00:00 Ici, il y a une autre méthode qui est un peu plus spectaculaire mais un peu moins contrôlée, c'est...
00:04 Oh, it's raiding locks !
00:07 Lui, c'est Guy Buckingham, un franco-américain qui habite à Paris depuis plusieurs années
00:11 et qui a créé une association pour nettoyer le pont des Arts et enlever les cadenas qui y sont accrochés.
00:16 En 2015, la ville de Paris a installé ses parois en verre pour empêcher la pose de cadenas.
00:23 Il disait que ces cadenas étaient trop lourds, trop dangereux pour le pont, sauf que les cadenas sont désormais
00:30 concentrés sur des lampadaires ou des vendeurs illégaux en se servant de "Emily in Paris" et autres conneries du style.
00:39 Il propose aux touristes nostalgiques les cadenas que les touristes posent.
00:43 Il y a donc trois méthodes.
00:44 Il y a la vieille barre de fer, le marteau et la pince.
00:51 La pêche est plutôt bonne.
00:52 À la poubelle !
00:54 Et alors que Guy était en pleine séance de destruction de cadenas,
00:59 nous avons croisé cette touriste argentine qui était justement en train d'en accrocher un.
01:03 Je suis Laura, d'Argentine.
01:05 C'est mon cadenas.
01:06 Je suis amoureuse du gars.
01:07 Je suis excitée parce que notre histoire est en lien avec le pont des Arts.
01:15 Les cadenas sont très symboliques.
01:18 Guy a pris toutes les cadenas du pont et les a laissé partir.
01:23 Que pensez-vous de ça ?
01:24 Oui, je comprends.
01:25 Bien sûr, parce que c'est pour le pont et la sécurité.
01:30 Je serai triste, oui, bien sûr.
01:31 Mais je pense que le fait de le faire, simplement de le mettre ici et de faire un souhait avec la toile,
01:39 avec la lumière de lune récente sur la scène, c'est assez.
01:48 Madame, vous voulez récupérer le vôtre ?
01:50 Non, non, pas de soucis.
01:51 Mais c'est quelque chose de symbolique.
01:55 Je suis ici.
01:56 C'est la première fois que je le fais.
01:58 C'est vous ?
01:59 Non, non, c'est moi.
02:02 Vous voulez le chercher ?
02:04 Non, c'est moi.
02:05 Vous voulez le ramener ? Vous pouvez le prendre si vous le voulez.
02:09 Non, parce que je l'ai mis ici.
02:10 OK.
02:11 Je pense qu'il va rester ici pour toujours.
02:14 Elle a compris le geste romantique de poser un cadenas,
02:18 mais elle a aussi compris le geste romantique qui est de retirer les cadenas,
02:23 par amour du patrimoine et opposition à la laineur.
02:27 Avoir de l'amour pour le patrimoine au point de faire quelque chose d'aussi fou que ça,
02:32 c'est beaucoup plus romantique que de laisser un cadenas rouillé,
02:37 fabriqué en Chine, qui va dégrader le pont.
02:40 Qu'est-ce qui est plus romantique ?
02:41 Vous n'avez jamais fait pleurer un touriste, ça va ?
02:44 Pleurer, non. Hurler, oui.
02:47 Une des raisons pour lesquelles Guy tient tant à ce que les cadenas disparaissent du pont des Arts,
02:51 c'est parce qu'il veut limiter la vente de cadenas à la sauvette.
02:54 Un trafic qui, comme on l'a observé nous-mêmes, peut être très lucratif.
02:58 Est-ce possible d'acheter un cadenas ?
03:01 Oui.
03:02 Combien ?
03:02 7 euros.
03:05 7 euros le cadenas, franchement, il faut être sûr de son couple.
03:08 Moi, je ne fais pas ça avec n'importe qui, vraiment.
03:11 Les vendeurs mettent des cadenas anciens.
03:15 S'il y a beaucoup de cadenas, ça va encourager la vente et la pose.
03:20 Chaque fois que j'y vais et les vendeurs illégaux sont présents,
03:24 ils viennent me menacer, m'embêter.
03:26 En 2016, ils ont jeté mes outils dans la Seine.
03:29 Pas très sécurisant, les antivols.
03:34 Voilà.
03:35 Là, ce porte-affiche sur le pont des Arts est parfois juste rempli de cadenas.
03:48 Ça nous désole, car plus il y a de cadenas, plus ça attire les cadenas.
03:52 Donc nous, on les enlève gentiment.
03:56 T'as peur d'abîmer ça, justement ?
03:59 Non, car je l'ai tellement tapé, le truc est tellement solide, c'est de la fente.
04:04 Celui-là n'est pas chinois.
04:06 Il me faut peut-être une meuleuse pour celui-là.
04:08 Pou-belle.
04:13 Pardon.
04:15 Vous parlez beaucoup des cadenas. Est-ce que ça pose vraiment un risque pour le pont ?
04:22 Écoutez, pour moi, le premier risque, c'est un risque esthétique.
04:26 Le risque est réel pour le pont.
04:28 Là, il serait dangereux, le pont, que ça apprenne ?
04:30 Je ne pense pas. Il n'y a pas 100 000 tonnes, comme c'était le cas en 2015.
04:35 Vous voyez ce que ça donne.
04:38 Donc c'est plus pour des raisons esthétiques que vous faites ça ?
04:41 Écoutez, oui, on va dire que oui, esthétique. Je déteste le lait.
04:47 Il faudrait que le pont des Arts soit nettoyé tous les jours.
04:50 Est-ce que, malgré ça, Paris, ça va rester la lune de l'amour ?
04:54 Bien sûr, mais ça va être l'amour raisonnable.
04:57 [Musique]
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