00:00 qu'ils sont les enfants de ce siècle, de cette époque, de ces désordres liés à la mondialisation malheureuse.
00:07 Et ce sont eux qui vont, à mon avis, apporter une réponse politique que ne sont pas à même d'apporter justement une génération
00:15 qui accrue justement à une Europe post-nationale, post-démocratique, technocratique, je crois qu'on va en parler.
00:24 Donc je le devine et ce qui est intéressant, c'est que beaucoup ont eux-mêmes, je dirais, la préscience de leur propre destin.
00:30 Jordan Bardella, je vous disais que les émeutes avaient été... que c'était un enfant de siècle, de son époque.
00:37 Il faut savoir qu'il a vécu en banlieue, qu'il a vécu les émeutes de l'intérieur. Il habite à Saint-Denis.
00:44 Mais il comprend très vite que le Rassemblement national est son chemin pour des raisons idéologiques, mais aussi pour des raisons stratégiques.
00:52 Je pense que c'est un parti où il n'y a pas de cadre, justement, alors que chez LR, les cadres ont tous fait l'ENA, ils se ressemblent un peu tous.
01:00 Et lui, il voit tout tracer. Après, je pense qu'il n'imagine pas lui-même que ça ira si vite et qu'il va devenir,
01:07 dix ans après, le président du parti. À l'époque où je le rencontre, il me l'a rappelé il y a quelque temps.
01:12 C'est la première fois qu'il prend un café avec un journaliste politique. C'est un militant du 93. Il n'a aucune responsabilité dans le parti.
01:19 François-Xavier Bellamy, lui, est professeur en banlieue, maire adjoint de Versailles. Et il a un chemin qui est différent de celui de Jordan Bardella,
01:31 bien qu'une idéologie très similaire. En vérité, ils se ressemblent tous parce qu'ils sont de la même époque, de la même matrice idéologique.
01:38 Mais François-Xavier Bellamy pense au contraire que pour arriver au pouvoir, il faut changer la droite de l'intérieur.
01:45 Et il le fait à travers Sens commun. On l'a un peu oublié aujourd'hui. C'est une des figures de la manif pour tous.
01:49 Et l'un des instigateurs de Sens commun, il y arrive presque, puisque l'épisode Fillon est quand même dû notamment au militantisme de Sens commun.
01:58 L'épisode Fillon échoue. Bellamy va tout de même se retrouver député européen et peut-être assauver ce parti qu'il espérait transformer.
02:09 Mais quant à Marion Maréchal, j'écris dans le livre quel est le point de jonction, si vous voulez, le trait d'union entre la France populaire du RN
02:19 et une France plus conservatrice. Je crois que c'est exactement ce qu'elle essaye de faire à travers Reconquête.
02:23 Elle veut en faire une force pivot. D'ailleurs, c'est un désaccord avec Éric Zemmour, qui est beaucoup plus dans une stratégie d'affrontement avec le RN.
02:31 Elle, elle veut faire la jonction entre la bourgeoisie conservatrice et la France populaire. Et enfin, j'en ai oublié une.
02:38 C'est Sarah Knafo, c'est quand même le plus surprenant, illustre, inconnu. Quand je la rencontre, elle est assis en SPO.
02:44 Alors, elle n'est pas du côté progressiste. Elle a beaucoup de courage parce qu'elle fonde une association souverainiste assis en SPO.
02:53 Et là, elle me parle d'Éric Zemmour sans savoir, bien évidemment, qu'elle sera à la fois sa compagne et sa conseillère.
02:59 Mais je me souviens que lors d'une autre conversation, je lui demande ce qu'elle veut faire plus tard, comment elle imagine justement son destin.
03:06 Et là, elle dit « moi, avec mes copains du CRE, c'est la critique de la région européenne, c'était le nom de son association,
03:11 je veux fonder un parti nouveau justement pour porter nos idées et je veux être dans l'ombre. »
03:17 Alors maintenant, elle est un peu dans la lumière pour aider un candidat à émerger.
03:21 Ce sera d'abord Henri Guaino, ce sera un semi-échec. On l'a un peu oublié.
03:25 Et ensuite, Éric Zemmour, ce qui sera quand même plutôt un succès, puisqu'elle arrive à fonder un parti en partant de rien.
03:31 [Musique]
03:35 [SILENCE]
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