00:00Chaque matin sur France Bleu Héros, sur les réseaux sociaux, vous avez une question à laquelle vous répondez bien gentiment, c'est cool, merci beaucoup.
00:07Alors selon vous, en cas de victoire de la gauche législative, Jean-Luc Mélenchon doit-il être Premier Ministre ?
00:11On a vu qu'il n'y avait pas photo au niveau des résultats, Guillaume, hein ?
00:14Absolument pas bougé, c'est-à-dire que vous êtes 306 à avoir voté au moment où l'on parle et vous êtes seulement 12 sur plus de 300 personnes à répondre oui, Jean-Luc Mélenchon.
00:24En cas de victoire de la gauche, il doit être Premier Ministre, et donc 294 à répondre non, ça fait du 96% contre 4.
00:31On n'a pas un parti adverse qui s'est un peu mobilisé, là, non ?
00:35Bah, manifestement, je ne pourrais pas vous dire, je ne sais pas.
00:40Vous allez pouvoir prendre la parole, en tout cas, vous, au 04-67-58-6000, là, dans un instant, appelez-nous tout de suite même, d'ailleurs.
00:45C'est Elsa qui vous accueille au Standard de France Bleu Héros.
00:47Guillaume Rouland, nous recevons Jean-Pierre Grand, sénateur horizon de l'héros ex-LR, ce matin.
00:52Bonjour Jean-Pierre Grand.
00:53Bonjour.
00:53Ça vous surprend, d'ailleurs, le résultat de ce petit sondage, 96 ou 97% de gens qui ne veulent pas de Jean-Luc Mélenchon ?
01:00Personne ne veut de Mélenchon, mais Mélenchon, c'est bon.
01:03J'imagine pas vous, ça, c'est inévitable.
01:05Non, mais le problème de Mélenchon, c'est qu'il a imposé son programme aux candidats du Front Populaire.
01:10Donc, qu'il ne soit pas Premier Ministre, d'accord, mais on ne peut pas à la fois, d'un côté, dire je ne veux pas qu'il soit Premier Ministre,
01:16et de l'autre côté, voter pour les candidats du Front Populaire qui portent son programme.
01:21Au début, il disait qu'il était candidat à rien, enfin que si on venait le chercher, bien volontiers.
01:24Là, il y a un changement de ton de la part de Jean-Luc Mélenchon.
01:26Oui, parce qu'il veut remobiliser l'électorat.
01:28Comment vous l'interprétez-vous ?
01:29Il mobilise, c'est top.
01:31Oui, mais est-ce qu'il ne risque pas de scier la branche sur laquelle les élus et les candidats du nouveau Front Populaire sont assis ?
01:38Parce qu'il est très clivant, Jean-Luc Mélenchon.
01:40Non, mais le problème de Mélenchon, ce n'est pas Mélenchon.
01:41Enfin, c'est Mélenchon parce que sa personnalité est clivante, mais c'est son programme.
01:45Il a imposé le programme aux candidats du Front Populaire.
01:48D'accord, mais ce n'est pas la question que je vous posais.
01:49Oui, mais c'est le plus important.
01:51Pourquoi ce changement de ton en cours de campagne, selon vous ?
01:55Il nous a habitués à ça, je veux dire, la fureur, le bruit.
01:59Mélenchon, il passe sa vie entre la Bastille et à manifester, à vociférer sur les chaînes de radio et de télévision.
02:10Bon, écoutez, c'est Mélenchon.
02:12On va le mettre de côté, en tout cas, pour le moment.
02:14Je voudrais qu'on parle un petit peu.
02:16Alors, aujourd'hui, vous êtes sénateur au Rizhon, le parti d'Édouard Philippe,
02:20qui fait partie de la majorité présidentielle que vous avez rejoint avant les législatives de 2022.
02:27Oui, il y a trois ans.
02:28Il y a trois ans.
02:29Quand ça s'est créé.
02:30Le jour de la création, je...
02:32Vous avez quitté Les Républicains, vous avez quitté.
02:34Oui, parce que c'était, d'ailleurs, j'ai bien fait.
02:36Mais vous dites, ben oui, ce n'est pas évident pour tout le monde.
02:38Je n'ai fait qu'anticiper ce qui s'est passé.
02:41Alors voilà, c'est là où je voulais en venir.
02:43Est-ce que vous sentiez déjà, à l'époque, qu'il allait se passer ce qui se passe aujourd'hui,
02:48c'est-à-dire une famille de la droite classique qui est complètement éclatée,
02:54et on peut le dire, complètement en morceaux ?
02:55Vous aviez pressenti ça, il y a trois ans ?
02:57Oui, bien sûr, bien sûr.
02:58Les discours, moi, je les écoute.
02:59Et puis, j'écoute ce qui est dit et surtout ce qui n'est pas dit.
03:02Donc oui, c'était tout à fait prévisible.
03:05Et pourquoi ?
03:06Parce que quand vous vous droitisez, que vous parlez...
03:08Vous tenez un discours qui est plus à droite que celui du Rassemblement national.
03:12Vous apportez de l'eau au moulin du Rassemblement national.
03:16Mais il y a trois ans, ce n'était pas le cas, Eric Ciotti.
03:18Ce n'était pas encore aux commandes, que je sache.
03:20Parce que vous ne l'écoutiez pas avec la même oreille qu'aujourd'hui.
03:22Moi, je l'écoutais avec la même oreille qu'aujourd'hui.
03:25Donc ce qui arrive à la droite aujourd'hui est logique ?
03:28Oui, bien sûr.
03:29Mais vous savez, ils sont quand même minoritaires, heureusement, à avoir rejoint l'extrême droite.
03:36Et donc, pour Ciotti, comme pour les candidats du Parti socialiste,
03:42Ciotti qui soutient la mouvance du RN,
03:48comme les candidats socialistes, je vois par exemple la troisième circonscription,
03:53Mme Dombrecoste, c'est devenu le candidat de la France insoumise.
03:56Si vous le permettez, je voudrais qu'on revienne à la droite.
04:01Est-ce qu'elle va s'en relever, selon vous ?
04:03Alors, moi, je le crois pour une raison très simple.
04:06C'est que la majorité silencieuse dans ce pays existe.
04:09Je le vois, moi, au Sénat.
04:11Je parle bien de la droite, pas de la majorité présidentielle.
04:14C'est encore autre chose, on en parlera après.
04:16C'est exactement ce que je vous dis.
04:18Moi, j'observe quand même que mes amis parlementaires,
04:21qu'ils soient à LR ou ailleurs, ne sont pas allés vers le FN.
04:27Pas du tout.
04:28Ils restent parfaitement dans leur esprit.
04:31Cette famille est éclatée aujourd'hui.
04:33Ceux qui ne veulent pas, ceux qui vont peut-être rejoindre la majorité présidentielle,
04:37ceux qui vont peut-être voter nouveau.
04:39– Vous êtes en train de m'expliquer, et vous avez raison.
04:42– Non, je n'explique rien.
04:43– Vous avez raison.
04:44Vous êtes en train de m'expliquer qu'aujourd'hui, il faut reconstituer,
04:49et ça, ça avait été fait avant, reconstituer un groupe central.
04:53Un grand parti central, où chacun trouve sa place.
04:56Les centristes trouvent leur place.
04:57– Pas central ou de droite, alors ?
04:58Parce que ma question, c'est par rapport à la droite.
05:00– Est-ce que la droite existe toujours aujourd'hui ?
05:02– Oui, la droite existe toujours, bien sûr.
05:04Mais la France est à droite.
05:07Sauf qu'il ne faut pas qu'elle soit à l'extrême droite.
05:09Donc, qu'est-ce qui va se passer ?
05:11Il va se passer naturellement que dans les prochains mois,
05:13les prochaines semaines, on verra,
05:15le groupe central, un grand groupe central va se recomposer.
05:19Et là, chacun aura sa particularité, aura sa place.
05:22– Il va se recomposer quand ?
05:23Après les législatives ou entre les deux tours ?
05:26– Avant dimanche, ce n'est pas possible.
05:28– Je ne vous ai pas demandé avant dimanche,
05:30mais parce qu'on s'en vient aujourd'hui.
05:32Il y a trois blocs, les sondages ne bougent pas,
05:36c'est toujours les mêmes.
05:37Le RN est donné toujours pour l'instant en tête,
05:40juste allonné derrière par le nouveau Front populaire
05:43et à 10 points derrière la majorité présidentielle
05:45à laquelle vous appartenez.
05:47Ça va être très vraisemblablement le résultat du premier tour
05:50de dimanche prochain.
05:51Après, qu'est-ce qui va se passer entre les deux ?
05:53Il y a un des deux premiers blocs qui va être en position de gouverner,
05:56sauf que la majorité présidentielle,
05:58est-ce qu'elle n'a pas déjà perdu sa déluxe ?
06:00– Vous me parlez de l'hémicycle de l'Assemblée nationale.
06:02Ce qui va se passer dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale,
06:04aujourd'hui, je suis bien incapable de vous dire
06:06est-ce que l'extrême droite aura la majorité absolue
06:09ou est-ce qu'elle aura une majorité relative ?
06:11– Évidemment.
06:12– Ça, je ne sais pas.
06:13– Si elle a une majorité relative, elle a dit qu'elle ne gouvernera pas.
06:16– Oui, chaque jour, ils enlèvent un sujet de leur programme
06:21et maintenant, ils expliquent qu'ils ne vont pas aller gouverner.
06:25– Là, vous vous appelez à une refondation du centre
06:29qui va chercher un peu à droite et qui va chercher un peu à gauche.
06:32Le centre, par définition, ça va chercher les deux côtés.
06:35– Le centre, c'est le bloc central qui est entre les extrêmes.
06:40Et le bloc central entre les extrêmes, c'est une majorité, en fait.
06:43– D'accord, donc ça veut dire quoi ?
06:44Ça veut dire que si le pays est ingouvernable au lendemain du deuxième tour,
06:47parce que c'est un risque que tout le monde mesure aujourd'hui,
06:50il faut repartir de la majorité et aller chercher à droite et à gauche ?
06:53C'est ça que vous êtes en train de dire ?
06:54– Vous savez, l'histoire a montré, effectivement,
06:58que l'extrême droite pouvait gagner et conduire au pire.
07:03Mais dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale,
07:06on peut aussi imaginer qu'il y aura des réactions,
07:08qu'il y aura des gens qui ne vont pas tout accepter.
07:11Regardez, par exemple, ce matin, j'ai écouté M. Chassaigne du Parti communiste.
07:16Bon, il est communiste, il est très à gauche, mais il est raisonnable.
07:20On entend M. Guzman, il est socialiste, mais il est raisonnable.
07:25Et d'ailleurs, il est tellement raisonnable qu'on l'a mis de côté.
07:28– Donc vous faites un appel du pied en direction de ces gens-là ?
07:30– Bien sûr, regardez ici.
07:31Est-ce que moi, je n'ai pas travaillé avec Georges Frech pendant des années
07:34et on a laissé les gens d'extrême gauche et d'extrême droite de côté ?
07:37Aujourd'hui, le Parti socialiste…
07:39– Mais pourquoi vous n'avez pas réussi à le faire avant cette dissolution ?
07:42– Parce que la dissolution, d'abord, elle n'était pas prévue.
07:45Deuxièmement, aujourd'hui, il faut absolument, absolument
07:49que les gens de bon sens, ceux qui aiment la France
07:51et qui ne veulent pas qu'on parte dans une aventure terrible,
07:54aux effets terribles, pour les Français.
07:56Eh bien, il faudra qu'ils se rassemblent. Ils le feront, ils le feront.
07:59Mais d'abord, il faut qu'ils se rassemblent dimanche prochain.
08:02Voilà.
08:03– 04 67 58 6000, on va écouter Thierry Quétat-Bézier.
08:06Mais si vous voulez prendre la parole, c'est maintenant qu'il faut nous appeler tout de suite.
08:09Selon vous, en cas de victoire de la gauche législative,
08:11Jean-Luc Mélenchon, est-ce qu'il doit être Premier ministre ?
08:13Premier ministre, c'est la question qu'on vous pose ce matin.
08:15Bonjour Thierry. – Bonjour.
08:17– Vous êtes à Bézier, on vous écoute.
08:19– Je suis un jeune Bitéroi.
08:21– Très bien.
08:23– Oui, moi je suis dans la nuance par M. Jean-Luc Mélenchon.
08:27Vous savez, j'ai regardé l'émission avec Elisabeth Borne,
08:33l'émission où j'ai été interviewé.
08:37– Oui.
08:38– Il a rappelé, avec Natacha Polony,
08:41que Jean-Luc Mélenchon avait été attaqué violemment par l'extrême droite.
08:44– Oui, c'était samedi soir, effectivement, sur France 5.
08:47– Effectivement, M. Mélenchon, quoi qu'on en dise,
08:50il joue un rôle dans l'histoire de la politique française.
08:55Il a été menacé de mort deux fois,
08:57et les deux personnes sont emprisonnées, voyez-vous.
08:59Il l'a dit, je le savais, sans le savoir.
09:01Ça m'a un petit peu émotionné, voyez-vous.
09:06– Donc tout ça pour dire quoi, Thierry ?
09:08Si effectivement, demain, la gauche le gagne et que LFI…
09:11– Demain, la gauche le gagne, effectivement, on le souhaite,
09:14parce que moi, j'ai pas envie que les héritiers de l'extrême droite nazis,
09:20parce que Mme Le Pen avait été danser avec des gens de la FNSS,
09:24que c'est facile de propager un poison dans les esprits des gens
09:31en disant que c'est la faute des immigrés
09:33si la France est en bas de l'échelle économique et sociale industrielle, voyez-vous.
09:37C'est très grave, quand même, l'or est grave.
09:40Je me rappelle, je t'avais dit, Sophie Binet,
09:43il est minuit moins le cœur, et oui, nous en sommes là.
09:47Moi, quand je vois à Béziers, la vie de Jean Moulin, voyez-vous,
09:50je dis toujours à des gens, mais c'est pas Jean Moulin qui est maire de Béziers,
09:53les gens, ça les fait rire, voyez-vous.
09:55– OK, merci Thierry, merci de nous avoir appelés pour nous donner,
09:59pour répondre à la question.
10:01Thierry fait un comparatif entre, parce qu'il l'a fait lui-même samedi,
10:05Jean-Luc Mélenchon et Léon Blum, Jean-Pierre Grand.
10:08– Bon, mais attendez, moi, je ne peux pas,
10:10Mélenchon, il dit tout et son contraire,
10:13Mélenchon, c'est un révolutionnaire, ce qu'il veut, c'est par la force,
10:17par la force, il veut imposer sa ligne,
10:21il a déjà commencé, il a réussi pour partie, grâce au Front Populaire,
10:26et aux investitures données à des candidats, y compris socialistes,
10:29et on le voit ici, dans le département de l'Hérault,
10:31et notamment dans la troisième circonception,
10:33et bien voilà, moi, je ne peux pas philosopher sur ça,
10:37écouter Mélenchon, c'est écouter l'extrême-gauche révolutionnaire,
10:41bon voilà, si on veut ça, moi, je ne perds pas deux heures à écouter Mélenchon.
10:46– Pour conclure, on a bien compris aujourd'hui, Jean-Pierre Grand,
10:48qu'à votre niveau, en tout cas, vous lancez un appel à tous les,
10:51je veux dire, les hommes raisonnables, entre guillemets.
10:53– Bien sûr, à ceux qui aiment la France.
10:56– Là, vous êtes déjà dans le troisième tour, d'une certaine manière, peut-être.
11:00Vous préparez la défaite ou pas ?
11:02– De toute façon, je vais vous dire, les gens, ils disent,
11:04on ne veut pas le dilemme entre l'extrême-gauche et l'extrême-droite.
11:07Moi non plus, moi, je vous le dis, dans ma circonception,
11:12je ne voulais pas le dilemme de voter pour Cristol.
11:14– Même si ce n'est pas une présidentielle,
11:16on a quand même le sentiment, Jean-Pierre Grand,
11:18que les gens veulent sanctionner quand même Emmanuel Macron.
11:20– Non, mais on peut toujours sanctionner.
11:22Dans les années 30, ils ont sanctionné, ils ont sanctionné partout.
11:26D'ailleurs, on est en train de le voir, en Europe.
11:28Et après, quand vous avez sanctionné, qu'est-ce que vous faites ?
11:31Qu'est-ce que vous faites ?
11:32– Il a eu raison de dissoudre Emmanuel Macron ?
11:34– Il ne fallait pas faire autrement.
11:36– Il ne pouvait pas attendre le mois de septembre ?
11:38Il fallait le faire maintenant ?
11:39– Imaginez qu'il dise, j'attends septembre.
11:42Le mardi qui a suivi l'élection européenne,
11:45l'Assemblée nationale ouvre ses portes.
11:48Les questions d'actualité, l'après-midi,
11:50les députés d'extrême-gauche et d'extrême-droite,
11:53ils auraient été debout sur leur siège,
11:55à hurler dissolution, etc., etc.
11:59On le savait, on le savait.
12:02– Merci Jean-Pierre Grand, sénateur horizon
12:05de l'héros d'être venu ce matin dans notre studio.
12:08Bonne journée à vous.
12:09– Merci de m'avoir reçu.
12:10– Merci.
12:11– Vous pouvez réécouter cette interview en allant sur notre site internet.
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