00:00 Et si je vous parlais de Bintou Dembele ?
00:02 Bintou Dembele, c'est une danseuse et chorégraphe
00:04 qui représente l'une des pionnières de la danse hip-hop en France.
00:07 Allez, on remonte le temps ?
00:08 Bintou Dembele, elle a grandi en Essonne
00:14 et elle a commencé à danser à l'âge de 10 ans,
00:17 inspirée par l'émission Hip-Hop qui passait à l'époque sur TF1.
00:20 Moi, j'avoue, j'étais pas née, mais j'ai retrouvé des extraits
00:23 et en gros, ils chantaient HIP, HOP,
00:26 il y avait un mec qui s'appelait Sidney avec des looks incroyables
00:29 et il invitait des gens à danser et parfois il y avait des visuels fous.
00:32 Bref, Bintou, elle apprend à danser dans la rue.
00:34 Avec ses amis, elle crée un groupe, Boogie Breakers,
00:37 où il s'approprie les espaces publics de leur quartier.
00:40 Parce que oui, le hip-hop, c'est une danse de rue,
00:42 pas de salon ni de bureau.
00:44 On y reviendra.
00:45 Au lycée, elle se diversifie, elle se lance dans la house,
00:47 le new style, le breakdance, pas la tecktonik.
00:50 Bon choix.
00:51 Elle acquiert sa street credibility à force de battle, de training, de compétition.
00:55 On la retrouve dans des lieux emblématiques du hip-hop,
00:58 Châtelet Hall, Trocadéro, l'Elysée.
01:01 Non, je plaisante.
01:02 Même si Macron danse bien avec nos nerfs.
01:04 Elle participe à des compétitions internationales de danse urbaine
01:07 et après plus de 30 ans dans le milieu du hip-hop,
01:09 elle crée sa propre compagnie de danse.
01:11 Le travail de Bintou Dembele va porter sur la mémoire du corps
01:14 et la persistance de l'héritage colonial dans les mouvements
01:17 ainsi que les cultures de la marge.
01:18 En 2019, elle a créé un ballet inédit
01:21 qui revisite les Indes galandes à l'Opéra de Paris.
01:23 Et ouais, elle a fait danser du krump à Garnier.
01:26 Dernièrement, elle a chorégraphié un spectacle qui s'intitule "Rite de passage"
01:30 où elle explore et recherche une danse qui s'inspirait du mouvement du marronnage,
01:34 c'est-à-dire de la captivité et de la fuite des corps esclavagisés.
01:37 Le nom de sa compagnie, c'est "Rualité",
01:39 une contraction des mots "rue" et "réalité"
01:41 parce que pour elle, le hip-hop est plus qu'une danse
01:43 et la rue, c'est là où elle a appris.
01:44 Mais vraiment, pas comme les Assez doux.
01:47 Aujourd'hui, il y a des députés qui voudraient professionnaliser cette danse,
01:50 c'est-à-dire créer un diplôme d'État pour enseigner le hip-hop.
01:53 Alors certes, c'est une reconnaissance,
01:54 mais comment institutionnaliser une danse qui s'est créée en marge des institutions ?
01:59 Vous avez 4 heures.
02:00 En tout cas, merci Bintou Nambélé, ton parcours est hyper inspirant
02:03 et ça, ça fait du bien.
02:05 Ça fait du bien !
02:06 Sous-titrage ST' 501
02:08 [Musique]
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