00:00Le film est assez intimiste, ça a été une possibilité d'avoir quelqu'un qui vient constater un truc qui est très secret habituellement.
00:06A l'hosto, il y a soit des patients, soit des soignants, et c'est tout, quoi.
00:16Les études de médecine, c'est long, quoi.
00:18Est-ce que le fait d'être filmé pendant 12 ans, c'était long ? Non, je pense pas.
00:22Après, c'était plutôt un plaisir, la chance d'avoir quelqu'un de différent dans un parcours qui est souvent assez isolé.
00:31Ça a été, disons, une possibilité d'aborder les choses différemment,
00:33possibilité d'en parler à quelqu'un qui n'est pas dedans,
00:35et la possibilité aussi d'avoir quelqu'un qui vient constater un truc qui est très secret habituellement.
00:43Non, non, loin de moi l'idée de me comparer.
00:49Je pense que c'est un film qui est très intéressant,
00:51parce qu'il y a beaucoup de choses qui se passent dans le film,
00:53et je pense qu'il y a beaucoup de choses qui se passent dans le film,
00:55et je pense qu'il y a beaucoup de choses qui se passent dans le film,
00:58Le film est assez intimiste,
01:00il parle de choses très intimes de mon quotidien,
01:02de l'expérience de vie qu'on a eu avec Antoine,
01:04de notre père, de trucs comme ça.
01:06Ça aurait pu être des trucs qui mettaient vraiment en difficulté,
01:08ou en porte-à-faux émotionnellement,
01:10mais ce n'est pas le cas.
01:11La démarche d'Antoine, la manière dont il réalise,
01:13et dont il respecte vraiment le sujet,
01:15le personnage principal auquel il s'intéresse,
01:17a toujours fait que moi je me suis senti très protégé vis-à-vis de ça.
01:23Je ne sais pas, c'est les gens qui le diront.
01:25J'ai l'impression que pour le moment, ça touche plutôt les gens
01:27qui sont dans un parcours de médecine,
01:29et que ça marche plutôt bien.
01:30Il y a aussi des bons retours de la part des médecins.
01:32Je pense aussi que ça aurait marché quoi que je fasse.
01:34C'est plus que sur la médecine,
01:36c'est quand même sur le développement d'une personne
01:38autour du travail d'entre 20 et 30 ans.
01:40Au moment où vraiment on se construit autour du taf.
01:45Je ne sais pas si mes idées ont changé.
01:47Elles se sont plus construites ou affinées.
01:49Moi depuis le début j'avais envie de faire de la clinique,
01:51depuis le début j'avais envie d'être médecin généraliste.
01:53J'ai plutôt toujours été dans cette démarche-là
01:55d'un taf plutôt d'écoute, plutôt qu'un taf de technicien.
01:58Petit à petit, dans le travail et dans les années,
02:00je pense que je suis arrivé à un endroit
02:02où je n'imaginais pas que j'arriverais.
02:04On est tous dans un parcours comme ça en médecine.
02:09Ça m'a fait le même effet que sur une photo.
02:11Je regarde une photo avec plusieurs personnes,
02:12on se cherche du regard.
02:13Sauf que là, c'est à peu près le même truc,
02:14mais pendant deux heures.
02:19En première année, je me trouve assez présomptueux
02:20dans ce que je dis, sur ce que je pense être la médecine
02:22à ce moment-là.
02:26Je trouve le métier de médecin génial, oui.
02:28Je trouve que c'est un métier vraiment fascinant.
02:29Et ce que je trouve merveilleux dans ce taf,
02:31plutôt que le savoir ou les diagnostics ou la pratique,
02:34c'est plutôt la relation que ça entraîne avec les gens
02:36et ce qu'on peut développer avec ça.
02:41Je travaille au Château en Santé,
02:42qui est un centre de santé communautaire.
02:44C'est une association de santé.
02:45Il y a cinq médecins, deux médiateurs,
02:47deux orthophonistes, deux gestionnaires,
02:49une infirmière, un infirmier.
02:50Ça veut dire conjugale et familiale, une éduque,
02:52deux travailleuses sociales.
02:53Ce qui fait qu'on est beaucoup
02:54et ce qui permet d'avoir des points de vue très différents
02:56sur la santé des gens
02:57et les problèmes que les gens expérimentent.
02:59C'est une pratique d'une médecine plus globale
03:01que ce qu'on conçoit habituellement.
03:02C'est-à-dire avec vraiment un effort fait
03:05pour s'intéresser à tout ce qui sont les déterminants
03:07de la santé de quelqu'un.
03:08Le logement, le travail, la thune, la famille,
03:11le parcours de vie.
03:16J'ai assez rapidement pensé qu'il y avait quand même
03:18des endroits dans lesquels on avait plus besoin que d'autres.
03:20C'est plus utile d'être médecin.
03:21Certaines communautés pour lesquelles c'est plus utile,
03:23certaines populations pour lesquelles c'est plus utile.
03:25La précarité, quand même, c'est quelque chose
03:27qui à un moment donné m'avait marqué.
03:28Puis en arrivant au Château,
03:29quand j'ai commencé à bosser là-bas,
03:30je me suis aperçu que la santé communautaire,
03:32c'était bien au-delà de la question de la précarité
03:34ou quoi que ce soit.
03:35C'est une manière de concevoir la santé
03:37qui touche tout le monde.
03:42La pratique collective du travail,
03:43sur l'autogestion, l'horizontalité,
03:45le fait qu'il n'y ait pas de patron.
03:48Ben non.
03:49Non, parce que je n'ai pas de maladie.
03:51Je serais malade, je n'en aurais rien de quoi.
03:56Ben oui, c'est assez classique.
04:02J'avoue, j'ai trouvé ça assez enthousiasmant
04:03en termes de pratique, le Covid.
04:05C'était une espèce de remise à zéro
04:07tout ce qu'on faisait auparavant.
04:08D'autres normes, d'autres codes, d'autres manières
04:10de voir les gens en consultation ou de ne pas les voir.
04:13C'était un peu une rediscussion,
04:14une recollectivisation,
04:15de comment suivre les gens
04:16et comment faire de la médecine
04:17que j'ai trouvé assez fun.
04:22Ah ben, à Marseille maintenant.
04:26Je suis vraiment quelqu'un de très peu guerrier.
04:28Je pense que je n'en ai absolument pas.
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