Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 ans

Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Pierre de Vilno pour débattre des actualités du jour. Ce soir, l'ensauvagement de la société à la suite des drames survenus à Saumur et Colmart ce mardi 4 juin.
Retrouvez "Les débats d'Europe 1 Soir" sur : http://www.europe1.fr/emissions/l-invite-actu

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00 Europe 1 soir, 19h21, Pierre De Villeneuve.
00:05 Avec Lou Fritel, journaliste politique à Paris Match, et Gilles-William Goldnadel pour commenter l'actualité.
00:11 Actualité restituée à l'instant par l'ami Maël Hassani.
00:15 L'histoire de Clamart, cet ado de 14 ans qui vole une voiture,
00:20 qui perd le contrôle de la voiture lors d'une course-poursuite et qui en vient à tuer un autre automobiliste.
00:26 Le drame de Saumur où on s'est entretués pour 80 euros de dette.
00:31 Le drame dans le village de Fadoise où le père de la mariée,
00:38 sous prétexte qu'elle épouse un garçon qui a 40 ans de plus qu'elle, lui donne des coups de couteau.
00:46 C'est l'ensauvagement de la société, c'est le retour des sauvageons, comme disait Jean-Pierre Chevènement, Gilles-William Goldnadel.
00:52 - Ah moi je suis complètement convaincu qu'on n'est plus dans les faits divers mais dans les faits de société.
00:58 Il n'y a pas de doute là-dessus. Comment vous dire ?
01:02 On est toujours taxé un peu d'instrumentalisation, si justement on en tire quelques règles d'ordre politique,
01:10 philosophique, sociologique, juridique, je ne sais pas.
01:13 - Ah oui, c'est le double effet qui se coule. Tout de suite on dit "ah bah tiens vous êtes en train d'instrumentaliser des choses qui sont tout à fait normales".
01:19 - Voilà exactement, si jamais je m'étais à parler par exemple de l'immigration.
01:25 Mais d'ailleurs c'est une alternative très diabolique parce que vous avez les autorités d'occultation qui veillent au grain.
01:40 Ce dont vous parlez en ce moment, je ne gagerais pas que beaucoup de radios en parlent aussi librement.
01:49 Parce que voilà, ça gêne, je pense, pardon de penser à quelque chose d'étranger mais...
01:55 Ce qui s'est passé à Manaïme par exemple, pardon de vous le dire, mais ce qui s'est passé à Manaïme,
02:02 où vous avez un islamiste qui tue quelqu'un, on parle de la victime qui serait d'extrême droite mais on ne parle pas de l'islamiste.
02:09 En France c'est pareil, en France on ne va pas parler de ce fait divers là parce qu'il peut gêner la vision idyllique des choses.
02:17 Donc oui, pardon de vous le dire, mais il y a une accélération des phénomènes de violence ciblés sur certaines victimes.
02:28 Qu'est-ce qui serait passé là, sur ce refus d'obtempérer là ?
02:31 - Acclamare.
02:33 - Supposons que justement un policier tente de s'interposer et qu'à Dieu le plaise, le jeune en question soit blessé.
02:48 Ça serait immédiatement la faute du policier.
02:51 - C'était le cas lors de Naël.
02:54 - Fuyurez-vous que je faisais...
02:56 - Il n'avait pas à tirer évidemment.
02:58 - Il y a complicitement allusion à cela et à d'autres cas similaires.
03:03 Donc la réalité si vous voulez, elle est là.
03:06 Vous avez constamment une...
03:10 - On renverse le problème.
03:12 - On renverse le problème, voilà.
03:14 Vous savez que les policiers qui ne sont pas des saints laïcs,
03:19 ils n'ont pas toujours envie d'être mis en garde à vue ou d'être poursuivis en justice ou même voire d'être incarcérés.
03:25 - Tout qu'ils laissent faire.
03:26 - C'est une très grande tentation de Vellepierre.
03:29 - Jérôme Darmanin, Lou Frittel, là en l'occurrence c'est un exemple,
03:34 il demande pour ce week-end, il interdit, il demande au préfet du Tarn d'interdire la manifestation prévue ce week-end
03:43 contre le chantier controversé de l'autoroute A69 entre Toulouse et Castres.
03:47 Est-ce qu'on peut dire que Darmanin quand même est un de ceux qui,
03:52 dans cette période d'ensauvagement, essaye quand même de faire quelque chose ?
03:57 Comment réagit le gouvernement face à cet état d'ensauvagement ?
04:02 - Comment réagir ? Surtout je suis frappée par le jeunage de l'automobiliste fuyant.
04:10 - Ça c'est l'impunité, on se dit "on a 14 ans, on a 15 ans, peu importe".
04:15 - Je pense qu'il y a plusieurs mouvements qui expliquent la situation dans laquelle on se trouve aujourd'hui.
04:21 Donc manifestement un sentiment d'impunité dû à des peines de prison qui ne sont pas exécutées,
04:27 un manque de personnel judiciaire et policier.
04:32 Analyse un peu aux doigts mouillés, je suis navrée, mais j'ai la sensation quand même que depuis le Covid,
04:38 il y a eu au moins une accélération de la violence, de la perte de sentiments, d'autorité.
04:49 - Perte d'autorité tout simplement.
04:52 - Voilà, de la perte d'autorité. Et ce qu'il n'y a pas eu aussi, on a été enfermé, d'autres au contraire ont pu sortir sans problème,
04:59 il n'y avait pas de policier, vous alliez dans certains quartiers, on avait beau être confiné,
05:03 il y avait des bandes de jeunes, de 40, 50 personnes, d'autres au contraire se sont retrouvés complètement isolés,
05:09 dans les boules de réseaux sociaux, etc.
05:11 Et c'est vrai que juste après, quand il y a eu les premières sorties, il y a eu une explosion de violence,
05:16 il y en a toujours deux, deux automobilistes justement qui écrasent un chien,
05:19 la maîtresse s'interpose et elle se fait traîner ensuite par la voiture.
05:25 Et il y a eu plein de faits divers à ce moment-là.
05:27 - C'est ce que dit Gilles William, c'est-à-dire qu'au moment où on essaye de s'interposer,
05:30 on prend un risque pour soi-même, on prend un risque aussi pour le renversement de la vapeur au niveau du commentaire.
05:37 - C'est comme s'il y avait eu une rupture à ce moment.
05:39 - Oui, je ne ferais pas une corrélation entre le Covid et ce qui nous arrive.
05:44 Vous voyez, j'ai une autre manière de voir les choses.
05:48 Je pense qu'il y a effectivement un sentiment d'impunité et une perte d'autorité,
05:54 pas seulement la perte de l'autorité, la peur du gendarme et la peur du juge,
05:58 mais également une perte de légitimité de l'autorité.
06:02 Il y a beaucoup plus un sentiment d'appartenance communautaire, voire communautariste,
06:07 dans un espace restreint, plutôt que dans l'espace étatique et national.
06:13 Et j'irais même plus loin, même un sentiment de défiance, voire d'aversion,
06:17 par rapport à l'espace national et à l'étatique.
06:20 - Il y avait une certaine crainte quand même.
06:22 Au lieu de l'appartenance, je pense vraiment que ce qui tenait encore les gens, c'était la crainte.
06:27 La crainte, aujourd'hui, on ne l'a plus.
Commentaires

Recommandations