00:00 Il y a des insuffisances, il y a des difficultés.
00:02 On a une surpopulation pénale qui met en difficulté
00:05 les personnels pénitentiaires,
00:07 qui n'arrivent pas toujours à bien contrôler
00:10 les détenus qui s'y trouvent.
00:12 On voit effectivement l'entrée des portables...
00:15 On connaît comment les portables rentrent dans les prisons.
00:18 Il y a de la drogue. Il y a des problèmes de sécurité.
00:21 On a libéralisé depuis de nombreuses années
00:24 les conditions de détention,
00:25 mais peut-être qu'on n'a pas renforcé les mesures de sécurité
00:29 qui sont indispensables.
00:31 Le rôle de la prison, c'est de surveiller,
00:33 de prévenir les récidives, de les réinsérer.
00:36 Et là, quand on voit ce qui se passe
00:38 suite aux faits qui ont été révélés hier ou avant-hier,
00:42 on se pose des questions sur le sens de la peine de prison.
00:45 Lorsque des détenus continuent à faire des trafics
00:48 à l'intérieur des prisons,
00:50 alors qu'ils ont condamné pour des faits de trafic,
00:53 ça pose des questions sur le sens de la peine.
00:56 Il faut revoir certains dispositifs
00:58 pour permettre à la peine de jouer son véritable rôle.
01:02 Et là, je pense qu'il y a des efforts considérables à faire.
01:06 Par exemple, pour les portables,
01:08 on devrait généraliser les brouilleurs.
01:10 On a pris des décisions il y a quelques années,
01:12 mais on n'a pas généralisé les brouilleurs.
01:15 Pour également éviter que des produits illicites
01:18 rentrent en prison,
01:20 il faudrait qu'on renforce les scanners
01:22 qui existent déjà, millimétriques,
01:25 mais qui ne sont pas suffisants.
01:28 Il faut absolument renforcer la prison,
01:30 mais pas dire que la prison s'est tombée.
01:32 -Malgré tout, soyons sincères, et je suis sûr que vous l'êtes,
01:37 mais quand vous étiez directeur de prison,
01:39 vous saviez qu'il y avait des téléphones partout.
01:42 On parle avec Kamel, David,
01:44 ils nous disent que tout le monde a des téléphones.
01:47 Vous le saviez ? -Mais pas tout le monde.
01:49 Moi, j'ai quitté...
01:50 J'ai dirigé les grandes prisons françaises.
01:53 À l'époque, il y avait des portables,
01:56 beaucoup moins qu'actuellement.
01:58 Vous avez des petits portables
01:59 qu'on n'arrive pas à détecter au niveau des portiques.
02:02 C'est un sujet, effectivement,
02:04 donc il faut renforcer les brouilleurs.
02:07 Bien sûr qu'on le sait, chaque semaine,
02:09 les surveillants en découvrent des portables.
02:12 Il y a des fouilles qui sont effectuées.
02:14 Mais il y a une déficience à ce sujet-là,
02:16 comme il y a des insuffisances
02:18 par rapport aux produits toxiques qui rentrent.
02:21 Quand on apprend qu'un détenu sur deux
02:23 a déjà consommé du H en prison,
02:25 c'est vrai que ça m'interroge.
02:27 On ne peut pas se croiser les bras.
02:29 Donc, il faut vraiment que, politiquement,
02:31 on prenne la mesure.
02:32 Mais je vous rappelle que ces sujets-là,
02:35 à chaque fait important,
02:36 il y a des commissions qui se mettent en place,
02:39 il y a des dispositifs qui sont prévus,
02:42 mais ça n'avance pas assez vite, tout simplement.
02:45 Donc, effectivement, on connaît les difficultés.
02:49 Je vous assure, c'est pas facile.
02:51 Quand vous avez trois détenus dans une cellule,
02:54 ils sont autorisés à avoir des affaires personnelles.
02:58 Pour les fouilles d'une cellule, il faut beaucoup de temps,
03:01 donc il faut davantage de personnel sur les cursives.
03:04 -Mais malgré tout, autour de cette table,
03:07 depuis tout à l'heure, l'idée générale,
03:09 c'est de dire que les surveillants laissent faire
03:12 parce qu'ils achètent une paix sociale.
03:14 Ils courent pas derrière les portables,
03:16 derrière la drogue,
03:18 parce qu'ils veulent pas mettre le feu à la prison.
03:20 Vous démontez ça ?
03:22 -Ecoutez, s'ils laissaient faire,
03:24 on trouverait pas autant de portables.
03:26 Chaque année, des milliers de portables sont saisis.
03:30 Ce qui veut dire que les agents,
03:32 ils font du contrôle, ils font de la surveillance.
03:35 Mais on a une difficulté, actuellement,
03:38 dans les services pénitentiaires,
03:40 pour contrôler, effectivement,
03:42 l'ensemble des...
03:46 l'ensemble pénitentiaire.
03:48 C'est-à-dire que lorsqu'on s'aperçoit
03:51 que dans les parloirs, il y a du trafic,
03:54 lorsqu'on n'arrive pas à détecter les portables
03:56 qui peuvent rentrer dans les parloirs
03:59 ou qui sont introduits dans les établissements pénitentiaires,
04:02 c'est des questions qu'on doit se poser.
04:05 Mais faut pas dire que les surveillants laissent tout faire.
04:09 -Ils laissent faire certaines choses.
04:11 Un portable, ils se disent peut-être que c'est pas très grave.
04:15 Si ça peut ne pas mettre le feu à toute la prison,
04:17 c'est peut-être pas très grave qu'il y ait des portables.
04:21 -Je sais pas si certains surveillants disent
04:24 que c'est très grave.
04:25 Un portable, ça ne sert pas uniquement à téléphoner à leur famille.
04:29 Les détenus peuvent téléphoner dans des cabines dédiées,
04:32 mais ils sont écoutés.
04:33 Donc, quand on introduit des portables,
04:36 c'est pas forcément pour téléphoner aux familles.
04:38 C'est pour préparer des évasions
04:40 ou faire pression également sur des victimes.
04:43 On a eu, malheureusement, des personnes qui ont perdu des plaintes
04:46 parce que des détenus, avec leurs portables,
04:49 font pression sur les victimes ou sur leur famille
04:52 et qui ont pu y avoir une difficulté particulière.
04:55 Donc, c'est grave de laisser les portables
04:58 dans les prisons françaises.
05:00 C'est très grave en termes de sécurité pour la prison,
05:03 mais également pour l'extérieur.
05:05 [Musique]
05:08 [Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org]
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