00:00 Sarah Knafo, revenons à la situation politique et aux européennes.
00:02 Vous êtes en queue de peloton dans les sondages,
00:04 évidemment très loin derrière Jordan Bardella,
00:06 la tête de liste du RN qui s'est annotée,
00:08 réussie à séduire des catégories qui lui étaient inaccessibles auparavant,
00:11 les cadres, les retraités.
00:14 Franchement, à quoi vous servez dans cette campagne ?
00:17 - On sert à dire la vérité. - Parce qu'eux ne la disent pas ?
00:19 On sert à dire la vérité que personne d'autre ne dit.
00:22 Et pour vous répondre sur le fond sur cette question,
00:24 moi, à plusieurs reprises, je me suis demandé,
00:26 finalement, est-ce qu'il ne vaut pas mieux arrêter ?
00:28 Est-ce qu'il ne vaut pas mieux laisser aux professionnels de la politique,
00:32 aux candidats de routine,
00:34 aux candidats qui ne pensent qu'à travers les sondages,
00:36 est-ce qu'il ne vaut pas mieux les laisser se débrouiller ?
00:38 - Juste pour qu'il y ait de la transparence,
00:39 là, vous visez le Rassemblement national et Jordan Bardella.
00:41 - Je vise tous les partis.
00:43 Si je vise Jordan Bardella, je dis Jordan Bardella.
00:45 Là, je vise tous les partis politiques.
00:46 Et donc, à plusieurs reprises, effectivement,
00:49 quand il y a eu des moments durs, des déceptions électorales,
00:51 je me suis dit, mais finalement,
00:53 est-ce qu'on ne les laisserait pas se débrouiller ?
00:56 Et à chaque fois, je me suis dit, mais si nous disparaissons,
00:58 qui dira les vérités que nous disons ?
01:01 Donc, ce que je crois aujourd'hui,
01:02 c'est que ce qui se joue dans notre score,
01:04 ce n'est pas la survie d'un parti, c'est la survie de la vérité.
01:07 La survie de la vérité, laissons-en finir.
01:09 - À quel moment vous considérez que vous avez le monopole de la vérité ?
01:13 C'est-à-dire, très concrètement,
01:14 franchement, quand j'écoute le Rassemblement national,
01:17 il y a bien sûr des nuances entre vous,
01:18 mais je ne vois pas d'un côté un parti qui, comme vous le dites,
01:24 se plierait au politiquement correct,
01:26 et de l'autre, vous qui diriez la vérité.
01:28 - Alors, je vais vous donner des exemples.
01:30 - Alors, allez-y. - Très bien.
01:31 En 2012, certains sondages disent que les Français
01:34 ont peur du nucléaire après Fukushima.
01:36 Marine Le Pen se prononce contre le nucléaire.
01:37 Aujourd'hui, elle est pour parce que les Français ont compris
01:39 à quel point le nucléaire faisait baisser leur facture d'électricité
01:42 et à quel point c'était une énergie verte.
01:44 En 2004, Marine Le Pen est contre la loi sur l'interdiction du vol à l'école,
01:48 loi qu'elle qualifie de démagogique.
01:50 Aujourd'hui, elle est pour parce que les Français sont pour.
01:52 Je pourrais continuer comme ça très longtemps.
01:53 En 2012, Marine Le Pen dit que le grand remplacement
01:56 est quelque chose qui lui fait peur.
01:57 Aujourd'hui, elle dit que c'est une théorie complotiste d'extrême droite.
02:00 Là, je pense que vous avez trois exemples qui vont...
02:02 - Sarah Cnafaut, toutes ces dates, votre tête de liste,
02:05 Marion Maréchal, était adhérente du Front national,
02:08 Rassemblement national, à l'époque, visiblement...
02:10 - En 2004, elle était mineure, s'il vous plaît.
02:11 Mais Marion Maréchal, vous, justement, vous en parlez...
02:13 - Elle n'était pas en soutien politique,
02:14 donc ça ne lui posait pas de problème, à l'époque.
02:16 - Ça ne lui posait pas de problème, mais vous ne vous souvenez pas
02:18 de tous les articles qui faisaient justement état de dissension
02:20 au sein du Rassemblement national entre Marion et sa tante ?
02:23 Vous vous en souvenez comme moi ?
02:24 - Oui, sur quelques sujets de société,
02:25 parce qu'il n'a pas empêché d'être au Front national...
02:27 - De quitter le Rassemblement national.
02:29 - Oui, jusqu'en 2017.
02:30 Et effectivement, après, elle l'a quitté pour votre parti.
02:31 - Voilà, qu'elle a quitté pour notre parti, justement.
02:32 Donc, vous avez votre réponse.
02:34 Moi, je vous dis, qu'est-ce que ça implique, ce que je viens de vous dire ?
02:36 Ce n'est pas "vous avez le monopole de la vérité", etc.
02:39 C'est que, nous, notre philosophie politique,
02:41 c'est de toujours dire ce qu'on croit être bien pour les Français.
02:44 Et pas seulement ce qu'on pense être l'humeur du jour,
02:46 le résultat d'un sondage.
02:48 - Pourquoi ça ne marche pas, alors ?
02:49 - Les trois exemples que je vous ai donnés, parce que ça prend du temps,
02:51 on a pris un chemin qui, à mon sens, demande un peu plus de temps
02:55 et je crois, un peu plus de courage.
02:57 Mais je suis convaincue qu'à terme, ça portera ses fruits,
03:00 parce que c'est ce qu'il faut pour la France.
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