00:00 - Et on retourne à Cannes avec toi Lorraine, moment fort de ce deuxième jour de festival,
00:03 la montée des marges de Judith Godrej pour son court métrage, moi aussi.
00:06 - Oui c'est l'image forte, d'ailleurs plus que forte je dirais même l'image puissante d'hier,
00:11 c'est Judith Godrej donc voix du mouvement #MeToo sur le tapis rouge,
00:14 avec l'équipe du film, vous voyez Tess Barthélémy, sa fille à sa droite,
00:18 il y avait son fils Noé Boone qu'elle a eu avec donc Danny Boone présent aussi,
00:21 tous main dans la main en solidarité, souriant pour les photographes.
00:26 Et arrivée en haut des marges du palais des festivals, Judith Godrej et son équipe
00:30 ont plaqué leurs deux mains sur la bouche comme vous pouvez voir sur ces images,
00:33 symbole du silence imposé aux victimes de violences sexuelles,
00:37 évidemment très symbolique sept ans après la chute d'Harvey Weinstein
00:41 et cinq mois après la prise de parole de Judith Godrej qui a accusé de viol,
00:46 je le rappelle, deux figures du cinéma, d'auteurs Benoît Jacot et Jacques Doyen.
00:50 - Et ce film c'est une nouvelle étape de son combat.
00:53 - Oui, pour dénoncer ces violences de victimes au sexuel, elle utilise le cinéma,
00:58 c'est son moyen d'expression pour faire entendre son combat.
01:01 C'est un film qui est né après un appel à témoignages lancé sur Instagram,
01:06 après son discours justement coup de poing au César,
01:09 il y a 1000 personnes qui ont participé au film, à 1000 victimes.
01:14 Vous voyez justement sa fille Tess Barthélémy, vous vous rappelez ces images
01:16 que je vous ai montrées lundi dernier, qui danse, c'est une chorégraphie
01:21 pour symboliser la libération de la parole.
01:25 En tout cas c'était important pour elle, pour Judith Godrej,
01:27 de faire ce film avec les victimes, c'est ce qu'elle a expliqué hier à Claire Fleury.
01:32 - Il y a 1000 personnes dans ce court-métrage,
01:36 tout le monde ne peut pas venir, c'est compliqué d'organiser tout ça, etc.
01:39 Mais évidemment que c'était important de ne pas porter toute seule.
01:43 Pour moi ce film c'est leur film.
01:46 C'est ça qu'il y a de beau dans le cinéma, dans le fait qu'on sort d'un film
01:50 et puis on se dise "moi aussi", mais à toutes sortes d'endroits d'ailleurs.
01:55 Ce n'est pas forcément d'une manière aussi dramatique ou grave que celle-là,
01:59 mais c'est cette universalité.
02:01 - Et ce film a eu droit à une double projection hier, notamment au cinéma de la plage.
02:05 C'est un cinéma où justement peuvent venir les Canois, les touristes.
02:08 C'est une projection qui est ouverte au public.
02:10 Vous voyez les images de Judith Godrej présentant son film au public.
02:14 Elle s'est dit fière, il y avait dans le public des victimes de violences sexuelles
02:18 qui ont participé au tout-métrage. - Elle est très forte cette image.
02:20 - Elle est magnifique.
02:21 Et d'ailleurs Godrej disait "j'ai monté les marches pour vous,
02:24 c'est à vous que je pensais, c'est vous qui étiez avec moi".
02:27 Et pour le participant, ce film a été salavateur.
02:29 Écoutez-le.
02:30 - Il y a des gens parmi nous qui n'avaient jamais parlé.
02:34 Moi j'ai parlé récemment, mais des gens qui n'avaient jamais parlé,
02:36 c'était la première fois qu'ils parlaient.
02:38 Et je ne sais pas comment vous dire, vous vous redressez.
02:41 Toute votre vie vous êtes tassé, vous êtes écrabouillé par ce poids,
02:44 vous avez honte et là vous vous redressez ensemble.
02:47 C'est la deuxième fois que je le vois et c'est toujours aussi émouvant,
02:52 toujours aussi fort de pouvoir porter cette parole.
02:57 Je trouve ça important, ce film, pour ça.
02:59 Je pense que c'est un appel à témoigner et à sortir du silence.
03:04 - Des paroles très fortes.
03:07 Et ce soir, c'est toute autre ambiance, ce sera Francis Ford Coppola.
03:10 - C'est le film "Les marches avec les gars de la police".
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