00:00 Bonsoir la France Inter ! Alors c'est bon, ça y est, vous êtes inscrits pour voter aux européennes ?
00:09 Un peu d'enthousiasme ! Non, je devrais dire voter aux européens, parce que là, ça y est, les femmes sont invisibilisées.
00:17 Ah, Manon Aubry a disparu, c'est Mélenchon qui a le crachoir. Valérie Hayer a disparu, c'est Macron qui a parlé pendant deux heures.
00:25 Puis déjà, Jordan Bardella, bon, il a invisibilisé Marine Le Pen. Et Raphaël Glucksmann, il a invisibilisé Léa Salabet.
00:36 Mais que dans la matinale, que dans la matinale, pour l'instant. Donc on va prendre les dossiers un par un.
00:41 Jeudi, le président Macron a parlé de l'Europe pendant deux heures. Et sur ces deux heures, il aurait pu consacrer deux petites minutes à Valérie Hayer.
00:48 Il aurait pu nous la présenter. On ne sait rien d'elle, on ne sait même pas si ça se prononce « Hayer » ou « Hayé », comme dans « Hayé, c'est fini, on a perdu ! »
00:59 En ce moment, le slogan, c'est un petit peu « Pour une Europe qui a des couilles ! ». Il n'y a qu'à voir le vocabulaire utilisé pendant la campagne.
01:06 La force de l'Europe, l'Europe-puissance, le redressement de l'Europe. On est en plein priapisme électoral.
01:14 Jeudi, le président a joué la dramaturgie, il a dit « L'Europe est mortelle ». C'est vrai, c'est vrai, l'Europe est mortelle.
01:23 En tout cas, c'est ce que disent les migrants qui traversent la Méditerranée.
01:26 Alors l'opposition souhaite que le discours de Macron soit décompté du temps de parole de la candidate Renaissance. Mais non ! Mais non, pas d'amalgame !
01:34 Dans son discours, le président a parlé d'Europe. Ça n'a rien à voir avec les Européennes, enfin ! Encore une fois, vous manquez de nuances, je trouve, dans cette salle.
01:43 Ensuite, chez LFI, si je vous demande qui est tête de liste aujourd'hui, vous allez me dire Mélenchon, parce qu'on n'entend plus que lui.
01:49 Eh non, c'est Manon Aubry. Alors, ouais, j'exagère un tout petit peu, c'est-à-dire que ces derniers temps, elle apparaît sur plusieurs photos derrière Mélenchon.
01:56 Et derrière Manuel Bompard. Et Adrien Quatennens. Donc faites comme tout le monde, prenez une loupe et vous verrez qu'elle est derrière.
02:02 Chez Jordan Bardella, là, vous, attention, ça c'est particulier, parce que lui, il se débrouille pour s'invisibiliser lui-même au Parlement européen,
02:11 pendant les débats et les questions des journalistes, pendant sa propre conférence de presse.
02:17 Alors, même à gauche, les femmes sont invisibilisées. Après, c'est pas nouveau, ça avait commencé il y a déjà plusieurs années, quand on a perdu de vue les électrices du PS.
02:25 Et chez les écologistes, me direz-vous, alors la tête de liste, c'est ? Marie Toussaint. Il y a beaucoup d'enthousiasme, pardon.
02:33 C'est bête, parce que même si Yannick Jadot s'était mis devant, comme il est transparent, on aurait vu au travers.
02:40 Chez LR, il n'y a même pas besoin d'un homme pour invisibiliser les femmes. Et puis au PC, ils s'embêtent pas, les européennes, c'est comme un barbecue géant.
02:48 Et enfin, chez LR, ils ont choisi un homme, parce qu'à la présidentielle, ils avaient donné la visibilité à une femme, et résultat, c'est elle qui a invisibilisé les électeurs.
02:59 Voilà, allez, conclusion, haut les cœurs, on peut s'attendre à tout avec l'Europe. Je veux dire, il y a bien un socialiste qui a plus de 10% dans les sondages. Tout peut arriver !
03:09 (Applaudissements)
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