00:00Les français ont conscience, quelle que soit leur appartenance idéologique, politique,
00:05que nous vivons un moment absolument historique.
00:08On a dit mille et une choses sur la constitution de la Vème République.
00:11On peut lui faire mille et un reproches.
00:14Mais même les personnes les plus critiques de cette constitution
00:16étaient à peu près d'accord pour dire que c'est une constitution
00:19qui a le mérite de la stabilité.
00:21Et force est de constater qu'elle a été globalement stable,
00:23et qu'il y a déjà eu des crises politiques par le passé,
00:26et qu'il n'y a jamais vraiment eu une sorte de crise de régime
00:29ou une situation face à laquelle, quand on brandit la constitution,
00:32on ne sait pas, si vous voulez, ce qu'il faut faire et ce qui va se passer.
00:36Et c'est ce qui est en train, possiblement, d'arriver,
00:39quel que soit le scénario, quels que soient les scores exacts,
00:43que de se retrouver dans une situation, même tout simplement,
00:46où on ne sait pas le calendrier des échéances qui vont suivre
00:49ces élections législatives, le calendrier politique, gouvernemental, etc.
00:52Or, ce qui est étonnant, c'est que des régimes politiques
00:55qui se retrouvent en crise, en crise presque constitutionnelle,
00:58parce qu'il y a, en dehors, une crise grave, une guerre,
01:02la guerre d'Algérie, parce qu'il y a une émeute très importante,
01:06ça existe, c'est toujours des moments douloureux et de recomposition,
01:10mais là, il n'y avait pas d'événement.
01:12Donc, on se retrouve face à une recomposition politique
01:15qui sera peut-être d'ailleurs beaucoup plus importante
01:18quant à ses effets que celle d'il y a 10 ans, en 2017,
01:21mais sans que rien ne les provoque en dehors d'une cause
01:27qui soit purement politique.
01:29Et alors, peut-être, deuxième chose à dire,
01:31c'est que certes, beaucoup disent qu'on revient à une sorte d'époque,
01:34troisième ou quatrième république, une logique des partis.
01:37Ce qui est intéressant quand même de remarquer,
01:39c'est que là, on ne va pas les nommer,
01:41mais dans les partis qui sont importants, quels qu'ils soient,
01:43justement, ce ne sont pas des partis, ce sont plutôt des mouvements,
01:46pour la plupart, avec une exception, mais sinon, nous vivons,
01:49au contraire, une ère du mouvement.
01:52On ne va pas les citer, mais donc, il s'appelle mouvement.
01:55Pourquoi c'est différent ? Parce que le parti, c'est une culture de parti.
01:59Un grand parti, c'est un parti où il peut y avoir des gens
02:02qui ne partagent absolument rien, qui sont en désaccord sur tout,
02:05sinon sur le fait qu'ils appartiennent à un parti.
02:07Et donc, il y a une stabilité. Un parti peut vivre 50, 60 ans,
02:10même gouverner, être usé par le pouvoir et pourtant renaître,
02:14parce qu'il n'y a pas, si vous voulez, une sorte de cohérence fixe.
02:17Un mouvement, paradoxalement, ce dynamisme qu'il doit avoir,
02:20c'est un dynamisme de l'union totale avec tout ce que ça a aussi d'éphémère.
02:25Et donc, il me semble qu'on va vers une situation, probablement,
02:29qui n'est pas tout à fait un retour à la quatrième,
02:31mais qui est davantage, en fait, une sorte d'entrée dans une époque
02:35qui va ressembler beaucoup plus aux séries politiques, aux séries télé politiques.
02:39Ça veut dire quelque chose qui change chaque saison, chaque épisode
02:42avec des retournements permanents.
02:43Et je pense qu'on peut, sans jouer aux prophètes et aux devins,
02:46dire que, quel que soit le scénario, nous allons vivre une année entière
02:50d'instabilité et de revirement politique constant.
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