00:00Écoutez, le débat qui vient d'être tenu montre combien les choses sont passionnées.
00:04Je voudrais essayer de mettre un petit peu d'ordre dans tout cela en mettant en avant trois points.
00:11Le premier, sans doute le plus important pour l'avenir, pour l'avenir des contrôleurs, pour l'avenir de notre pays, son plan économique,
00:18c'est que le système de transport aérien, de contrôle aérien en France est en retard techniquement,
00:24qu'il a pris du retard sur la plupart des autres pays européens et on appelle ça « for flight », il faut le mettre à niveau.
00:32Donc c'est le premier sujet parce que dans cette mise à niveau, on va effectivement grâce à la technologie améliorer la productivité,
00:41la façon de gérer la croissance du transport aérien, on va aussi améliorer la sécurité des vols et c'est important.
00:47On va diminuer, soyons clairs, le pouvoir des blocages qu'ont les contrôleurs aériens en faisant grève,
00:54parce que quand on maille le territoire de différents centres de contrôle,
00:58on peut basculer le contrôle aérien de la ville de Toulouse en Allemagne ou le faire faire par la Belgique.
01:03Évidemment, il y a des oppositions très fortes à ça, oppositions devant lesquelles les gouvernements précédents ont été extrêmement faibles.
01:11Il y a un deuxième sujet qui a été abordé, c'est effectivement comment on gère les personnels.
01:16Ils sont compétents, ils sont engagés, ils sont motivés.
01:20Il y a le problème de leur durée de travail.
01:22Tout ce qu'on peut relever, c'est la façon, là aussi, dont l'État, à travers la Direction générale de l'aviation civile, gère ses personnels.
01:32Il ne les gère pas bien, soyons clairs.
01:34Il les gère à coups de décisions, de blocages ou de déblocages.
01:39L'exemple que vous citez, à savoir qu'après 12 heures de négociation, on ne sache même pas ce qui a été accordé,
01:46et bien le fait que personne n'est très fier de tout ça, finalement.
01:49On ne va pas améliorer les choses.
01:51On va probablement continuer à faire ce qu'il ne faut pas faire.
01:56On va sans doute bénéficier, à la fin, de la modernisation nécessaire.
02:02Le digital, ça existe.
02:04L'informatique, ça existe.
02:05L'intercommunication entre les systèmes de contrôle aérien européen est nécessaire, incontournable.
02:11Les prises d'otages ne sont pas justifiées.
02:14– Là, vous parlez d'une prise d'otages ?
02:16Pour vous, c'est une prise d'otages des clients, des passagers ?
02:20– Oui, parce que quand vous avez un tel pouvoir, malgré d'ailleurs des dispositions sur le service minimum,
02:27sur la loi d'IAR qui ne s'applique pas tout à fait encore aux contrôleurs aériens,
02:32vous bloquez des clients, c'est très important, avec pas de possibilité de report,
02:37vu les chiffres que vous avez cités.
02:39Vous bloquez des compagnies aériennes qui ne sont pas forcément toutes en très bonne santé
02:44et vous bloquez l'économie française.
02:46L'économie française, en ce moment, elle n'a pas besoin d'être bloquée.
02:49Elle a besoin d'être dynamique, elle a besoin d'assurer son avenir.
02:53Et je dis d'ailleurs aux contrôleurs aériens, ne poussez pas le bouchon trop loin,
02:57parce que qu'est-ce qui va se passer finalement sur ce projet dans 5 ou 10 ans ?
03:01Plus ils chercheront à être opposés à ce système de modernisation,
03:05plus ils deviendront exigeants en matière de rémunération,
03:09plus on développera la technologie pour, bien sûr, continuer à avoir des contrôleurs aériens,
03:14mais avec de moins en moins de fonctions et avec de moins en moins de personnel.
03:18Donc ça, c'est quelque chose qu'il faut comprendre.
03:20Les syndicats ont aussi la responsabilité de motiver les jeunes,
03:23de les attirer vers ces métiers.
03:25C'est un métier de passion, c'est un métier d'engagement.
03:28Soyons tous responsables, regardons l'avenir et arrêtons de passer notre temps
03:31à regarder ce qui se passait il y a quelques années,
03:34parce que ce passé n'est pas très brillant.
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