00:00Europe 1 soir, week-end.
00:0218h, 19h, Thomas Schnell.
00:0418h16 sur Europe 1, nous recevons ce soir notre invité politique Europe 1 soir, week-end.
00:10Mathieu Lefèvre, bonsoir.
00:11Bonsoir.
00:12Député Renaissance dans le Val-de-Marne, nous avons suivi sur Europe 1 l'arrivée du président chinois Xi Jinping
00:17qui est arrivé à l'aéroport d'Orly un peu plus tôt dans l'après-midi.
00:21Mathieu Lefèvre, la Chine de Xi Jinping est-elle une opportunité pour les entreprises françaises ou bien un risque ?
00:26C'est un défi en tout cas pour l'économie française, l'économie européenne et l'économie internationale.
00:31Et le président de la République l'a dit, il faut remettre un peu de réciprocité dans les rapports entre la France et la Chine.
00:36Quand la Chine arrive sur le marché français, il faut que les entreprises françaises aient la même capacité à accéder au marché chinois.
00:43Mais pendant trop longtemps peut-être on a considéré que la Chine était un grand marché d'exportation
00:47alors qu'aujourd'hui c'est elle-même qui exporte vers l'Union Européenne.
00:50Donc il faut revoir notre logiciel économique à cette zone-là.
00:53Mais vous pensez que comment la Chine considère la France aujourd'hui ?
00:56Est-ce que c'est un interlocuteur entre guillemets de taille face à ce pays aux milliards d'habitants ?
01:00Ce qui est certain c'est que pour faire poids il faut évidemment considérer la France dans son rôle européen
01:05et c'est la raison pour laquelle le président de la République recevra le président demain avec la présidente de la Commission Européenne
01:10après s'être entretenue avec le chancelier allemand.
01:13Mais enfin ça n'est pas rien si la Chine vient en visite d'État dans notre pays
01:17et on a aussi une longue histoire avec nos amis chinois qu'on compte bien faire perdurer.
01:21Mais pourtant on a vu ces images de Gabriel Attal sur le tarmac
01:24ce n'était pas Emmanuel Macron qui a accueilli le président chinois.
01:27Pourquoi ? Le ton est donné ?
01:29Non je ne sais pas pour quelles raisons, en tout état de cause il y aura demain un dîner d'État
01:32le président de la République le recevra avec la présidente de la Commission Européenne
01:35il n'y a évidemment aucune ambiguïté
01:37et vous savez on sera au rendez-vous de ce grand défi que posent les Chinois
01:41si demain par exemple on veut poursuivre la lutte contre la transition écologique
01:45personne ne peut penser qu'on le fera sans les Chinois.
01:48La question de sécurité, la lutte contre la non-prolifération
01:51toutes ces questions-là devront être résolues évidemment en intégrant nos alliés chinois.
01:54Des tensions commerciales, des difficultés sur la révolution énergétique
01:57mais aussi bien sûr la guerre en Ukraine.
01:59Emmanuel Macron peut-il convaincre Xi Jinping de ne plus soutenir Moscou dans sa guerre en Ukraine ?
02:05En tout cas il peut le convaincre qu'un monde dans lequel la Russie déstabilise autant
02:09l'ordre international n'est pas un monde durable
02:11et il peut le convaincre que la Russie à la fin perdra beaucoup de plumes dans cette guerre
02:17conséquent que leurs alliés chinois également.
02:19Donc oui, l'ordre international, un monde fondé sur le droit et sur les valeurs
02:23c'est aussi important pour les Chinois
02:25et c'est aussi ce message que redira le Président de la République demain.
02:27On sait que Xi Jinping est le seul à parler à l'oreille de Vladimir Poutine
02:31aujourd'hui parmi les grands pays de ce monde.
02:33Emmanuel Macron lui de son côté a répété la possibilité d'envoyer des troupes en Ukraine
02:38si la Russie a été amenée à percer les frontières.
02:41Ce n'est pas d'ordre à nuire à nos relations justement avec la Chine, cette velléité du Président ?
02:45Ce qui serait d'ordre à nuire aux intérêts de la France ce serait une victoire de la Russie en Ukraine.
02:49Ça ce serait une catastrophe absolue parce que ensuite la Moldavie, la Pologne,
02:52qui sait où s'arrêterait Vladimir Poutine.
02:54Le Président de la République a eu raison de rappeler que face à un adversaire qui n'a aucune limite
02:59nous n'en avons pas non plus et nous n'en aurons pas demain.
03:01Toutes les limites qui avaient été franchies ces dernières années
03:04les Européens se l'étaient peut-être mise un petit peu de façon discrète et hontée
03:08et elles ont toutes été franchies parce que précisément les Russes n'ont aucune limite.
03:12Il n'est pas isolé Emmanuel Macron justement dans cette position
03:16on pourrait dire va-t-en-guerre face à la Russie.
03:19Parmi les Européens aujourd'hui, beaucoup s'étaient désolidarisés de ses propos
03:23de la potentialité d'envoyer des troupes.
03:25Alors c'est partiellement vrai parce que les pays d'Europe de l'Est notamment s'en sont félicités
03:29évidemment les Ukrainiens également.
03:31Mais surtout si on veut gagner cette guerre il faut s'en donner les moyens
03:34et on ne s'en donnera pas les moyens si on fait une politique des petits pas.
03:38Il faut dire à Vladimir Poutine qu'il ne nous impressionne pas
03:40et que nous n'avons comme lui aucune limite pour gagner cette guerre
03:43parce que cette guerre est absolument essentielle pour les valeurs
03:46et pour que l'ordre international demain fondé sur le droit puisse perdurer.
03:49C'est un ordre qui date de la seconde guerre mondiale
03:51et c'est ce que remet en cause Vladimir Poutine.
03:53Donc cette victoire serait un drame pour nos libertés, pour nos valeurs
03:56donc nous y mettons toute l'énergie politique pour y parvenir.
03:59Mathieu Lefebvre, vous avez découvert hier comme nous la campagne
04:02de l'affiche des Européennes pour la majorité présidentielle
04:06et il y a un invité sur cette affiche, c'est Emmanuel Macron
04:09aux côtés de Valérie Ayé, la situation est désespérée à ce point ?
04:13Non elle n'est pas du tout désespérée, vous savez Emmanuel Macron
04:16il a fait de l'Europe le cœur de sa politique depuis 2017
04:19parce qu'il sait qu'il n'y a pas de France sans Europe
04:21et pas d'Europe sans la France.
04:23Il porte notre projet depuis le début,
04:25il est évidemment le premier soutien de Valérie Ayé
04:29et c'est bien logique qu'il figure sur le programme.
04:31Mais vous savez, dans cette campagne il y a dans le fond des gens
04:34qui ont l'Europe un petit peu honteuse, des gens qui ont l'Europe peut-être
04:37l'Europe oui mais nous il n'y a pas de mais, c'est un oui franc et massif
04:40qui n'oublie pas la France mais qui sait que la France ne sera pas plus forte sans Europe.
04:43Cette campagne a du mal à décoller, on a vu les derniers sondages
04:47Valérie Ayé, crédité de 16,5% des intentions de vote
04:53est-ce que c'est le rôle du président, du premier ministre
04:57aussi de s'engager dans cette campagne aujourd'hui ?
05:00C'est le rôle de toutes les forces de la majorité
05:02que de jeter toute leur force dans cette bataille
05:04parce que ce qui se joue le 9 juin prochain
05:06c'est dans le fond un conflit de civilisation
05:09on est à la croisée des chemins dans l'Union Européenne
05:11sur la question des valeurs, sur la question des droits
05:14sur la question de l'avenir de la démocratie
05:17est-ce qu'on veut une Europe faite d'une minorité de blocage
05:19qui est celle de Jordan Bardella
05:21pour empêcher toute progression des droits dans l'Union Européenne
05:23ou bien est-ce qu'on veut une Europe fondée
05:25sur sa démocratie libérale et prospère
05:27comme le propose le président de la République ?
05:29C'est le choix qui sera à faire le 9 juin prochain
05:31et pour y répondre on a besoin de tous les talents de la majorité.
05:33Mais vous avez vu ce message envoyé par les intentions de vote
05:35puisque Jordan Bardella caracole en tête
05:3732% dans le dernier
05:39comment vous expliquez cette écrasante intention de vote
05:41pour le candidat du RN ?
05:43Parce qu'il y a une colère dans le pays
05:45il y a de l'angoisse chez les Français
05:47l'Union Européenne souffre également
05:49d'un déficit démocratique
05:51et nous ne sommes pas des Eurobéats en pensant que
05:53tout va bien en plan de l'Union Européenne
05:55mais nous disons que ceux qui s'apprêtent demain
05:57à voter Jordan Bardella mettent un bulletin
05:59contre la France et qu'ils votent contre ses intérêts
06:01parce que à la fin cette minorité de blocage
06:03à laquelle aspire Jordan Bardella
06:05elle ne fera progresser aucune des grandes causes françaises
06:07et aucun des avancées
06:09des chantiers économiques français
06:11Jordan Bardella dans le fond soit il n'a rien fait
06:13au Parlement Européen, soit il a voté contre
06:15les intérêts des Français. Nous nous proposons
06:17autour de Valérie Hayet une candidature
06:19qui est autour des valeurs d'humanisme
06:21de prospérité et de rassemblement.
06:23Une génération risque d'être absente dans les urnes
06:25ce sera le 9 juin prochain
06:27les jeunes aujourd'hui
06:29quel est le problème avec les jeunes ?
06:31Comment vous expliquez aujourd'hui qu'ils ne votent pas
06:33pour la majorité ?
06:35Ils ont envie de radicalité les jeunes
06:37ils ont envie soit d'extrême gauche
06:39soit d'extrême droite mais pas forcément
06:41d'un gouvernement en place avec ce que ça suppose
06:43de responsabilité et
06:45d'appréhension du monde tel qu'il est
06:47mais moi je crois que le vote des jeunes n'est pas perdu
06:49et la cause des jeunes n'est pas perdue
06:51parce qu'ils se mobilisent précisément
06:53pour des causes très importantes et qui dépassent
06:55l'immédiateté. Ils se mobilisent pour la question environnementale
06:57ils se mobilisent pour les droits des femmes
06:59et je leur dis que ces combats là
07:01ce sont des combats qu'on ne peut mener qu'en européen
07:03nous les avons menés depuis 2017 et nous continuerons
07:05à les mener. C'est cet avenir là
07:07que je leur donne mais encore une fois
07:09la jeunesse ne doit pas considérer que leur avenir
07:11est simplement comptable
07:13son avenir il a vocation à être radieux
07:15et prospère dans une Europe qui fonctionne mais pas dans une
07:17Europe qui est empêchée. Ces jeunes justement
07:19demain ils risquent de bloquer les lycées
07:21des soutiens aux palestiniens
07:23qui depuis plusieurs semaines bloquent
07:25les grandes facs, les grandes écoles
07:27peut-être donc demain
07:29les établissements scolaires. Vous demandez
07:31est-ce que les lycées restent en dehors du
07:33débat autour de la Palestine, autour de Gaza ?
07:35Pour moi ça n'est pas un débat
07:37c'est un blocage. Le blocage
07:39c'est le contraire du débat. Pour être débattre il faut être
07:41d'eux. C'est ce qu'ils réclament. En tout cas ils ont réclamé
07:43à Sciences Po, ils ont réclamé des débats
07:45avec la direction des établissements
07:47peut-être demain demanderont-ils des débats également
07:49dans les lycées ? Peut-être il y aura-t-il des débats et ce sera très bien
07:51mais le blocage pour moi c'est le contraire même de ce qui
07:53fait progresser les idées
07:55et ce qui fait progresser le combat
07:57démocratique. Je dis surtout à ces élèves
07:59attention, attention aux dérives
08:01attention aux dérives antisémites qu'on a pu voir
08:03à Sciences Po, attention à la critique
08:05de l'existence de l'état d'Israël en tant que tel
08:07l'antisionisme qui est souvent un paravent de l'antisémitisme
08:09je leur dis ne pas se laisser
08:11instrumentaliser et je leur dis que quand on est
08:13humaniste on est capable de dire à la fois que le 7 octobre
08:15est une barbarie absolue, qu'on doit
08:17penser chaque jour aux trois otages français qui sont encore
08:19retenus entre les mains des terroristes du Hamas
08:21et que dans le même temps, oui, ce qui se passe à Gaza
08:23est un drame humanitaire épouvantable
08:25et qu'on doit tout faire pour que cela cesse.
08:27Quel oeil vous portez sur cette mobilisation ? Vous redoutez son extension ?
08:29Moi je redoute l'instrumentalisation
08:31et j'espère que la parole publique sera
08:33à la hauteur. Vous savez la jeunesse
08:35elle est parfois attirée par des causes
08:37qui la dépassent et
08:39parfois elle a des mots qui ne sont pas ceux
08:41qu'elle aurait voulu avoir quelques années plus tard
08:43moi je dis à cette jeunesse qu'il faut être
08:45capable de dire les deux choses en même temps
08:47et évidemment ce qui se passe à Gaza est un drame
08:49épouvantable mais nous y répondons
08:51et la communauté internationale est
08:53tout entière tendue vers cela et c'est notamment
08:55l'objet de la trêve olympique qu'a proposé le président de la République.
08:57Et il ne faut pas instaurer un débat
08:59avec cette génération justement
09:01proposer un endroit
09:03un lieu puisque ce ne serait pas
09:05dans les lycées en tout cas qu'il pourrait se
09:07dérouler ? Mais pourquoi pas dans les lycées ?
09:09Pour moi l'école est le lieu premier du débat
09:11en enseignant l'histoire, en enseignant ce qui a fait
09:13l'histoire de l'état d'Israël
09:15l'histoire de la Palestine
09:17voilà le lieu parfait pour pouvoir confronter
09:19des points de vue mais certainement pas en bloquant
09:21certainement pas en empêchant certains étudiants
09:23d'avoir accès au lycée
09:25le lieu du savoir il est fait pour confronter
09:27des points de vue, il n'est pas fait pour empêcher l'autre.
09:29Mathieu Lefebvre, merci beaucoup.
09:31Merci d'être venu dans Europe un soir week-end
09:33député Renaissance du Val-de-Marne
09:35membre de la commission des finances
09:37merci d'avoir répondu à nos questions.
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