à fait, parce que le budget, c'est un choix aussi d'orientation politique.
06:02Quand on veut trouver des fonds, on les trouve, généralement.
06:05Je pense, encore une fois, que mettre des agents de police sur cet étage-là, à Metz,
06:10aurait été peut-être une meilleure solution.
06:12Pas dix agents, mais en tout cas, réfléchir à cette possibilité-là, la budgéter,
06:16qu'on puisse au moins avoir un chiffre de ça.
06:18Ici, on parle, mais en fait, on n'a même pas l'information, oui, de la mairie,
06:21sur combien ça aurait coûté de budgéter ces agents-là, plutôt que de stigmatiser.
06:25Et aussi, autre chose, il me semble que ça invisibilise aussi le fait que les viols,
06:30dans neuf cas sur dix, sont perpétrés par un proche.
06:33Donc, les un cas sur dix restants sont effectivement très graves et il faut lutter contre.
06:37Mais, bizarrement, je n'entends pas non plus le maire de Metz sur le reste.
06:41Cela dit, moi je comprends, on est dans une logique un peu inclusive aujourd'hui.
06:44Faire des séparations, avec des places pour les femmes, dans un coin pour les femmes,
06:50ça peut sembler, d'un point de vue philosophique, assez étrange.
06:53Oui, puis Kalima, je la renvoie aux enfants.
06:55J'en parlais avec ma fille, vous voyez, elle a six ans.
06:57J'essayais de lui expliquer avec des mots qu'elle peut comprendre à son âge.
07:00Et elle me regardait comme si je venais de lui expliquer quelque chose d'absolument intolérable.
07:05Elle me disait, mais pourquoi les filles, elles ne peuvent pas aller au même étage que les garçons ?
07:09Et s'il y a du danger, pourquoi il n'y a pas de policiers ?
07:11Pour elle, ce n'est pas concevable.
07:13Donc moi, je me demande, Kalima, je la renvoie aux enfants,
07:15quand ils vont suivre le cas échéant leur maman, pour aller dans un étage spécifique aux femmes.
07:21Merci beaucoup, Violenne de Philippis Abbatt, avocate, on le rappelle, cofondatrice du collectif Action Juridique.
07:27Merci à notre auditrice de Düsseldorf.
07:30On nous écoute en Allemagne, Bénédicte.
07:32Merci, bel après-midi à vous, Bénédicte, en Allemagne.
07:3512h20 sur RTL, dans un instant, une page culture, parce que c'est aussi ça l'actualité.
07:41On va vous parler d'une comédie française qui sort en salle aujourd'hui.
07:45Votre avis compte, venez l'exprimer sur RTL au 3210.
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