00:00que le détail des chiffres, très franchement, un programme qui a dû être fait en quelques jours,
00:04parce qu'il y a eu cette dissolution express, parce qu'on aurait pu se donner jusqu'à l'automne,
00:07un programme qui est fait en quelques jours, forcément, moi je ne vais pas être là pour vous dire que tout est parfait dans tous les détails.
00:12Je pense qu'il faut en rester aux principes généraux.
00:14Et je pense que les principes généraux, fondamentalement, sont bons,
00:18c'est-à-dire que ce programme du bloc de gauche, du bloc du Front Populaire,
00:22il a au moins un mérite par rapport au programme des deux autres blocs,
00:25c'est de dire clairement où il pense trouver l'argent pour venir résoudre les problèmes du pays,
00:32qui sont l'absence de services de santé, le nombre de généralistes a diminué depuis dix ans,
00:38d'hôpitaux, de places dans les IUT, l'investissement dans l'enseignement supérieur,
00:42qui est quand même la clé de la croissance, de la productivité et de la prospérité du pays à long terme,
00:47a diminué dans ce pays la dépense par étudiant de 15% au cours des dix dernières années,
00:51c'est-à-dire qu'on marche complètement à rebours de la logique historique,
00:54dans les lignes de train, dans les infrastructures énergétiques, les infrastructures de transport,
00:57tout ça, tout le monde sait que ça va coûter de l'argent.
00:59Alors, en partie, on peut emprunter parce que ce sont des investissements,
01:02mais il y a quand même des limites à ça parce qu'on a vu l'inflation des dernières années.
01:05Donc, à un moment, être responsable, ça veut dire aussi dire
01:08« ben oui, on va aller chercher l'argent plutôt là où il se trouve »,
01:11c'est-à-dire parmi les groupes qui se sont le plus enrichis, et ce n'est pas un problème de personne.
01:15C'est juste un problème bête et méchant d'argent, c'est-à-dire que très concrètement,
01:19Juste, moi, je veux donner un chiffre, même.
01:21Allez-y, puis ensuite, je donne la parole à Jacques Attali pour qu'il y ait une discussion.
01:23Vous prenez les 500 plus grandes fortunes en France,
01:25telles que nous les décrit le magazine « Challenge », qui n'est pas un repère de gauchistes.
01:29D'après « Challenge », les 500 plus grandes fortunes, actuellement,
01:32atteignent au total, en les mettant tout ensemble, 1 200 milliards d'euros.
01:36Il y a dix ans, le même magazine « Challenge » les évaluait à 200 milliards.
01:39Donc, on est passé de 200 à 1 200 milliards en dix ans,
01:42c'est-à-dire de l'équivalent de 10 % du PIB à 50 % du PIB.
01:46Vous vous rendez compte, l'enrichissement...
01:47Je veux bien, ces 500 personnes ont travaillé,
01:50mais le reste du pays a bossé aussi.
01:51Là, c'est supérieur à toute la croissance cumulée du pays sur dix ans.
01:54Donc, dire qu'il n'y a pas d'argent de ce côté-là,
01:56ou qu'il n'y a que des clopinettes à attendre de ce côté-là,
01:59si vous voulez, ça ne colle pas avec la réalité aussi ressentie par les Français
02:02qui connaissent, qui entendent parler de cette réalité.
02:05Donc, il y a un problème.
02:06Dans un pays, vous pouvez avoir des riches, des pauvres,
02:08mais il faut quand même que tout le monde reste un peu au même rythme.
02:10Il y a vraiment un décalage complet entre la situation des salariés...
02:15C'est le plus légitime de le prendre.
Commentaires