00:00RTL 7h43, excellente journée à vous tous qui nous écoutez.
00:06Amandine Bégaud, vous recevez ce matin le secrétaire national du Parti Communiste, Fabien Roussel.
00:10Fabien Roussel, qui n'est pas avec nous ce matin en studio, mais depuis le Nord, votre fief, je le disais, de Saint-Amand-les-Eaux.
00:16Je ne m'élimine pas, mais je ne m'impose pas. Ça c'est ce qu'a dit hier Jean-Luc Mélenchon. Ça vous va, Fabien Roussel ?
00:24Oui, tout à fait, parce qu'on doit aujourd'hui construire un programme, présenter un front populaire et une équipe d'abord.
00:33Une équipe qui rassemble l'ensemble des forces politiques, du mouvement social, syndical, qui est prête à mettre en œuvre un programme de progrès pour les Français,
00:41des mesures pour le pouvoir d'achat. Et donc, il faut d'abord présenter le visage d'une équipe. Et c'est ce que nous sommes.
00:47Bon, il dit toutefois qu'il s'en sent capable, Jean-Luc Mélenchon, capable d'être Premier ministre. Il n'a pas complètement renoncé.
00:55Vous savez, pour le front populaire, il faudra un Premier ministre populaire, rassembleur, bienveillant, qui parle à tout le monde.
01:05Et donc, il faudra en rassembler des qualités.
01:08Ça veut dire pas Jean-Luc Mélenchon, si je décrypte ?
01:11Ah non. Ah non, non, non. Non, non, non, non. D'abord, je ne veux éliminer personne. Et ce qui compte, c'est de réussir à présenter aux Français la plus belle des équipes,
01:22celle qui saura réparer toutes les fractures qu'il y a dans notre pays et qui pourra dire aux Français, dès le 8 juillet, voilà ce qui va changer pour vous, pour vos salaires, pour vos retraites.
01:33Et c'est ça qui est le plus important.
01:35— Pardon, Fabien Roussel. Je n'ai pas bien compris. Vous dites pas Jean-Luc Mélenchon ou je ne veux pas parler de ça ? Le nom, je n'ai pas compris à qui il s'adressait.
01:43— Ah non. Ah non, non, non. J'ai dit que je ne veux... Nous n'excluons personne, aujourd'hui. Nous sommes en train d'abord de travailler sur le programme,
01:52sur l'engagement que nous avons pris de présenter un candidat, une candidate dans chaque circonscription représentant ce nouveau front populaire.
02:00C'est ce à quoi nous travaillons. Et c'est d'abord là-dessus que l'on se concentre aujourd'hui.
02:04— Mais vous comprenez que ça puisse compter pour les électeurs de gauche. Je pense notamment à ceux qui ont voté pour Raphaël Glucksmann,
02:09peut-être à ceux aussi qui ont voté pour la liste du Parti communiste aux européennes. Ils ont peut-être aussi voté pour vous parce qu'ils ne voulaient pas de la personne de Jean-Luc Mélenchon.
02:19Donc c'est important de dire qui.
02:22— D'abord, nous allons... Mais nous allons dire... Nous sommes une équipe avec plein de visages et de personnalités qui seront demain prêtes à gouverner,
02:33rassembler la France, réparer les fractures. Mais les Français vont devoir choisir le 30 juin entre le programme de l'extrême-droite
02:40et de la droite extrême avec M. Ciotti et celui du front populaire qui apporte des réponses à la crise que nous vivons, aux pouvoirs d'achat,
02:47à nos services publics, réparer la santé, que chacun ait accès à un médecin, que chaque enfant ait accès à une classe avec un professeur présent,
02:56des salaires qui augmentent, des factures du gaz et de l'électricité qui baissent, un engagement qui est pris...
03:01— Mais très bien. Mais vous répondez toujours pas à ma question. C'est quand même aussi une histoire d'incarnation. Et vous le savez, Fabien Roussel.
03:05Vous avez porté ces valeurs les jours heureux, on se souvient, pendant votre campagne présidentielle.
03:10— Mais je vous redis, et je vous redis avec le sourire. Mais vous le voyez pas, parce que je suis chez moi à la radio.
03:16— Non. Mais je ne l'entends pas non plus. — Mais pourtant, je l'ai. Mais je vous le dis que nous sommes une équipe, nous travaillons,
03:23et que pour pouvoir gouverner demain cette France en fonction de la majorité qui sera issue des élections, où le front populaire a une majorité absolue
03:33et il y aura un Premier ministre issu de nos rangs, et on verra bien, où il n'y aura pas de majorité absolue pour personne.
03:43Et il faudra trouver un Premier ministre capable de parler à tout le monde. Et c'est pour ça que je vous dis que nous devrons trouver
03:51les qualités d'un homme ou d'une femme capable de parler à tous les Français. — Mais vous avez des noms en tête.
03:57— Vous avez des noms en tête. Qui, par exemple ? Mais dites-moi. — Mais bien sûr. Mais nous sommes plusieurs.
04:02— Laurent Berger ? C'est une bonne idée ? François Ruffin ? Vous ? — Mais Laurent, il n'est pas candidat. Mais nous sommes plusieurs, bien sûr.
04:10J'en fais partie, comme d'autres, parce qu'il y a besoin... — Matignon, vous vous y... Pourquoi pas ? Si c'est...
04:15— Mais quand je vous dis qu'il y a besoin d'un Premier ministre populaire pour le front populaire, bienveillant, rassembleur,
04:24capable de parler à tout le monde. — C'est votre portrait. — A ceux qui... Si demain, nous n'avons pas de majorité absolue,
04:32il faudra bien aussi pouvoir travailler avec d'autres qui ne sont pas de notre sensibilité.
04:38— Vous vous en sentez capable, en tout cas, Fabien Roussel ? Est-ce que vous en sentez capable ?
04:42— Écoutez, ce qui compte aujourd'hui, c'est d'abord de présenter aux Français notre programme. Ce qui compte aujourd'hui, c'est d'abord
04:49d'avoir une majorité et le plus de députés possible. La République, elle, est menacée par une extrême-droite qui a tendu la main
04:59à une partie des Républicains de la droite qui l'a saisie. Et ils ont un programme dangereux. Déjà, ils ont décidé qu'ils n'abrogeraient pas
05:06la réforme des retraites. Ils savent qu'ils n'augmenteront pas les salaires des Français, des fonctionnaires.
05:12Ils ont même dit qu'ils privatiseraient les médias publics. Vous n'êtes pas concernés. Peut-être que ça vous arrangera.
05:17Mais en tout cas, ils ont un programme très très dur pour les Français. Nous, nous avons un programme qui défend le monde du travail,
05:23le monde ouvrier, un programme pour la transition écologique. Nous allons abroger Parcoursup pour la jeunesse.
05:28— Alors justement... — Nous allons dire aux jeunes qu'il y aura un revenu étudiant pour les jeunes, vous permettant de faire vos études
05:34sans être obligés de travailler à côté. Il faut que les Français sachent qu'ils devront choisir entre un programme de la droite extrême
05:41très dur qui va diviser les Français et le programme de la justice sociale, du progrès social, de l'écologie que nous allons toutes et tous nous incarner,
05:49l'équipe que nous représentons. C'est bien pour ça que ce n'est pas l'incarnation de cette équipe qui compte. C'est l'équipe que nous sommes.
05:56— L'équipe que vous êtes et ce projet. — Nous sommes une équipe plurielle.
05:59— Juste, à aucun moment, vous ne vous êtes interrogé sur cette alliance, ce nouveau front populaire. Je vous pose la question, Fabien Rousset.
06:06Parce que le 16 novembre dernier, voilà ce que vous nous disiez très clairement. C'était limpide sur RTL. Écoutez.
06:12— Le Parti communiste français a définitivement rompu avec la France insoumise.
06:17— Le Parti communiste français a définitivement rompu avec la France insoumise. C'était il y a 7 mois. Ça fait pas si longtemps.
06:23Sincèrement, est-ce qu'aujourd'hui, vous ne mettez pas sous le tapis tout un tas de sujets, de valeurs aussi, pour assurer un avenir aux communistes à l'Assemblée ?
06:32— Vous pourriez aussi sortir un autre extrait où j'ai dit, je l'ai dit à plusieurs reprises, que nous ferons tout, nous, pour empêcher l'extrême-droite de faire main basse sur la République.
06:42— Sauf qu'il y a eu les prises de position, pardon, contre Israël, les propos antisémites, la bordélisation. Tout ça, ça compte plus ?
06:48— Si, ça compte. Et je vais y revenir. Et si nous n'avions pas fait le choix de nous rassembler et de faire un front populaire,
06:55un front commun contre l'extrême-droite, peut-être que vous me reprocheriez aujourd'hui de faire cavalier seul et de ne pas faire l'union quand la République est menacée.
07:02Donc d'abord, nous faisons le choix de l'union et du rassemblement pour empêcher l'extrême-droite de gagner la France. Ça, c'est la première chose.
07:10La deuxième chose, c'est que nous allons présenter – j'espère que nous allons présenter dans les heures qui viennent – le programme du front populaire.
07:17Et dans ce programme, nous prenons l'engagement, nous faisons un serment devant les Français, un pacte signé avec notre sang s'il le faut,
07:25un engagement que nous prenons sur des propositions claires, et notamment la lutte contre l'antisémitisme, le racisme. Nous nous y engageons tous.
07:34— Et la qualification du Hamas, ça fait partie quand même des points à éclaircir. Ce sera écrit noir sur blanc ?
07:39— Ce sera écrit noir sur blanc. Chacun va prendre un serment. Chacun va s'engager devant les Français. Nous serons clairs.
07:48Nous serons clairs sur une République sociale, écologiste, féministe, laïque. Nous serons clairs sur ces principes-là.
07:55Cette République, nous la chérissons. Nous voulons la protéger par notre rassemblement. Et justement, en ce moment même,
08:01nous sommes encore en train de discuter entre nous pour trouver les mots justes qui vont nous rassembler. Et il y a encore des arbitrages à faire.
08:09Et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle je remonte à Paris, parce que je veux que ça aboutisse. Ce n'est pas encore abouti.
08:15Notre programme, notre accord, aujourd'hui, n'a pas fini, n'est pas scellé complètement. Je veux que nous y arrivions.
08:23C'est... Nous vivons des heures historiques pour notre pays. Le pays peut basculer. Il peut basculer vers l'extrême-droite,
08:30comme nous l'avons déjà connu dans les années 40. Il peut construire un vrai front populaire, comme nous l'avons vécu en 36,
08:35avec les plus belles conquêtes sociales pour notre pays. Le pays peut basculer d'un côté comme de l'autre.
08:40Et c'est la raison pour laquelle, là, je vais remonter à Paris et je vais tout faire avec Olivier Faure, avec Marine Tendelier, avec Aurore Laluc,
08:48avec Emmanuel Bompard. Tout faire pour que nous aboutissions sur ce programme, sur lequel nous avons encore des arbitrages à faire.
08:54— L'idée, c'est que ça aboutisse aujourd'hui ? — Et tout faire pour que nous aboutissions...
08:58— Aujourd'hui ? — Oui. Et que nous aboutissions à un candidat unique dans chaque circonscription, parce que c'est pas encore calé,
09:06malgré ce que j'ai entendu sur vos antennes. Ce n'est pas encore réglé.
09:09— C'est-à-dire que les chiffres qui ont circulé, 50, par exemple, pour les communistes, 229 pour LFI, c'est pas les bons chiffres ?
09:14— Je rentre pas dans le détail. Nous avons pris un engagement. Un engagement, c'est construire un Front populaire,
09:19un programme qui nous rassemble et un candidat, une candidate unique dans chaque circonscription.
09:24Je veux tenir cet engagement. Je veux m'y employer pleinement. Je vais remonter à Paris. Je vais rejoindre les responsables
09:32de chaque force politique que nous sommes. Et nous voulons présenter en fin d'après-midi cet engagement, ce programme
09:39que nous prenons devant les Français. C'est le serment pour le Front populaire. C'est le pacte pour la France.
09:43— Merci beaucoup.
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