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Mercredi 17 avril, Fatima Saidi, une influenceuse marocaine qui vit à Madrid, visite Paris avec une amie. Les deux jeunes femmes qui portent le voile, s’arrêtent quelques instants pour vérifier une adresse sur leur téléphone quand un joggeur qui passait par là leur crache dessus.

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Transcription
00:00 Il m'a coupé.
00:01 À ce moment-là, j'étais très en colère,
00:02 j'étais très flippante,
00:04 j'étais très humiliée, très choquée
00:07 parce que je ne suis pas habituée à ce genre de comportement.
00:09 Mercredi 17 avril, Fatima Saidi,
00:11 une influenceuse marocaine qui vit à Madrid,
00:13 visite Paris avec une amie à elle.
00:15 Selon elle, elle s'arrête quelques secondes
00:18 pour vérifier une adresse sur leur téléphone,
00:20 quand un jogger qui passait par là leur crache dessus en passant.
00:23 Un homme qui courait, courait,
00:25 et il m'a coupé.
00:27 Au début, je ne comprends pas,
00:29 j'étais en déception.
00:31 Mon ami m'a dit que c'était normal,
00:33 qu'il était habitué à ce genre de choses.
00:35 Qu'est-ce que tu veux dire par "c'est normal" ?
00:36 Ce n'est pas ça.
00:37 Il m'a coupé.
00:38 J'ai essayé de lui parler,
00:42 mais il ne s'y attendait pas et il est parti.
00:44 C'est à ce moment-là que Fatima prend son téléphone,
00:47 filme au cas où il se passerait quelque chose,
00:49 et essaie de le rattraper.
00:51 Je lui ai demandé de le faire encore.
00:52 "Tu peux le faire ?"
00:54 Je lui ai pointé la caméra comme ça.
00:56 Et il m'a coupé sur la caméra.
01:00 "Tu peux le faire encore ?"
01:02 "Ne me fous pas la tête."
01:07 "Tu es dégueulasse."
01:11 Je sais que ce n'est pas un erreur,
01:13 c'est parce qu'il m'a coupé d'abord.
01:15 Et il a continué à courir.
01:18 Le plus surprenant, c'est qu'il était très indifférent.
01:21 Il l'a fait, comme si il l'avait fait tant de fois,
01:24 et qu'il ne s'en souciait pas.
01:26 Pour Fatima, cette agression a eu lieu pour notamment deux raisons.
01:29 Elle et son amie sont deux femmes musulmanes.
01:32 J'ai le même âge que son grand-enfant.
01:33 Il m'a vue parce que je me portais comme ça.
01:36 Je ne pense pas que c'est juste du racisme ou de l'islamophobie.
01:40 C'est aussi de la misogynie.
01:41 Il ne ferait pas ça à un homme.
01:43 Il sait que nous sommes des filles,
01:45 deux filles innocentes et inpuissantes
01:47 qui ne lui feront rien.
01:49 Il court.
01:50 Est-ce que la fille va courir après moi ?
01:52 Non.
01:52 Et ça me sentait très...
01:54 Je ne sais pas, ça me sentait très mal.
01:56 Je me sens inquiète pour d'autres filles
01:59 qui sont visiblement musulmanes comme moi.
02:01 Dans mon cas, je suis très heureuse
02:02 parce que j'ai une plateforme.
02:04 J'avais une voix sur les réseaux sociaux,
02:05 mais je connais beaucoup de filles qui ont cela sur un quotidien.
02:08 Elles n'ont personne pour parler pour elles.
02:11 Elles n'ont personne pour s'en occuper.
02:12 Immédiatement après l'agression,
02:14 Fatima et son amie sont allées porter plainte.
02:16 Je ne souhaite pas qu'il soit mal.
02:18 Je veux qu'il soit éduqué et qu'il sache
02:21 qu'il y a une personne derrière toute apparence physique.
02:25 Et on est tous les mêmes à la fin du jour.
02:27 Vendredi 19 avril, le premier adjoint à la mairie de Paris,
02:29 Emmanuel Grégoire, a condamné cette agression
02:32 qui, selon lui, va à l'encontre de l'esprit de tolérance
02:35 et d'ouverture qui caractérise Paris.
02:37 [SILENCE]
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