00:00 Je suis Julien Méresse, je suis show director.
00:02 On est actuellement au Théâtre du Châtelet à Paris
00:05 et c'est la deuxième édition de la cérémonie des Flammes.
00:07 On est à quelques jours du direct.
00:10 On est en train de se préparer et j'espère qu'on sera prêts.
00:13 En tout cas, on va tout faire pour l'être.
00:29 Un scénographe a pour fonction de créer la scénographie d'un spectacle.
00:34 La scénographie, c'est l'univers visuel.
00:36 Un metteur en scène va avoir pour fonction de donner vie au spectacle dans cet univers visuel.
00:44 Quand on réunit tout ça, on peut récupérer un profil un peu comme le mien,
00:47 qui s'appelle show director, qui fait la scénographie et la mise en scène,
00:54 avec un regard un peu global de directeur artistique.
00:58 Combien de bouteilles à la mer la vie m'a fait jeter ?
01:01 Mais combien de feelings, combien de fois je me suis refait ?
01:05 Dans la scénographie, on va avoir différents moyens d'expression,
01:08 que ce soit visuel ou à travers la vidéo.
01:10 Donc, quels sont les contenus vidéo, comment on les crée ?
01:13 Ça va être la lumière, ça va être les effets spéciaux, ça va être la création des décors.
01:19 Le metteur en scène, lui, va intervenir pour donner du liant à tout ça
01:25 et suivre une narration, et donc il va aussi travailler l'humain,
01:30 que ce soit les chanteurs, mais aussi les danseurs, les acteurs, les performeurs.
01:34 Les qualités pour être un bon show director ?
01:44 Une patience folle, folle, folle, folle.
01:46 Capacité d'écoute folle et d'observation.
01:50 Je pense, une immense empathie pour l'artiste.
01:54 Quand il a mal au ventre sur scène, il faut qu'on ait mal au ventre sur scène,
01:57 c'est pas plus compliqué que ça, c'est notre force.
02:01 Il faut le vivre à travers lui, pour lui, en même temps que lui,
02:05 pour faire en sorte qu'il soit pas seul dans son art.
02:09 On est tout le temps connectés, donc pendant le show,
02:13 je suis un peu leur Jiminy Cricket, je suis sur leur épaule,
02:17 et je viens leur murmurer un maximum d'indications,
02:20 de manière à ce qu'eux n'aient que à se concentrer sur la musique et le plaisir d'être là.
02:25 Et en fait, toute la partie direction, c'est mon job.
02:29 C'est de leur donner un regard extérieur,
02:38 qui leur permet d'être en permanence dans une forme de sécurité,
02:43 et du coup de plaisir d'être sur scène,
02:45 parce qu'ils n'ont absolument aucune inquiétude à se faire sur ce qui va se passer autour d'eux.
02:49 La troisième qualité, il faut se battre tout le temps,
02:52 puisque forcément, les interlocuteurs d'un côté, ça va être la production,
02:57 donc on va créer des dépenses.
03:00 De l'autre côté, ça va être des techniciens,
03:02 donc il va falloir être capable de se faire entendre,
03:06 et de les motiver, de les fédérer, pour que les idées prennent vie.
03:11 Et enfin, l'artiste, à qui il faut être capable de proposer des choses,
03:17 de l'emmener avec nous,
03:20 par moment aussi, d'être capable de s'opposer à des idées.
03:25 Et à l'inverse, il faut aussi se remettre en question,
03:29 et être capable de les écouter,
03:32 et de se dire "en fait, il a complètement raison,
03:35 et tout ce que j'ai fait, il faut le jeter, il faut recommencer".
03:37 [Musique]
03:48 J'ai eu la chance de travailler sur une cérémonie
03:51 qui réunit une très grande partie des artistes avec qui je travaille.
03:55 Donc c'est tout naturellement, je pense que du côté des Flammes,
03:59 il y a eu cette envie de s'adjoindre à une personne comme moi,
04:04 et pour moi, c'est vraiment une évidence de travailler sur les Flammes.
04:08 Les Flammes, c'est enfin cette cérémonie qu'on attendait en France,
04:13 qui se consacre uniquement, exclusivement,
04:17 à toutes les formes d'art de la culture urbaine.
04:21 L'idée des Flammes, c'est d'enfin créer un rendez-vous
04:25 pour tous les acteurs de cette grande famille de la culture urbaine,
04:30 et de les mettre en valeur à travers différents prix,
04:34 et surtout en investissant un lieu comme Théâtre du Châtelet,
04:38 qui est un lieu iconique dans la culture française,
04:41 et aujourd'hui l'urbain est un acteur de la culture française.
04:46 Donc c'était aussi normal de les réunir le temps d'une grande cérémonie.
04:50 [Musique]
04:58 Moi, sur scène, je n'ai rien à y faire,
05:01 parce que je ne sais pas chanter, je ne sais pas danser.
05:04 Donc ma place, elle est naturellement derrière, au-dessus, devant, en dessous de cette scène,
05:10 pour créer des spectacles.
05:12 Je suis parfaitement à ma place, j'ai aucune envie d'être à la leur,
05:17 et en plus, j'ai la chance immense de pouvoir me promener en ville,
05:20 sans être embêté, de faire à peu près ce que je veux,
05:23 mais de vivre à peu près les mêmes choses qu'eux.
05:25 C'est génial.
05:26 Je ne pense pas qu'on fera ça toute notre vie.
05:28 Je pense qu'on est des grands chanceux d'être là ce soir.
05:31 Je pense qu'il y a des gens qui sont venus ici pour kiffer comme pas possible.
05:36 Donc, acclamez-moi !
05:38 [Applaudissements]
05:40 [Musique]
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