00:00 Alors, je ne sais pas si on peut parler de blues, je pense qu'il faut parler de colère.
00:04 Il faut parler de colère parce que ce qui s'est passé autour de l'évasion de Mohamed Ramra est absolument dramatique.
00:12 C'est des agents publics qui se sont fait assassiner dans l'exercice de leur fonction.
00:17 Ce sont des agents publics qui se sont fait grièvement blesser dans l'exercice de leur fonction.
00:21 Et ça, ça nous concerne tous.
00:23 La situation de la détention, est-ce qu'elle est ? Elle est liée à l'incapacité de suivre les besoins en détention, les besoins bâtimentaires.
00:35 La France n'a pas un taux d'incarcération plus élevé que les autres pays européens, mais elle a un taux de surpopulation bien supérieur.
00:43 On a moins de place.
00:45 On a moins de place, exactement.
00:47 Donc on demande aux magistrats d'aménager, de prononcer des peines, de ne pas les appliquer, de ne pas les appliquer tout de suite,
00:56 de faire de l'aménagement de peine, de l'exécution de peine, de l'application des peines.
00:59 Ce qui fait que ça aboutit à quoi ?
01:01 Premièrement, les citoyens, ils ne comprennent rien.
01:03 Il y a une peine qui est prononcée, elle n'est pas appliquée, elle n'est pas appliquée tout de suite.
01:06 - Et ça, on en parle souvent sur nos plateaux.
01:08 - Tout à fait.
01:09 Donc ça, c'est la première chose.
01:11 La deuxième chose, c'est que tout d'un coup, toutes les peines tombent et une personne va se retrouver longtemps en prison.
01:18 Et là, on a un problème de surpopulation.
01:20 On a aussi les maisons d'arrêt qui accueillent les détentions provisoires qui ne sont pas suffisantes.
01:26 Donc les problèmes de sécurité se posent.
01:30 Les conditions de vie, effectivement, des détenus ne sont pas bonnes, mais les conditions de travail sont vraiment détestables pour les surveillants pénitentiaires.
01:38 Ce n'est pas le bout de la chaîne alimentaire, c'est ce qui nous permet de faire fonctionner la justice.
01:43 C'est eux qui nous amènent les détenus pour qu'on puisse les interroger ou qu'on puisse les confronter.
01:47 C'est eux qui amènent les détenus pour qu'on puisse tout simplement les juger.
01:51 C'est eux qui amènent les détenus pour qu'ils puissent se soigner.
01:54 Donc le minimum qu'on puisse leur accorder, d'abord, c'est de les écouter.
01:57 Ensuite, c'est d'évaluer les besoins.
01:59 Ensuite, c'est d'évaluer les besoins en sécurité passive, les armements, les véhicules, les flux, comment ils se déplacent, etc.
02:05 Et d'envisager autre chose.
02:07 Mais ce n'est pas nouveau.
02:09 Les syndicats pénitentiaires avaient fait valoir, et les magistrats aussi,
02:13 quand il y a eu le comité des États généraux, les besoins.
02:16 Alors aujourd'hui, on parle d'utiliser la visio, on parle de faire déplacer les juges d'instruction dans les lieux de détention.
02:23 Alors pour utiliser la visio, il faudrait avoir des conditions de visio qui soient acceptables, c'est-à-dire une certaine qualité de visio.
02:29 - Mais ce n'est pas le cas.
02:30 - Non. Quand vous êtes à l'audience et que vous entendez quelqu'un qui est en visio en maison d'arrêt,
02:34 qu'on entend tous les bruits de la détention derrière et qu'on n'entend rien,
02:37 et finalement on est obligé de renvoyer...
02:39 Donc il y a un problème de qualité des matériels, et puis sur les extractions, il y a un problème de sécurité, bien évidemment.
02:48 Et ce qui s'est passé juste après le rapport sénatorial sur le NACO-traffic,
02:54 qui trouve comme un écho abominable dans ce qui s'est passé lors de l'évasion de Mohamed Ammar.
03:01 C'est ça. On en est là.
03:03 C'est un miracle.
03:04 [Musique]
03:07 [SILENCE]
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