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  • il y a 2 ans
Hassiba, mère de Samara, passée à tabac à Montpellier, donne des nouvelles de l'adolescente.

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00:00 C'était il y a dix jours, mardi 2 avril, en fin d'après-midi à Montpellier.
00:05 Samara, 13 ans, était tabassée par plusieurs jeunes de son âge devant son collège.
00:11 Grievement blessée, elle est sortie depuis du coma.
00:15 Trois mineurs ont été mis en examen pour tentative d'homicide volontaire.
00:20 Bonsoir Asiba, merci d'avoir accepté notre invitation.
00:24 Vous êtes la mère de Samara. D'abord, comment va-t-elle aujourd'hui ?
00:29 Samara est rentrée à la maison depuis lundi.
00:34 Elle va plutôt bien. Physiquement, ça va un peu mieux.
00:41 Elle est sortie avec un traitement contre les crises d'épilepsie.
00:46 On m'a initiée au traitement d'urgence en cas de crise pour lui administrer un médicament.
00:54 Psychologiquement, on essaie d'aller mieux.
01:04 Elle est reçue par un pédopsychiatre qui la suit plusieurs fois dans la semaine.
01:09 C'est vrai qu'elle est un peu anxieuse.
01:13 Elle n'arrive pas trop à mettre des mots sur ce qui lui est arrivé.
01:19 Elle ne peut surtout pas parler de tout ce qu'elle a subi antérieurement à l'agression.
01:28 On va y revenir, bien évidemment.
01:30 Expliquez-nous comment s'est passé le retour à la maison ?
01:34 Quels furent ses premiers mots ?
01:36 Est-ce qu'elle se souvenait de ce qui lui était arrivé quelques jours plus tôt ?
01:42 Oui, elle se souvenait jusqu'à l'agression.
01:46 Au moment où elle a été agressée, elle n'a pas grand souvenir.
01:54 Au moment où sa tête a tapé sur le sol et qu'elle a été inconsciente.
01:59 Tout l'après-agression, elle ne se souvient pas.
02:02 Mais l'avant-agression, oui, elle s'en souvient bien.
02:05 Elle est rentrée à la maison.
02:07 Elle avait peur.
02:09 Elle m'a fait baisser les volets.
02:11 Elle m'a fait fermer la porte à double tour.
02:14 Elle n'a même pas osé monter dans sa chambre.
02:17 Elle dort avec moi dans le salon.
02:19 Elle est anxieuse. Elle a peur.
02:24 Elle a peur qu'on revienne l'agresser.
02:27 Même en sortant de l'hôpital, elle était capuchée.
02:30 Elle avait peur. Elle courait pour rejoindre la voiture.
02:34 Ce n'a pas été évident la sortie de l'hôpital.
02:37 Elle se sentait en sécurité à l'hôpital.
02:40 - Est-elle suivie par une psychologue ?
02:44 - Oui, elle est suivie par une infirmière de neuropédiatrie
02:49 ainsi qu'une pédopsychiatre.
02:51 Cette semaine, elle a été vue plusieurs fois.
02:54 La semaine prochaine, ça va être pareil.
02:57 Les semaines, on verra si on arrive à...
03:01 Si au moins, elle arrive à s'exprimer.
03:04 Elle reste dans un mutisme.
03:06 Elle ne parle pas.
03:09 C'est un peu compliqué.
03:13 - Vous êtes la mère de Samara.
03:16 Comment vous allez-vous aujourd'hui ?
03:20 - Je me suis mise un peu de côté.
03:23 Je me concentre vraiment sur mes enfants.
03:27 Après, il viendra mon tour par la suite.
03:31 Pour le moment, je me concentre sur la santé de mes enfants.
03:35 J'ai un garçon de 14 ans qui a besoin de moi.
03:39 Une petite fille de 2 mois.
03:42 C'est vrai que là, c'est mes enfants priorité.
03:45 Après, on verra.
03:47 Peut-être que je vais devoir avoir un professionnel
03:51 pour peut-être parler.
03:53 J'en ai peut-être aussi besoin.
03:55 - Bien sûr. On peut aisément le comprendre.
03:58 Est-ce que vous évoquez avec votre fille, avec Samara,
04:02 que vous évoquez ensemble son retour prochainement dans son collège ?
04:07 - Non, là, on n'est pas du tout dans ce genre de discussion.
04:12 On essaie vraiment de lui faire sortir les mots.
04:17 Elle a banalisé ça.
04:20 C'était normal pour elle.
04:23 D'abord, c'est la priorité qu'elle se soigne.
04:27 Qu'elle puisse retrouver une certaine confiance.
04:31 Et pour après, peut-être envisager un retour à l'école.
04:37 - Vous nous dites, effectivement,
04:40 l'essentiel, la priorité, c'est qu'elle s'exprime.
04:44 Qu'elle mette des mots sur ce qu'elle ressent,
04:47 ce dont elle se souvient aussi.
04:49 Est-ce qu'elle s'exprime au-delà du cercle familial ?
04:52 Est-ce qu'elle parle à des amis depuis sa sortie de l'hôpital ?
04:57 - Non, c'est uniquement avec la famille.
05:00 C'est vrai qu'on a passé beaucoup de temps avec la famille.
05:04 J'essaie de demander à mes soeurs, à tout le monde,
05:08 si peut-être elle est plus à l'aise à parler avec eux.
05:12 Le but, c'est que vraiment, elle arrive à s'exprimer.
05:16 C'est important pour guérir.
05:20 Parce qu'elle a été traumatisée.
05:24 Et elle est traumatisée.
05:27 - Le retour au collège, la reprise de la scolarité,
05:30 vous nous l'avez dit à l'instant,
05:32 ce n'est pas du tout le sujet à l'ordre du jour.
05:35 Ma question s'adresse à vous, la mère de Samara.
05:38 Est-ce que vous envisagez un retour dans le même établissement
05:42 au moment où cela se fera ?
05:44 Ou un changement de collège pour votre fille ?
05:48 - Déjà, le même établissement, c'est hors de question.
05:53 Mais pourquoi pas un autre établissement ?
05:57 Je ne sais pas.
05:59 Cela dépendra du temps de sa guérison.
06:02 Je ne veux pas que ma fille soit en retrait de la société.
06:06 Le but, ce n'est pas qu'elle se retrouve isolée à la maison.
06:11 Je pourrais même lui faire l'école à la maison.
06:15 Mais ce n'est pas le but.
06:17 C'est qu'elle se renferme encore plus.
06:20 Ce sera un autre établissement.
06:23 - Aujourd'hui, d'après vous et les médecins qui la suivent,
06:27 elle est en état de faire un retour au collège ?
06:32 - Non, pas pour le moment.
06:36 C'est important.
06:39 Elle a un traitement assez lourd qui la fatigue.
06:43 Elle dort beaucoup dans la journée.
06:46 Elle n'a pas repris toutes ses forces pour reprendre le chemin de l'école.
06:52 - L'agression de votre fille a ému énormément de Français.
06:58 Est-ce que vous et Samara avez reçu un soutien clair de la part des autorités ?
07:05 Le collège, le rectorat, la mairie, le gouvernement ?
07:09 - Oui, j'ai reçu beaucoup de messages de soutien.
07:13 De Madame la ministre, de Monsieur le préfet,
07:18 même du maire de ma commune.
07:22 Beaucoup de monde témoigne le soutien envers Samara, envers moi,
07:28 envers toute notre famille.
07:31 Ça fait du bien de sentir qu'il y a du monde qui est là pour nous.
07:38 On ne sait pas ce qu'est fait l'avenir,
07:44 mais on sait qu'il y a du monde qui nous soutient.
07:52 - Ça fait du bien dans ces circonstances dramatiques.
07:57 Des jeunes de son âge vous adressent des messages de soutien ?
08:03 Des témoignages de souffrance similaire à celle vécue par Samara,
08:08 avant même l'agression d'il y a 10 jours ?
08:12 - Oui, c'est beaucoup de témoignages de maman que je reçois à l'heure actuelle.
08:17 Par les réseaux sociaux, je reçois beaucoup de messages
08:22 de mamans dont l'enfant est encore scolarisé dans ce même collège.
08:28 J'ai une maman d'une élève du collège Joffre.
08:33 J'étais en appel hier avec elle.
08:36 Elle m'expliquait le harcèlement dont sa fille a été victime.
08:40 On essaie de tous être solidaires pour que ça n'arrive plus.
08:48 Si à mon niveau, je peux les aider,
08:52 peut-être à travers l'histoire de Samara, ça peut faire bouger les choses,
08:56 mais aider d'autres familles, au contraire, ça serait formidable.
09:00 Après ce qui arrive à Samara, si chaque parent puisse prendre son enfant
09:05 et lui demander s'il a passé une bonne journée à l'école,
09:08 s'il ne se fait pas embêter, ce sera déjà une bonne chose de faite.
09:14 - Justement, est-ce que vous comprenez...
09:16 - Beaucoup de messages.
09:18 - Est-ce que vous comprenez, Assiba, ce qui a pu se passer rétrospectivement,
09:22 ce qui a pu déclencher ce déchaînement de violences ?
09:25 Parce que lors de vos premières déclarations, après l'agression de votre fille,
09:28 vous aviez évoqué un problème de harcèlement scolaire,
09:31 en affirmant que le collège était au courant.
09:34 - Après, voilà, moi, c'est vrai que là, pour le moment,
09:39 je parle vraiment du harcèlement.
09:41 Après l'enquête, l'enquête est en train de faire la clarté sur tout.
09:46 Pour le moment, je préfère ne pas m'exprimer sur ça.
09:49 Puis on verra. Comme je l'ai dit, j'ai été reçue par deux personnes
09:55 qui ont écouté l'histoire de ma fille, tout ce que je savais.
10:00 Et voilà, je verrai ce qu'il en est peut-être dans quelques jours.
10:06 Mais vraiment, pour le moment, c'est vraiment...
10:10 Je sais que ma fille, elle avait eu...
10:14 Elle a été frappée, elle a été à plusieurs fois.
10:16 Mais après, pour vous dire ce qu'il en ressortira,
10:19 je ne sais pas pour le moment, je ne peux pas vous dire.
10:21 - Sachant qu'il y a plusieurs enquêtes,
10:23 il y a une enquête judiciaire et une enquête administrative
10:26 diligentée par la ministre de l'Éducation.
10:28 Vous avez eu plusieurs fois au téléphone, je pense,
10:30 enquête administrative qui est en cours,
10:32 dans le cadre de laquelle vous avez été entendue cette semaine.
10:35 Et ce soir, le ministère de l'Éducation communique
10:37 les tout premiers résultats de cette enquête.
10:39 Ils font état, nous dit-on, de situations conflictuelles,
10:43 complexes et d'un usage malveillant des réseaux sociaux.
10:46 Ça vous parle, sans rentrer, bien sûr,
10:48 dans le coeur de l'enquête judiciaire, pour le coup.
10:51 - Oui, tout ça, ça part des réseaux sociaux.
10:55 C'est le point de départ, les réseaux sociaux.
10:58 C'est ce qui a provoqué toutes ces agressions.
11:02 Voilà, ça part des réseaux sociaux, bien sûr.
11:05 Donc après, déterminer qui est en cause ou quoi que ce soit,
11:08 mais ça part de réseaux sociaux.
11:12 C'est un conflit entre...
11:16 Ma fille, elle était embêtée constamment.
11:21 Après, vous dire, est-ce que c'est un conflit,
11:25 est-ce que c'est du harcèlement,
11:27 j'espère qu'ils pourront le déterminer
11:31 et savoir qui n'a pas su voir les choses
11:35 ou qui a mal fait les choses.
11:38 - Les réseaux sociaux, puisque vous en parlez,
11:40 puisque les premiers résultats de l'enquête administrative
11:43 l'évoquent eux-mêmes, c'est un sujet que vous évoquiez
11:46 avec votre fille avant même son agression.
11:50 C'est un sujet qui vous préoccupe en tant que mère de famille,
11:52 puisque vous avez plusieurs enfants, vous avez trois enfants.
11:54 - Oui, c'est ça. J'en ai deux qui sont, on va dire, en âge.
11:59 J'essaie toujours de limiter l'accès aux réseaux sociaux,
12:03 mais c'est compliqué, en fait, parce que du coup,
12:05 même le téléphone en cours, il faut dire,
12:08 ils ont une application pour regarder les cours, les devoirs.
12:12 Donc, logiquement, il faut un téléphone, on va dire,
12:15 assez perfectionné pour pouvoir même travailler.
12:18 Donc, en fait, j'ai toujours essayé de les limiter,
12:22 mais voilà, c'est compliqué.
12:25 Des fois, j'ai interdisé de téléphone, mais voilà.
12:30 Mais c'est difficile à contrôler un enfant,
12:33 surtout de nos jours, c'est très difficile.
12:37 - Il y a la thématique du harcèlement scolaire,
12:39 qui est un sujet très vaste, Aciba.
12:42 Juste après l'agression, vous aviez aussi évoqué le motif religieux.
12:46 C'est toujours le cas ?
12:49 - Écoutez, là, comme je vous dis, je ne m'exprime pas ce soir
12:54 vraiment pour parler de quoi que ce soit.
12:56 Vraiment, je parle du harcèlement.
12:58 Vraiment, c'est vraiment le thème du fait que j'ai accepté
13:05 de répondre à vos questions.
13:07 Et après, comme je vous dis, je ne sais pas.
13:10 Moi, j'ai dit ce que j'avais à dire.
13:12 Après, il y a une enquête et ce n'est pas moi.
13:16 Moi, j'ai juste dit ce qui s'était passé.
13:19 Après, c'est à eux de déterminer si c'était religieux,
13:25 si c'était du harcèlement, si c'était un conflit.
13:28 Je ne peux rien dire pour le moment.
13:31 - Vous laissez la police et la justice faire son travail.
13:34 Votre présence ce soir...
13:36 - Bien sûr. Je fais confiance à la justice et aux policiers, bien sûr.
13:40 - Votre présence ce soir, c'est aussi une manière de faire passer un message,
13:44 voire de lancer un appel à certains des téléspectateurs de BFMTV ?
13:49 - Oui.
13:50 Bien sûr, oui. S'il y a des mamans, des papas, des familles
13:55 qui se sentent victimes, que leurs enfants sont victimes de harcèlement,
14:02 il faut vraiment en parler, il faut dire les choses.
14:06 J'ai essayé de récupérer les témoignages des personnes qui sont dans mon coin,
14:12 qui font partie de l'Académie de Montpellier,
14:16 pour vraiment savoir s'il y avait eu un souci.
14:19 Est-ce que j'étais une personne isolée ?
14:22 C'était un cas isolé, ma fille.
14:24 Mais du coup, c'est vrai qu'au vu de tout ce que j'ai reçu,
14:28 ça fait un peu beaucoup.
14:31 - Dernière question, dans votre cas personnel.
14:34 - J'incite les mamans à parler, j'incite même les enfants à parler.
14:38 Ça ne doit plus arriver, il ne faut plus se taire,
14:40 il ne faut pas se sentir coupable.
14:43 C'est surtout des victimes, il faut dire ce qu'il en est.
14:46 - J'espère sincèrement que votre message sera entendu ce soir.
14:50 Pour terminer, dans votre cas personnel, aujourd'hui, Aciba,
14:54 qu'attendez-vous de l'enquête judiciaire,
14:56 de l'enquête administrative de la mission Flash
14:59 lancée par la ministre de l'Éducation ?
15:03 - J'attends simplement de la clarté,
15:06 je veux juste savoir ce qui s'est réellement passé.
15:09 Ma fille a passé beaucoup de temps dans cet établissement.
15:13 Je veux savoir s'il y a eu une défaillance ou quoi que ce soit.
15:19 Je veux juste savoir.
15:21 Moi, je suis au courant de certaines choses,
15:23 l'établissement d'autres choses peut-être.
15:25 Je veux juste savoir s'il n'y a pas de responsabilité
15:29 qui puisse venir de la part de l'établissement, tout simplement.
15:34 C'est tout.
15:35 Après, je fais confiance, comme j'ai dit, au service de police,
15:39 même aux deux personnes qui sont venues écouter l'histoire de ma fille.
15:45 Je me suis sentie super à l'aise.
15:48 J'ai pu parler pendant près de trois heures et demie.
15:51 Ils ont été formidables, ils ont pris le temps,
15:54 ils m'ont laissé parler, j'en avais besoin.
15:58 C'est vrai que j'attends qu'on fasse la lumière sur tout.
16:05 - Merci.
16:06 Merci, Aciba.
16:07 - Je voulais juste souhaiter du fin beaucoup de courage
16:13 à la famille de Chemseydine, qui, je pense, traverse une épreuve terrible.
16:18 Tout mon soutien aux parents, à la famille.
16:21 Je souhaite dire merci aux enquêteurs qui font un travail remarquable.
16:25 En un laps de temps, on a pu interpeller les principaux auteurs.
16:30 Merci à madame la ministre d'avoir diligenté cette enquête.
16:34 Merci au personnel hospitalier, en particulier Aurélie et Christelle,
16:38 qui se sont occupés formidablement de Samara.
16:41 Au service de secours pour la prise en charge de Samara aussi.
16:44 Merci à Farida Gauti.
16:45 Merci au consulat d'Algérie de Montpellier.
16:47 Merci à la dame Isabelle qui a offert une peluche à ma fille,
16:50 qu'elle a appelée, apprise et qui la réconforte au quotidien.
16:53 Merci beaucoup à cette femme parce qu'elle adore sa peluche.
16:56 C'est une dame qu'il a offerte à l'hôpital à Samara.
17:00 Merci à vous de souligner la dimension humaine de tout cela,
17:04 malgré les épreuves que vous traversez.
17:07 Tous les messages de soutien.
17:10 Merci à Siba, merci infiniment de nous avoir fait confiance,
17:13 de nous avoir accordé cette interview ce soir
17:15 et transmettait de la part de BFMTV nos pensées sincères à votre fille Samara
17:20 qui se remet très doucement de ce qu'elle a vécu il y a dix jours.
17:23 Merci encore.
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