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  • il y a 2 ans
Un Lyonnais a raconté la violente agression dont il a été victime dimanche au petit matin. SOS Homophobie et la Ville de Lyon lui ont apporté son soutien.

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Transcription
00:00 Je me suis dit "mais bien sûr que c'est homophobe"
00:02 et moi je voulais pas reconnaître ça parce que ça me faisait chier.
00:06 Et ma mère, même elle, elle me regardait, elle pleurait, elle m'a dit
00:10 "ben oui Quentin, bien sûr, tu crois quoi ?"
00:12 Et je comprends pas pourquoi, quand on est une victime,
00:15 en face en fait, on a des gens qui nous disent
00:18 "ben, mais vous étiez bourrés, mais il y a eu des injures homophobes."
00:21 Dans la nuit du 6 au 7 avril,
00:23 Quentin a été victime d'une agression sur ce pont,
00:25 à la sortie de la péniche Sonic,
00:27 un bar et salle de concert LGBT à Lyon.
00:29 J'ai rencontré un garçon là-bas,
00:31 on est partis de la soirée quand elle a terminé à 4h30,
00:33 on batifolait, on va dire, sur la route,
00:36 et on n'a pas compris, en fait, il y a un mec qui nous a bondi dessus,
00:39 ça faisait vraiment une espèce de guet-apens en fait,
00:41 il nous attendait au bout du pont,
00:42 il a défoncé le crâne de Valentin, il s'est retourné,
00:46 il m'a défoncé le crâne moi aussi,
00:47 il a tapé jusqu'à ce que je bouge plus,
00:49 il a tapé que la crâne, que la tête,
00:51 jusqu'à ce que je sois inconscient.
00:52 Après avoir repris ses esprits,
00:54 Quentin s'est rendu compte que son portable lui avait été volé
00:56 et a contacté les secours avec le téléphone de son ami blessé.
00:59 Je suis arrivé aux urgences et on m'a fait un premier examen
01:02 et là j'ai perdu connaissance,
01:03 je me suis réveillé dans un lit avec toutes les machines et tous les trucs,
01:06 je suis resté 6-7 heures.
01:07 Après sa sortie de l'hôpital,
01:09 Quentin se rend au commissariat pour porter plainte,
01:11 l'ami qu'il a rencontré lors de cette soirée
01:13 ira porter plainte également de son côté.
01:15 Sur le moment, je n'ai pas mentionné que c'était un LULGBT,
01:17 mon pote qui était avec moi quand j'ai fait la déposition de la plainte,
01:20 qui a dit "c'est encore une agression homophobe",
01:22 et moi sur le moment, étant donné que j'étais encore en état de choc,
01:25 j'ai dit "bah non, ça doit être un fou".
01:27 Il m'a dit "oui oui, c'est un fou, c'est un fou".
01:28 En fait, avec le recul, j'aurais aimé qu'il me dise
01:31 "vous êtes quelqu'un de la communauté LGBT,
01:33 vous sortez d'un endroit LGBT,
01:35 est-ce qu'il y avait des signes qui pouvaient montrer
01:39 votre orientation sexuelle ?"
01:40 Et sur le moment, je me rappelais par contre que j'avais embrassé Valentin
01:45 et qu'on s'était fait des bisous juste avant.
01:46 Et moi j'avais aussi, de mon côté bien indiqué,
01:49 une adresse, parce que mon téléphone a été localisé
01:52 dix minutes après l'agression.
01:53 On avait toutes les données pour vite retrouver l'agresseur.
01:57 Ils nous ont dit que c'était pas possible de se rendre à cette adresse,
02:00 quand Valentin m'a dit qu'il pouvait pas l'identifier,
02:03 je lui ai dit "mais pourquoi, tu leur as bien expliqué
02:06 ce que tu avais vu de l'agresseur".
02:07 Il me dit "oui oui, mais bon, j'ai même dit que c'était homophobe et prémédité,
02:11 ils ont pas voulu noter".
02:12 Selon Lion Mag, les forces de l'ordre auraient affirmé
02:15 qu'aucune insulte ni comportement homophobe
02:17 n'aurait été mentionnée par les victimes au moment de leur plainte.
02:19 En attendant, le procureur de la République de Lyon
02:22 a ouvert une enquête pour vol avec violence.
02:24 Il m'écrivait par SMS "laisse tomber, on doit vivre avec la peur
02:27 de le rencontrer à nouveau ce mec".
02:29 Et ça m'a sorti de mon état de choc.
02:30 On peut pas être fataliste comme ça,
02:31 on peut pas laisser passer les choses comme ça,
02:33 c'est hors de question avec toutes les informations qu'on a.
02:36 Et là je me suis dit "mais bien sûr que c'est homophobe".
02:40 Et moi je voulais pas reconnaître ça, parce que ça me faisait chier.
02:44 Et je comprends pas pourquoi, quand on est une victime,
02:48 et qu'on se présente, et que déjà c'est difficile de dire les choses,
02:52 en face en fait, on a des gens qui nous disent "mais vous étiez bourrés".
02:56 Depuis son agression, Quentin est arrêté
02:58 et suivi par l'association Stop Homophobie,
03:00 ainsi que par un psy de l'association France Victime.
03:03 Valentin, lui, est toujours en état de choc et a eu plusieurs points de suture.
03:06 J'ai quelqu'un qui m'a dit "à deux, on cumulait avec mon copain
03:09 douze agressions, toutes classées sans suite".
03:11 Je reste persuadé que si on était pris correctement
03:14 dès le début, au sérieux, si la police était mieux formée,
03:17 si elle comprenait mieux les choses, si elle nous posait aussi les bonnes questions,
03:20 et s'il y avait moins de défiance, et si elles étaient moins sous-effectives aussi,
03:24 évidemment, ça se passerait différemment.
03:27 Et ce mec, en fait, il aurait peut-être même déjà été attrapé
03:29 et je serais pas en train de vous parler, en fait.
03:31 Je suis pas du genre, en plus, à embrasser mon copain dans la rue
03:33 parce que j'ai peur.
03:36 Là, je l'ai fait.
03:38 Et je vois ce qui s'est passé, aussi bien au niveau des discriminations raciales
03:41 qu'au niveau du sexisme.
03:44 Non, aujourd'hui, à Lyon, je me sens plus en sécurité.
03:47 J'aimerais pouvoir marcher dans la rue le soir, à nouveau,
03:52 sans avoir peur.
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