00:00 Le plus important de ton épisode ?
00:02 J'ai l'impression que l'un de mes souvenirs préférés sur le set
00:05 c'est que pendant toute la séance, j'ai toujours voulu avoir un couteau.
00:09 Parce qu'en fait, dans le script, il y a une scène où j'ai eu un couteau
00:13 et je l'ai pris et j'étais très heurté.
00:16 Et chaque jour, je me disais "Tim, mette un coup de couteau"
00:21 ou moi, comme mon personnage, avec un couteau.
00:24 Et il me dit "Je ne pensais pas que tu en aies un, tu es comme un page"
00:27 "Sommeil, tu n'aurais pas un couteau"
00:29 Et je me disais "Tim, s'il te plait"
00:30 Et ça n'a jamais arrivé.
00:32 Mais sur mon dernier jour, je vais dans mon trailer le matin
00:35 et il y a un couteau.
00:36 Oh, wow !
00:37 Et Tim m'a pris un couteau du set comme cadeau de rappe.
00:41 Oh, c'est cool, je ne savais pas que ça existait.
00:43 Oui, c'était...
00:44 C'est génial.
00:45 Donc j'ai pris mon couteau au final, ce qui était génial.
00:47 Je n'ai pas eu un couteau.
00:48 Oui, désolé.
00:50 Et le deuxième, c'est Michael, qui est une légende véritable
00:54 et un magnifique homme à travailler avec.
00:57 Je me souviens, on a terminé cette scène,
00:59 et Michael vient me voir et me fait un grand coup de main.
01:02 Et je me disais "Oh, c'est tellement mignon"
01:05 mais il pense que c'est mon dernier jour.
01:07 Il est vraiment gentil.
01:09 Et je me disais "Michael, je suis désolé,
01:12 mais je suis en fait dans une scène avec toi la semaine prochaine
01:14 parce que je n'ai pas encore rappé."
01:17 Et il me dit "Oh, je sais, je vais vraiment te manquer."
01:21 Oui, je l'ai manqué.
01:22 C'était un grand plaisir.
01:24 C'était incroyable.
01:25 En fait, c'était un émerveillement quotidien
01:29 de découvrir sa personnalité
01:33 au-delà de l'aura historique qu'il a du cinéma.
01:39 C'est-à-dire qu'en fait, il faut s'en défaire
01:41 parce qu'au début, quand on le rencontre,
01:43 on a effectivement notre imaginaire qui est en ébullition,
01:47 notre cinéphilie qui va dans tous les sens.
01:51 C'est quelque chose dont il faut se défaire sur le plateau
01:53 parce que sur le plateau, on doit être à égalité dans la création.
01:56 Donc il faut laisser quelque part son intimidation au vestiaire
02:03 et se concentrer sur l'action.
02:05 Donc c'est un exercice, mais qui était facilité par sa personnalité
02:09 qui est tellement charmante, douce, sage.
02:13 C'est quelqu'un qui est tourné vers les autres,
02:16 qui est dans la création, dans le collectif.
02:19 Et c'est en fait, c'est d'une facilité déconcertante.
02:24 C'est un partenaire, c'est un vrai partenaire de jeu.
02:27 Et on repense quelquefois à certains acteurs de chez nous
02:30 qui, quand ils doivent faire le contre-champ,
02:32 se barrent et mettent un assistant à la place.
02:36 No way avec lui. Il est là du début à la fin.
02:39 Il l'est et il donne autant dans le contre-champ
02:41 quasiment que quand il joue lui-même.
02:44 C'est une leçon et d'élégance et de professionnalisme.
02:48 C'est un homme qui a pu approuver quoi que ce soit, qui que ce soit.
02:51 Et il est en totale liberté.
02:53 Il est comme ça avec les acteurs, mais il est comme ça aussi avec tous les techniciens.
02:57 Il dit bonjour à tout le monde sur le plateau.
02:59 Ce n'est pas le cas non plus de tous les acteurs et actrices françaises.
03:03 Moi, j'avais l'impression que son calme, sa modestie me tirait vers le haut quotidiennement.
03:09 Et puis, il y a ce côté aussi que les Anglo-Saxons ont,
03:11 parce que les Anglais aussi ont ça.
03:13 C'est on fait un métier. OK, on est une star, mais on fait un métier.
03:16 On fait un travail et on fait un travail ensemble.
03:19 Ça, c'est merveilleux.
03:20 [SILENCE]
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