00:00 Oui, effectivement, la journaliste de Paris Match a remonté un peu le fil des petits cailloux que j'avais pu semer dans mon livre.
00:12 Et effectivement, quand elle m'a contactée en me demandant de confirmer, oui, j'ai confirmé.
00:18 Parce que vous racontiez aussi, il y a plusieurs scènes qui sont racontées dans ce livre, notamment un jour, une interne est de dos,
00:24 il la saisit par le cou et frotte son bas-ventre contre elle, il dit "Hm, te mets pas comme ça, c'est trop tentant, putain, ce qui fait chaud".
00:31 Ce que vous décrivez à ce moment-là, c'est une agression sexuelle devant tout le monde, on a l'impression que ça choque personne.
00:37 En fait, il faut se remettre dans le contexte, 2003, c'était une époque où on ne parlait pas du tout de ce que l'on appelle maintenant des agressions sexuelles,
00:45 ça passait plutôt pour la grivoiserie, des mains baladeuses, une situation qui était très commune à l'hôpital,
00:52 qui d'ailleurs dans certains hôpitaux persiste, dans certains contextes persiste encore maintenant,
00:57 et c'est vrai que ça a mis beaucoup de temps pour mettre des mots, et pour vraiment appeler ce type de comportement des agressions sexuelles.
01:04 À l'époque, évidemment, on n'en parlait pas, et c'était quelque chose qui était un peu considéré avec une certaine normalité dans le milieu hospitalier.
01:13 Et maintenant, on le regarde différemment, il y a aussi ce que vous avez subi, vous parlez de harcèlement,
01:18 vous décrivez des coups de fil répétés tard le soir venant de Patrick Peloux, il s'agissait de quoi ?
01:24 On va dire de dragues très lourdes, de quelqu'un qui met du temps à comprendre que quand c'est non, c'est non.
01:35 Probablement que la situation maintenant serait différente, là aussi, dans le contexte hospitalier de l'époque,
01:42 ce type d'attitude, c'était vraiment une espèce de domination masculine qui s'exprimait beaucoup dans le contexte hospitalier par la sexualité,
01:55 et qui même à l'époque était intolérable, mais difficilement exprimable par les femmes qui la subissaient.
Commentaires