00:00 L'émotion générale suscitée par la disparition d'Émile ne s'est pas étendue aux parents.
00:04 C'est comme si l'empathie n'avait pas, en tout cas dans toutes les catégories de la société,
00:07 n'a pas élargi aux parents dans l'affliction.
00:11 Et pour eux, c'était vraiment la double peine.
00:14 Alors c'est vrai que bien sûr, dans toutes les affaires judiciaires médiatisées,
00:17 il y a les commentaires d'anonymes charriés par les réseaux sociaux.
00:21 On n'y peut rien.
00:22 Ils désignent péremptoirement tel ou tel qu'ils ont vu à la télé comme pas net.
00:26 Parce que la tête ne leur revient pas.
00:28 Ils jettent l'opprobre un peu comme ils miseraient sur le colonel moutarde
00:33 dans une partie de Cluedo sans voir les conséquences.
00:36 Mais de journaliste professionnel, on est censé attendre mieux.
00:39 Vous en conviendrez avec moi.
00:41 Alors, il n'y a pas eu d'accusation directe des parents,
00:43 comme celle de Christine Villemin par Marguerite Durez dans Libération.
00:46 Vous vous souvenez qu'il y avait dix sublimes, forcément sublimes,
00:49 qui voyaient la BD des temps modernes,
00:51 puisqu'ils n'étaient pas sur les lieux de la disparition.
00:53 Donc on ne pouvait pas les accuser.
00:54 Mais on se souvient, le 11 juillet,
00:56 de cette question surréaliste d'un journaliste au procureur
00:59 lors de la conférence de presse.
01:01 Je cite "Le passé militant d'extrême droite des parents,
01:04 est-ce qu'il est étudié ?"
01:05 Vous voyez, alors je n'ai toujours pas compris
01:07 ce que sous-entendait cette question.
01:09 Quel est le rapport ?
01:10 En quoi étudier ce passé supposé ou réel
01:13 apporterait des éléments sur cette disparition ?
01:16 Et ils auraient été candidats et les filles ou élus,
01:18 étudiants dans leur jeunesse à l'UNEF ou militants en TIFA ?
01:21 Quelle aurait été la différence ?
01:24 Est-ce que dans ce cas, un journaliste aurait osé poser la question ?
01:27 Non, bien sûr.
01:28 Et dans ce cas-là, seule contrait la détresse des parents,
01:32 et ce serait bien normal.
01:33 À vrai dire, tout le monde se fiche éperdument
01:35 de savoir pour qui votent les parents
01:37 dont un enfant a été enlevé ou dont un enfant a disparu.
01:42 Mais pour eux, c'était différent.
01:45 Et puis il y a eu aussi ces médias
01:46 qui ont tronqué une citation de la maire,
01:50 une catholique pratiquante,
01:53 qui demandait qu'on prie pour son fils
01:57 avec une prière particulière.
01:59 Vous pouvez chercher sur Internet,
02:00 il y a mille fois cette demande étrange de la maire.
02:03 Alors pardon, en 2024, apparemment,
02:05 demander une prière pour son enfant,
02:08 c'est étrange, ça dérange.
02:12 Toujours ces fameux braves gens,
02:13 vous savez, George Brassens,
02:15 il n'aime pas que l'on suive une autre roue de queue.
02:17 Et de toute façon, sur les catholiques,
02:18 il est facile de tomber à bras raccourcis.
02:20 Je ne vais pas faire du teasing pour l'édito de Mathieu,
02:25 mais il n'y a qu'à voir la réflexion de Jean-Michel Apathy
02:27 sur les nouveaux baptisés d'hier.
02:29 Ils sont à peine baptisés,
02:30 ils sont déjà méprisés.
02:32 Bienvenue dans l'Église catholique.
02:34 [Musique]
02:38 [SILENCE]
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