00:00 Karine Barbier, vous dénoncez un urbanisme à la parcelle sur l'Avenue de l'Europe
00:03 et vous réclamez la création d'une ZAC, d'une zone d'aménagement ou d'un périmètre d'attente.
00:08 Est-ce que c'est la meilleure façon de réguler l'appétit des promoteurs
00:11 et de reprendre le contrôle de la politique d'urbanisation ?
00:15 Tout à fait, l'Avenue de l'Europe jusqu'à présent a été complètement laissée à l'appétit des promoteurs.
00:22 En fait, les propriétaires ont toujours pu vendre parcelle par parcelle leur terrain
00:27 et pour avoir des bénéfices maximums.
00:30 Il n'y a jamais eu de politique d'urbanisme à Castelnau
00:33 ni de projet urbain sur cette avenue avec l'arrivée du tram.
00:37 Donc le résultat aujourd'hui, c'est que cette avenue est extrêmement dense
00:41 avec, on peut dire, des immeubles qui sont de qualité médiocre,
00:48 une avenue défigurée qui n'a pas d'âme, où il est très difficile de circuler
00:52 qu'on soit en vélo ou en fauteuil ou à pied.
00:56 On a une avenue qui est congestionnée en permanence,
00:59 y compris les services de secours parfois ne peuvent pas circuler
01:01 parce qu'il y a un camion qui est bloqué, etc.
01:04 Et donc aujourd'hui, nous ce qu'on demande, c'est que vraiment,
01:07 il y ait un gel de l'urbanisation de toute cette avenue.
01:11 Il y a déjà eu plus de 1 000 logements qui ont été construits
01:15 et le maire nous propose d'autoriser la construction de 1 500 logements supplémentaires
01:19 avec des tours de 9 étages.
01:21 Pour nous, c'est totalement inadmissible.
01:24 Et la seule manière aujourd'hui de reprendre la main sur cette avenue,
01:29 c'est vraiment de gélir cette urbanisation par un périmètre d'attente
01:33 pour un projet d'aménagement global, ça s'appelle un PAPAG,
01:36 qu'on peut demander dans le cadre de l'enquête publique qui est en cours.
01:39 Et ensuite, dans le cadre du PLUI, qui va intervenir à peu près l'année prochaine,
01:44 il est possible de créer une zone d'aménagement concertée.
01:47 Cette zone d'aménagement concertée permet à la puissance publique
01:50 d'organiser vraiment, réserver des espaces pour des équipements publics,
01:54 puisque la population est en croissance, donc il y a vraiment besoin
01:57 d'avoir des lieux de culture, des lieux de sport, des lieux d'éducation, etc.
02:01 des espaces verts et des espaces de jeux pour les enfants de tout âge.
02:05 Et donc, c'est vraiment la manière de pouvoir redonner une nouvelle vie à cette avenue,
02:10 de pouvoir créer peut-être une place publique, des espaces de rencontres,
02:15 des espaces où les gens soient bien, en fait, éventuellement des commerces, etc.
02:19 Et donc, ça, la seule manière, effectivement, c'est aujourd'hui d'avoir un périmètre d'attente
02:23 dans le cadre de l'enquête publique, puis dans le PLUI, une zone d'aménagement concertée.
02:28 Alors, il y a un autre problème aussi sur cette modification du PLUI,
02:31 sur cette avenue de l'Europe, et vous allez nous en parler, c'est le PPRI.
02:36 Alors, expliquez-nous ce que c'est que le PPRI,
02:38 expliquez-nous en quoi il est problématique aujourd'hui par rapport à une temporalité
02:43 qui doit être la date de fin de l'enquête publique.
02:47 Oui, alors le plan de prévention des risques d'inondation est assez ancien à Castelnau,
02:51 c'est du ressort de la préfecture, de l'État, en fait, et donc il est en cours de révision.
02:56 Cette révision va probablement prendre encore un certain temps,
03:00 mais on devrait avoir, d'ici l'été, un porté à connaissance qui définit vraiment les zones
03:06 à risque d'inondation élevée.
03:07 On a déjà des cartes qui ont été présentées au maire de Castelnau et au maire de Montpellier,
03:13 qui donnent une partie très importante de la ville, en fait,
03:18 qui est soumise à des inondations très fortes.
03:21 On sait que le réchauffement climatique est là,
03:23 on sait que les pluies torrentielles vont être de plus en plus importantes à l'avenir,
03:26 à chaque épisode sévénol.
03:28 Il y a donc des zones dans le bas de la ville qui sont à risque d'avoir des inondations
03:32 de plus d'un mètre de haut, donc c'est extrêmement important.
03:35 Et donc la préfecture a indiqué à monsieur le maire que sur toutes ces zones,
03:38 en fait, il fallait réduire de manière très importante les autorisations à construire,
03:42 que certaines ne pouvaient plus être constructibles en réalité.
03:46 Et donc ce qu'on découvre, c'est que malgré ces informations qui sont données par la préfecture,
03:52 eh bien la modification du PLU n'en tient aucun compte.
03:54 Et il y a eu un arrêté d'ouverture de cette enquête publique fin février,
03:58 donc un mois plus tard, pour concerter la population sur un projet qui est de fait obsolète
04:05 et qu'il faudrait remettre en cause.
04:07 Nous, on ne comprend pas pourquoi le maire, au mois de février, n'a pas dit
04:10 "puisqu'il y a un tel risque d'inondation, pourquoi cette enquête publique a eu lieu ?
04:14 Pourquoi la modification du PLU n'est pas stoppée ?
04:17 Et pourquoi on ne remet pas à plat toutes ces choses-là ?"
04:21 Alors, Karine Barbier, vous alertez aussi sur quelque chose,
04:24 sur la nécessaire protection des nappes d'eau souterraine, des nappes phréatiques.
04:30 Est-ce que ça veut dire que sur certaines zones, Castelnau est une ville shadoc
04:35 qui pompe l'eau brute pour la rejeter dans le réseau d'assainissement ?
04:39 Oui, malheureusement, c'est le cas.
04:41 En fait, sur tout le territoire de Castelnau, il y a une nappe phréatique affleurante,
04:45 comme on dit, c'est-à-dire à 10 mètres, 15 mètres en profondeur.
04:49 Et cette nappe phréatique, en fait, du coup, accumule l'eau.
04:54 En fait, à chaque fois qu'il y a des pluies importantes, elle absorbe cette eau.
04:58 Et si les pluies sont très importantes, en fait, il y a ce qu'on appelle une remontée de nappes.
05:01 Donc, en fait, il y a des infiltrations, notamment dans les parkings souterrains d'immeubles.
05:06 Et surtout, à chaque fois qu'il y a des constructions, notamment en Avenue de l'Europe
05:10 ou dans tout ce secteur du bas de la ville,
05:12 eh bien, on voit, en fait, des pompages systématiques au moment de la construction.
05:18 Et donc, cette eau brute est rejetée dans le réseau des eaux pluviales
05:22 et donc rejetée ensuite dans le lest directement,
05:24 plutôt que de la laisser s'infiltrer et de recharger la nappe phréatique.
05:28 Et bien sûr, c'est le cas aussi quand il y a des fortes pluies,
05:31 puisque on sait très bien qu'il y a beaucoup d'immeubles, Avenue de l'Europe,
05:33 où les eaux, notamment rue des Perrières, où les parkings sont inondés directement à cause des pluies.
05:39 Et donc, y compris les habitants sont obligés de sortir leur voiture la veille de pluies annoncées
05:46 pour être sûr de pouvoir sortir le lendemain matin ou récupérer leur voiture.
05:50 Donc là, c'est extrêmement important, cette question-là,
05:53 puisque c'est quelque chose qui, dans la loi cadre sur l'eau.
05:58 Aujourd'hui, la réglementation impose de préserver les eaux souterraines,
06:01 de préserver ces nappes, de favoriser leur recharge.
06:04 Et on sait que dans les Roses, il y a un vrai problème aujourd'hui
06:06 de recharge des nappes phréatiques et des nappes souterraines en général.
06:10 Et donc, c'est un enjeu tout à fait important.
06:12 Et dans le PLUI, il est indiqué qu'on doit justement limiter l'imperméabilisation des sols.
06:21 C'est dans les objectifs du PLUI, limiter l'imperméabilisation des sols,
06:25 préserver les nappes d'eau souterraines, etc., comme la loi l'impose.
06:30 Et à Castelnau, ce n'est pas fait.
06:32 [Musique]
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