00:00Pierre Kufferman, bonjour.
00:02Alors, Gabriel Attal vient, on l'a vu, d'envoyer au ministre démissionnaire ce qu'on appelle dans le jargon les lettres plafond,
00:08en clair le montant que l'État prévoit d'allouer à leur ministère pour l'année prochaine,
00:13une étape estivale évidemment indispensable pour préparer le vote du budget.
00:17Oui, et c'est aussi l'occasion pour le Premier ministre sortant de marquer sa différence avec Bruno Le Maire,
00:21le ministre de l'Économie démissionnaire, avait travaillé sur un projet de baisse du budget, 5 milliards d'euros de moins.
00:27Gabriel Attal a décidé de maintenir le niveau global des dépenses de l'État à 492 milliards d'euros.
00:34Et quelles sont les conséquences de la décision ?
00:36Alors, première conséquence, c'est que ce gel des dépenses implique en réalité faire des économies.
00:40Pourquoi ? Parce que quand vous avez 2% d'inflation, vous avez des dépenses qui augmentent de façon mécanique,
00:45et donc il faut en réduire d'autres. Grosso modo, il faut trouver 10 milliards d'euros d'économies.
00:51Et puis il y a une autre conséquence, c'est que geler les dépenses l'année prochaine,
00:55ça va automatiquement remettre en cause l'engagement du gouvernement sortant
01:00de faire passer le déficit de 5,1% du PIB cette année à 4,1% l'année prochaine.
01:07Les lettres plafond sont envoyées à chaque ministre. Est-ce qu'on sait s'il aurait demandé à tous de faire des efforts ?
01:12Oui, on le sait. Et non, l'effort demandé n'est pas le même pour tous
01:17parce que tous les ministères ne sont pas invités à trouver des sources d'économies.
01:21Il serait épargné notamment la défense, les sports, la culture.
01:26En revanche, le ministère du Travail devrait se serrer la ceinture avec 600 millions d'euros de moins que cette année.
01:32Alors, des économies à faire sur les aides versées aux entreprises qui embauchent les apprentis
01:37et sur le budget de France Travail auquel contribue assez lourdement l'État.
01:42Vous dites que certains ministères seraient épargnés parce que cet arbitrage de Gabriel Attal n'engage pas son successeur ?
01:49J'utilise le conditionnel parce qu'à Matignon, on insiste bien sur le fait que ce cadrage budgétaire
01:54qui intervient chaque année au cours de l'été est vraiment réversible
01:58et que donc le futur Premier ministre pourra faire ses propres choix sur la base de ce travail préparatoire
02:04qui lui en revanche était vraiment indispensable pour simplement tenir le calendrier du vote du budget par le Parlement.
02:10Merci beaucoup Pierre.
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