00:00RTL midi avec Vincent Parizeau.
00:03Ce n'est même pas exceptionnel, c'est grandiose, c'est du Johnny Hallyday,
00:07c'est du Johnny Hallyday au Parc des Princes, au Stade de France.
00:10Voilà, vous avez reconnu sans doute l'entraîneur Philippe Lucas Marchand,
00:15c'est du Johnny Hallyday au Stade de France.
00:18C'est vrai qu'il a épaté la France entière et le plus fort, on en parlait,
00:22c'est qu'il a déjà renagé un peu plus de 12 heures après ce double titre olympique.
00:26Il était de nouveau dans l'eau un peu avant midi
00:28et il s'est qualifié dans les séries du 200 mètres catenage,
00:31on en parlait avec Isabelle Lange.
00:33Incroyable Léon Marchand, il l'a montré hier et il continue de montrer,
00:37de prouver qu'il a quelque chose en plus.
00:39Alors on va essayer de comprendre ce que c'est,
00:41où ça se trouve ce petit plus, dans son corps ou dans sa tête.
00:44Bonjour Amandine Aftalion.
00:46Bonjour.
00:47Vous êtes chercheuse au CNRS, auteure de Pourquoi on est penché dans les virages,
00:51aux éditions CNRS.
00:53Alors là on se demande pourquoi il est si fort.
00:56Je vous pose la question, est-ce qu'il est plus fort,
00:59plus technique, plus doué, plus motivé ?
01:02C'est le physique ou le mental qui fait la différence ?
01:05Je crois qu'il y a tout.
01:07Il a le mental de champion, la technique de nage parfaite,
01:10en particulier dans la coulée,
01:12et des capacités énergétiques visiblement au top.
01:15Il a tout du grand champion
01:17et c'est ça qui lui permet de finir premier dans autant de compétitions.
01:22Vous parlez du mental,
01:24comment vous l'expliquez ?
01:26Est-ce que vous l'avez d'une certaine manière mesuré,
01:30à travers par exemple sa capacité de concentration ?
01:34Il y a aujourd'hui une possibilité de mettre le mental en équation.
01:40Ce sont des choses qui ont été développées à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière.
01:44Ce sont des modèles un peu économiques
01:47entre le coût et le bénéfice d'une action.
01:52La motivation, c'est ce qu'on s'est expliqué,
01:57ça permet d'aller plus loin dans l'effort.
02:00Un nageur, ce n'est pas un robot sur lequel on met un bouton on-off,
02:05c'est quelqu'un qui a un cerveau.
02:08Le cerveau va transmettre une information au muscle.
02:11Cette information est plus ou moins rapide selon les gens et selon les sports.
02:15Mais surtout, la motivation va agir sur la pénibilité ressentie de l'effort.
02:21Plus on est motivé, plus on a décidé qu'on allait y arriver,
02:26plus on a le public avec soi qui encourage.
02:29Je crois qu'hier à la piscine de la Défense Arena, c'était exceptionnel.
02:34Plus on va supporter la douleur,
02:37et on va être capable de produire un effort
02:40qui est plus important que ce qu'on peut faire habituellement.
02:43Et notamment en fin d'épreuve.
02:46Sur le plan de la nage, Amandine Aftalion,
02:49on a tous été soufflé hier soir dans le 200 mètres papillon,
02:53de voir comment au 150 mètres, alors qu'il avait une longueur et demie de retard,
02:58et qu'on pensait que ça risquait de ne pas le faire,
03:01il est revenu sur le Hongrois Christophe Milak,
03:04grâce à sa coulée.
03:06En sortant de l'eau, il avait quasiment refait une grande partie de son retard.
03:10Tout à fait.
03:11Donc la coulée, c'est la partie de 15 mètres maximum
03:15qu'ils ont le droit de faire sous l'eau.
03:17En fait, la nage sous l'eau est plus rapide que la nage à la surface.
03:21Si on autorisait les nageurs à faire 50 mètres sous l'eau,
03:24ils iraient plus vite qu'à la surface.
03:27Mais évidemment, la Fédération Internationale de Natation
03:30a limité la distance autorisée, qui est donc à 15 mètres.
03:33Et Léon Marchand est capable d'utiliser ces 15 mètres de manière optimale.
03:38Donc la nage sous l'eau, ce n'est pas la même que la nage hors de l'eau.
03:42C'est une nage d'ondulation.
03:44Et l'ondulation, elle se fait à partir de la tête du corps.
03:48Le corps se replie, ondule comme un dauphin.
03:51On appelle ça aussi l'ondulation du dauphin.
03:53On entendait tout à l'heure un jeune admirateur qui avait vu la course
03:58et qui disait « il me fait penser à un dauphin ».
04:01C'est tout à fait ça.
04:02Oui, parce qu'il y a beaucoup de nageurs qui font l'ondulation seulement à partir de la hanche.
04:06Donc ils ondulent des jambes.
04:09Léon Marchand, lui, ondule à partir de la tête.
04:12Et ça se voit très bien sur la nage sous l'eau.
04:14Il a tout son corps qui est d'une souplesse extraordinaire.
04:18Et donc ça lui permet, quand ses jambes ondulent et s'arrondissent,
04:23d'utiliser la vague qu'il produit, parce que tout nageur produit une vague derrière lui,
04:28de l'utiliser pour se la renvoyer sur lui-même et donc se propulser un peu plus.
04:33C'est comme un moteur turbo en fait.
04:35Voilà, c'est la forme de son corps et sa souplesse qui permet de réutiliser sa vague
04:40pour se propulser un peu plus et qui fait qu'il sort de la coulée devant les autres.
04:44Et ça, ce sont des qualités naturelles ou qu'il faut travailler ?
04:47Je pense que Léon Marchand a dû travailler la coulée très jeune.
04:53Et donc, si vous voulez, il a une facilité naturelle,
04:57mais le fait de l'avoir travaillé très jeune, il a dû garder et acquérir cette souplesse.
05:02Et cette capacité à le faire.
05:04Vous savez, quand on décrit scientifiquement le sport,
05:07il y a beaucoup de choses qu'on comprend une fois que des sportifs l'ont produit.
05:12Et c'est vraiment le cas de Léon Marchand.
05:14Personne n'aurait pu dire, voilà, la forme de la coulée idéale, c'est ça.
05:17Quand on voit Léon Marchand, on comprend comment il fait et on comprend qu'il fait au mieux.
05:23C'était limpide et on va regarder les courses de Léon Marchand avec un autre œil, le vôtre.
05:28Merci beaucoup, Amandine Aftalion, chercheuse au CNRS.
05:32Votre livre « Pourquoi est-on penchée dans les virages ? » aux éditions du CNRS.
05:37Une courte pause. Ensuite, on va nettoyer la piste avec un reporter d'RTL à Manicourt.
05:44Et puis, on vous parle du syndrome du paradis.
05:46Si vous pensez déjà à vos vacances, ça sera peut-être en fin de semaine.
05:50Attention, attention, la maladie vous guette.
05:52A tout de suite.
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