00:0022, la SNCF casse les prix, elle va mettre en vente ce matin 200 000 billets Wigo à moins de 20 euros.
00:06Et elle va faire une opération similaire dans les prochains jours pour les TGV.
00:09Qu'en pense-t-on du côté des clients de la compagnie ?
00:12Bonjour François Delétraze, vous êtes le président de la FNOT, la Fédération Nationale des Associations d'Usagers des Transports.
00:19Pour les Wigo, c'est une vente flash, très courte, ça va durer que deux jours, aujourd'hui et demain.
00:23Vous devez être content, c'est une bonne nouvelle ça pour les usagers ?
00:25C'est peu de choses.
00:27Comment ça c'est peu de choses ? 200 000 je ne me rends pas compte, c'est pas beaucoup ?
00:29C'est pas beaucoup. Wigo a transporté 110 millions de passagers depuis qu'il a été créé.
00:34Donc vous vous rendez bien compte que 200 000 billets ça représente 200 trains, il y a 1000 personnes par train.
00:39Et vous ne dites pas que c'est déjà ça ?
00:41Bah si c'est déjà ça, mais c'est un joli coup de com' pour montrer, essayer de montrer que Wigo est toujours un train pas cher.
00:48Ce qui n'est plus vraiment le cas.
00:49C'est-à-dire ?
00:50C'est-à-dire que le prix du Wigo est passé de 23 à 34 euros en moyenne en France entre 2018 et 2023.
00:58Donc ça veut dire que le prix moyen du Wigo a augmenté de 45%.
01:03En 5 ans ?
01:04En 5 ans, ce qui est énorme.
01:06Mais ils ont réussi, un coup de marketing incroyable, d'imprimer dans la tête des gens que Wigo était un train pas cher.
01:13Et donc des opérations de promotion comme ça c'est pour maintenir dans l'inconscient des gens que Wigo est un train pas cher.
01:22Alors que le gap entre le Wigo et le TGV normal se réduit de plus en plus.
01:27Et aujourd'hui, quelqu'un qui a une carte avantage n'a aucun intérêt à prendre un Wigo à service égal.
01:33Il a toujours intérêt à prendre un TGV puisqu'il a des conditions d'après-vente.
01:36Parce que pour le Wigo, en plus, si on veut une prise électrique, un bagage, il faut payer des suppléments.
01:40Et quand vous voulez changer de train, c'est plus compliqué.
01:42Alors que sur TGV, jusqu'à 7 jours avant le départ, vous pouvez annuler et changer votre train sans frais.
01:46Alors, autre nouveauté pour la rentrée à la SNCF, la compagnie a décidé de sévir contre les voyageurs qui ont trop de bagages.
01:52A partir du 15 septembre, ce sera deux grandes valises par personne et un bagage à main, pas plus.
01:58Sinon, ce sera une amende de 50 euros.
02:00Alors évidemment, il y a une tolérance pour les instruments de musique ou les poussettes.
02:03Est-ce que vous comprenez cette décision ?
02:05On est dans le... Comment vous dire ? On pénalise.
02:12Est-ce qu'il y avait autant de gens que ça qui avaient des tonnes de bagages ?
02:16Je ne suis pas sûr. Alors, il y a certains trains un peu compliqués vers la Hollande, vers l'Eurostar, vers Londres, le train pour Barcelone, etc.
02:28Où les gens ont énormément de bagages.
02:30Mais d'une manière générale, il n'y a pas tant de bagages que ça.
02:33Le problème que la SNCF a, c'est que les trains Alstom n'ont pas été prévus avec assez de local bagage.
02:41Donc, ce n'est pas qu'il y a trop de valises, mais qu'il n'y a pas assez de place pour les mettre.
02:44Et surtout dans les rames océanes, les nouvelles rames, il y a encore moins de place qu'avant.
02:48Donc, on se retrouve avec un problème où, si on veut que tout le monde ait une petite valise, il n'y a pas assez de place pour tout le monde.
02:54Si on fait de la place, ça veut dire des sièges en moins.
02:56Exactement. Mais bon, c'est de la recette en moins.
02:58Mais bon, est-ce qu'il est normal que les passagers voyagent avec des valises ?
03:02Oui, évidemment.
03:04C'est comme si vous arriviez à l'hôtel et qu'on vous dit qu'il faut payer pour avoir un lit.
03:08François Delétraze, le bilan du passerail a été dévoilé en début de semaine.
03:13Il a permis à un peu plus de 230.000 jeunes de voyager en illimité pour pas cher cet été.
03:17Un abonnement, c'était 49 euros par mois pour avoir accès à tous les trains régionaux, tous les TVR ou les intercités.
03:23Le gouvernement en espérait 700.000, donc 230.000 en réalité.
03:27C'est un raté ?
03:29Contrairement à ce que les gens pensent, nous on pense que c'est une réussite.
03:31Pourquoi ? Parce que le 700.000, on ne sait pas d'où ils l'ont sorti.
03:35Et si on fait un peu d'histoire, il y avait un produit qui était un peu similaire, qu'on avait surnommé l'Interrail TER.
03:42Qui existait avant le Covid.
03:44Et ce produit-là, on en vendait 80.000 exemplaires.
03:46Donc on est passé de 80.000 à 230.000.
03:48C'est un très joli succès.
03:50Et puis le deuxième succès, qui n'est pas le moindre, c'est que ça a obligé les régions françaises,
03:56qui chacune travaillent dans son coin, à se parler entre elles et à créer sous l'égide de la SNCF et du gouvernement
04:02un produit national, facile d'usage et pas cher.
04:06Parce que les TER, on le redit, c'est quand même les régions qui gèrent.
04:09Chaque région gère son TER.
04:11Et chacune a sa marque, chacune a ses réductions.
04:13Et quand vous voulez passer d'une région à l'autre, c'est très compliqué.
04:15Et il n'y a pas de produit national, puisque la plupart des régions refusent désormais les cartes avantages de la SNCF.
04:21Donc vous, vous aimeriez que ça existe toute l'année ?
04:23Exactement. Et que ça soit étendu à d'autres catégories.
04:25Et pourquoi ça coince alors ?
04:27Parce que les régions n'en veulent pas.
04:29Et pourquoi ?
04:31Les régions sont comme des adolescents.
04:33Elles ont découvert la liberté tarifaire que leur a donné le gouvernement il y a quelques années.
04:36Ils ne veulent pas entendre parler d'un parent, l'État en l'occurrence, qui leur dirait ce qu'ils ont à faire.
04:46Une dernière chose François Delétrase.
04:48La SNCF va bientôt changer de patron.
04:50Jean-Pierre Farando est en fin de mandat.
04:52Mais tout est suspendu à cause du blocage politique.
04:54C'est d'ailleurs pareil à la RATP et pour l'aéroport de Paris.
04:56Est-ce que cette attente est préjudiciable ?
04:58Elle est préjudiciable pour toutes les grandes entreprises.
05:00Parce que ça empêche les décisions stratégiques à long terme.
05:02Le temps du train est un temps long.
05:04Il y a des choses pour lesquelles vous ne pouvez pas attendre.
05:06Il faut décider pour les années à venir.
05:08Or là, depuis quelques mois, on gère les affaires courantes et on ne décide pas pour l'avenir.
05:10Et ça c'est un vrai problème.
05:12Et c'est quoi les priorités du prochain patron de la SNCF ?
05:14C'est d'obtenir de l'État qu'il remplisse son rôle.
05:16C'est-à-dire que l'État intervienne plus qu'il ne le doit dans le réseau.
05:18Vous savez qu'en France, sur un billet de TGV à 100 euros,
05:21il y a 40 euros qui vont pour le réseau.
05:23Il y a 10 euros de TVA plus le bénéfice du billet qui retourne à réseau.
05:25En Italie, vous avez 15 euros qui vont pour le réseau.
05:27Donc vous voyez le gap qu'il y a en France.
05:29On est le plus mauvais élève d'Europe.
05:31Et l'État fait supporter aux passagers la totalité du coût.
05:33C'est comme si vous payiez pour rouler sur une route de bourse.
05:35C'est-à-dire que vous avez un billet de TGV à 100 euros.
05:37Vous avez un billet de TGV à 100 euros.
05:39Vous avez un billet de TGV à 100 euros.
05:41Vous avez un billet de TGV à 100 euros.
05:43Vous avez un billet de TGV à 100 euros.
05:45Vous avez un billet de TGV à 100 euros.
05:47C'est comme si vous payiez pour rouler sur une route départementale.
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