00:00Il est 8h44, merci d'avoir choisi Europe 1, bon début de journée.
00:02La revue de presse d'Europe 1, Olivier Delagarde, on commence par l'image du jour.
00:06Qui a priori n'a rien de politique, même si elle semble symboliser de manière presque trop facile
00:11l'état de la société française en ce moment. Cette photo, elle est à la une de l'équipe ce matin.
00:17C'est celle de Kylian Mbappé, à terre, le visage en sang, le regard perdu,
00:22saisie pile au moment où il semble se rendre compte que le coup qu'il a reçu est plus grave que prévu.
00:28Pour le footballeur, le diagnostic est assez simple.
00:31D'ores et déjà, l'équipe nous indique qu'il ne sera pas sur le terrain vendredi prochain face aux Pays-Bas.
00:36Pour la France, qui elle aussi est groguée depuis huit jours, le bilan de santé est plus compliqué.
00:41Et les médecins de gauche, de droite et du haut en même temps, qui se prestent à son chevet,
00:46ont des avis contradictoires.
00:47Le fait du jour, c'est toutefois que la consultation du docteur Bardella a eu lieu.
00:52Si vous ne l'avez pas entendu tout à l'heure sur Europe 1, rendez-vous dans le Parisien,
00:55aujourd'hui en France, qui publie l'ordonnance du patron du RN.
00:58Une chose apparaît claire, à la différence des docteurs Knock de LFI et Consor,
01:03sa stratégie à lui est de rassurer le malade.
01:07Car le traitement sera long et certains remèdes pourraient l'achever.
01:11D'abord, avant toute chose, faire des analyses.
01:12S'il l'emporte, il engagera dans les premières semaines un audit des comptes de l'État par un collège d'experts.
01:18Ensuite, la première réforme, c'est le réarmement économique du pays.
01:21La deuxième concernera le redressement des services publics.
01:25La réforme des retraites sera abrogée à partir de l'automne,
01:29pour permettre aux carrières longues de partir à la retraite à 60 ans, déclare-t-il.
01:34Je n'entends pas brutaliser la démocratie, promettant Corbardella.
01:39Alors, ce discours peut-il être entendu ?
01:41Alors, le malade France nous dira ce qu'il en pense le 30 juin,
01:44mais d'ores et déjà, Guillaume Tabard du Figaro souligne que ce projet a un atout.
01:48Au milieu du chaos, le RN apparaît aujourd'hui en pôle de stabilité.
01:53Dans le match à trois qui se joue avec la gauche et les macronistes,
01:56le parti de Marine Le Pen a pour lui l'homogénéité de son socle, explique-t-il.
02:00Face à la coalition Hollande-Poutou d'une part,
02:02face à l'énigme de ce que serait un bloc centriste de l'autre,
02:06le RN a lui l'avantage de la clarté.
02:09Mais les appels à faire barrage au RN de la part de la société civile ne sont-ils pas de nature,
02:14Olivier, à lui barrer les portes du pouvoir ?
02:15Eh bien, c'est le débat du jour, Dimitri.
02:18Faut-il donner son avis dans le débat public quand on est acteur de la société ?
02:22La Croix nous indique par exemple que depuis l'annonce d'un possible succès du RN,
02:27l'épiscopat est souvent sommé de se positionner.
02:31La question se pose aussi pour les grands patrons, soulignent les échos.
02:34La FEP, l'association qui regroupe les 117 entreprises françaises les plus importantes,
02:39a publié un communiqué dans lequel elle met en garde
02:42contre un risque majeur de décrochage durable de l'économie.
02:46Enfin, il y a bien sûr les traditionnelles pétitions d'artistes à gauche.
02:50Oui, eh bien qu'ils se taisent.
02:53Ça, c'est le coup de gueule de Nicolas Béthout à la une de l'Opinion.
02:56Tous ces artistes, influenceurs sportifs qui se mobilisent depuis le soir des élections
03:01et qui oublient à quel point la coupure entre leur vie et celle de millions d'électeurs du RN
03:08Cette élargie, l'époque n'est plus aux artistes engagés, conclut-il.
03:13Ils se sont tellement trompés.
03:16Et de manière assez singulière, Béthout reçoit un soutien inattendu.
03:20Celui d'Ariane Ouschkine, la grande metteuse en scène,
03:23dont la conscience n'est pas suspecte de s'égarer hors des sentiers balisés par la gauche,
03:28publie une tribune dont le Figaro se fait largement l'écho.
03:32« Nous, gens de culture, avons lâché le peuple », écrit-elle.
03:36« Nous n'avons pas voulu écouter les peurs, les angoisses.
03:39Quand les gens disaient ce qu'ils voyaient, on leur disait qu'ils se trompaient,
03:43qu'ils ne voyaient pas ce qu'ils voyaient.
03:45Puis, comme ils insistaient, on leur a dit qu'ils étaient des imbéciles.
03:49Puis, comme ils insistaient de plus belles, on les a traités de salauds. »
03:53Aujourd'hui, conclut Ariane Ouschkine,
03:55« Je ne suis pas certaine qu'une prise de parole collective des artistes soit utile ou productive.
04:01Une partie de nos citoyens en ont marre de nous,
04:04marre de notre impuissance, de nos peurs, de notre narcissisme,
04:09et conclut-elle, de notre sectarisme et de nos dénis. »
04:13La revue de presse d'Europe 1, merci beaucoup Olivier Delagalle.
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