00:00Que ce soit sur la bordée course, on ne gère pas tout à fait notre stress et notre montée en pression de la même façon.
00:13Je m'appelle Héloïse Courvoisier, j'ai 26 ans. Je suis malvoyante de naissance suite à un rétinoblastome.
00:19C'est un cancer de la rétine qui m'a laissée avec une acuité de 1 dixième à droite et la perception lumineuse à gauche.
00:27Je m'appelle Anne-Henriette, je suis professeure de PS et je fais du triathlon depuis de nombreuses années.
00:34Je suis la guide d'Héloïse depuis 2020.
00:38C'est mon compagnon Thibaut Rigodeau qui a commencé le triathlon en 2018.
00:45Il préparait les Jeux Paralympiques de Tokyo. Un jour, je l'ai suivie pour s'entraîner chez son guide.
00:54J'ai fait la connaissance de Anne qui est la compagne de son guide.
00:59A l'époque, je faisais de l'aviron. Je n'étais ni nageuse, ni rouleuse, ni particulièrement coureuse.
01:05Il m'a offert un tandem cet été-là pour mon anniversaire avec un petit défi de participer au championnat de France de paratriathlon en septembre 2020.
01:16Pour ça, il me fallait un tandem. La case était cochée et il me fallait une guide.
01:23C'était assez vite trouvé de se mettre en binôme avec Anne.
01:29C'est comme ça qu'on a commencé en 2021.
01:33On a retenté l'expérience des championnats de France et puis on s'est dit qu'on pouvait peut-être essayer de s'entraîner un petit peu.
01:39C'est là qu'on a commencé à avoir un petit peu plus d'ambition.
01:43Le fait d'avoir nos compagnons respectifs qui soient eux-mêmes dans la discipline,
01:49ça nous a permis vraiment de ne pas griller des étapes, d'éviter des erreurs et d'avoir déjà un petit peu le projet clé en main.
02:00Même si ça ne suffit pas, il faut quand même de l'investissement derrière.
02:04Je pense qu'il faut beaucoup de confiance.
02:07Pour tout ce qui est guidage, il faut de la confiance aussi dans le fait qu'on s'investisse toutes les deux de la même façon.
02:16Parce que mine de rien, c'est deux voire trois entraînements par jour depuis plusieurs années maintenant.
02:25Et puis il y a aussi le côté sympathique qui fait que c'est important.
02:29Depuis le mois de novembre, le nombre de journées passées ensemble, je pense qu'on est à 50% du temps ensemble.
02:41Donc clairement, c'est important aussi dans notre relation.
02:45On a des tempéraments qui sont plutôt complémentaires.
02:48Merci, je cherchais le mot.
02:50Du coup, c'est pour ça que je pense que ça fonctionne.
02:52Oui, ça fonctionne bien.
02:53Après, effectivement, au quotidien, ça fonctionne bien.
02:57Mais il y a aussi des choses qu'on a appris l'une de l'autre.
03:00Que ce soit sur la bord des courses, on ne gère pas tout à fait notre stress et notre montée en pression de la même façon.
03:09Des besoins différents.
03:10Et donc, on a appris à gérer pour manager au mieux et que la bord de la course se fasse du mieux possible pour toutes les deux.
03:22L'image marquante d'Anne, c'est notre premier podium en World Series.
03:30C'est le plus haut niveau de manches de coupe du monde.
03:33Cet été à Montréal, on fait troisième sur une course de grosse envergure.
03:42C'est jusque là le meilleur souvenir d'Anne.
03:44Clairement, on était toutes les deux en forme.
03:47Pour moi, ce n'est pas du tout le même niveau, mais c'est notre titre de championne de France cette année.
03:57Quand on regarde, c'était notre troisième championnat de France.
04:04Ça fait quand même une belle évolution depuis le début.
04:08Les Jeux de Paris, c'est assez fou parce que je n'ai pas grandi avec un rêve de jeu.
04:17Clairement, je n'étais pas une enfant très sportive.
04:21Et donc, en fait, c'est vraiment venu très tard et il n'y a vraiment pas très longtemps.
04:28Les Jeux de Paris, ce n'était pas du tout un objectif en soi.
04:34On n'y pensait vraiment pas, ni lui, ni l'autre.
04:39C'est un projet collectif parce qu'on est à deux.
04:43Mais c'est un projet collectif au sens beaucoup plus large.
04:46Étant donné que Cyril guide Thibault et que Cyril est mon conjoint, on a aussi une vie de famille.
04:52Et c'est vrai qu'on est beaucoup à droite à gauche pour se mettre dans les meilleures dispositions,
04:57pour essayer de réussir cette saison qui est quand même primordiale.
05:01Et du coup, les grands-parents sont mis à contribution toute l'année.
05:06Et le fait que les Jeux soient à Paris fait que nous, on va avoir la famille qui va se déplacer.
05:12Et ça va être aussi un peu un aboutissement pour eux parce qu'ils vont encore plus se rendre compte
05:19de l'importance qu'ils ont eue dans notre qualification, dans ce processus-là.
05:24Là, je pense qu'il y a vraiment une grosse dynamique qui se passe autour des Jeux paralympiques.
05:30Donc moi, je n'ai pas de doute sur le fait que ce soit de grands Jeux avec une belle médiatisation.
05:37Oui, un bel accent qui soit mis là-dessus.
05:40Et puis, je pense que le fait qu'il y ait beaucoup d'épreuves qui soient accessibles au plus grand nombre,
05:48ça permet encore plus de donner de la visibilité.
05:53Et donc, c'est une chance de changer un petit peu parfois le regard des gens sur le handicap.
05:59Et sur le parasport et le mouvement paralympique.
Commentaires