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  • il y a 2 ans
L'actualité du jour décryptée avec les journalistes et les invités de CNEWS

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00:00:00 Bonjour à tous, ravi de vous retrouver pour 90 minutes info.
00:00:03 Matin à la une, après la sidération, le temps des questions.
00:00:07 Comment les ossements du petit Émile ont pu être découverts dans une zone passée au crible par les enquêteurs ?
00:00:12 Le corps du garçonné a-t-il été déplacé ?
00:00:16 À 11h15, la porte-parole de la Gendarmerie nationale sera notre invitée et nous apportera les tout derniers éléments.
00:00:21 Nous suivrons en direct sur CNews le premier point presse de la Gendarmerie depuis le Auvergnet.
00:00:27 C'est à 11h ce matin, le maire de la ville qui lance un appel à la décence et au calme.
00:00:35 « Ce qu'on peut faire, c'est penser à sa mémoire, à ses parents.
00:00:38 Il faut attendre, il faut être patient, il faut avoir confiance dans la justice et surtout dans la Gendarmerie.
00:00:46 Toutes les raisons de penser, bien sûr qu'ils font tout ce qu'il faut. »
00:00:49 À la une également, l'Allemagne a décidé de légaliser le cannabis, dire « récréatif ».
00:00:53 Comprenez, quand la France fait la guerre contre le trafic, notre voisin lâche du lest.
00:00:57 Et certains maires applaudissent dès demain.
00:01:00 L'élu écologiste du Strasbourg appelle à une expérimentation dans sa ville.
00:01:04 On sera en direct avec Jean-Christophe Couvy dans un instant, responsable syndical SGP Police.
00:01:09 Et puis on vous pose la question ce matin.
00:01:11 Êtes-vous choqué par la légalisation du cannabis récréatif ?
00:01:15 On a mis des guillemets à « récréatif ». Là aussi, c'est intéressant la manière, la sémantique.
00:01:20 Est-ce qu'on peut parler d'une grotte récréative ?
00:01:22 Enfin, la chroniqueuse de France Inter, Mao Drama, devra-t-elle et sera-t-elle jugée,
00:01:27 après ses propos contre le Rassemblement national jeudi, lors d'un débat organisé par Mediapart ?
00:01:32 Elle expliquait vouloir engager, se encourager,
00:01:35 ceux qui souhaitent se battre en cas de victoire de Marine Le Pen en 2027.
00:01:39 La valette, la porte-parole du parti à l'Assemblée nationale a saisi la procureure.
00:01:44 Elle sera notre invitée ce matin.
00:01:45 La ministre Aurore Berger est montée au créneau contre Mao Drama.
00:01:48 Écoutez.
00:01:49 Dans un débat public, quand on est un homme ou une femme qui accède à la parole publique,
00:01:53 on n'incite ni à la violence ni à la haine.
00:01:55 Point barre, quelles que soient les personnes mises en cause.
00:01:58 Et je pense que c'est en étant très clair sur ces principes républicains,
00:02:01 justement, qu'on fait peut-être reculer l'extrême droite.
00:02:03 Je pense qu'elle a plutôt l'effet inverse, cette dame.
00:02:06 Et voilà, Aurore Berger qui sort d'un silence assourdissant médiatique et politique
00:02:10 concernant cette information.
00:02:12 C'était hier avec Sonia Mabrouk.
00:02:14 Voilà le programme.
00:02:16 Je vous présente les invités.
00:02:17 Paul Melin, Pierre Gentier, Martin Garagnon.
00:02:19 Merci d'être avec nous.
00:02:20 Xavier Roffert, vous êtes avec nous, criminologue, expert du pôle sécurité et défense du Gnam.
00:02:26 Un plaisir de vous avoir sur ce plateau.
00:02:28 Et c'est important de vous avoir, évidemment, sur les questions concernant la disparition d'Emile.
00:02:33 Tout comme vous, évidemment, vous êtes journaliste de Service Posilis Justice.
00:02:39 Et vous avez longuement, vous avez été souvent sur le terrain au Auvergnet,
00:02:44 puisque vous y étiez même la semaine dernière, une reconstitution jeudi.
00:02:50 Et donc, on va en parler, bien sûr.
00:02:51 Emile, c'est d'abord, et je voulais qu'on commence avec cette photo,
00:02:54 parce que c'est un visage angélique dont la disparition a bouleversé la France en juillet dernier.
00:03:00 Cette photo, il y en avait une autre également, vous savez, avec cette chevelure blonde, la fleur qui est...
00:03:06 Le pissanlit.
00:03:07 Exactement, le pissenlit derrière l'oreille.
00:03:09 Neuf mois plus tard, c'est une découverte macabre des ossements du Garcenay,
00:03:13 à proximité du Hameau du Auvergnet.
00:03:14 Très peu d'informations nous parviennent d'ailleurs.
00:03:16 Et face à tel drame, faire des heures d'hypothèses, de suppositions, ça peut choquer les gens.
00:03:22 Et c'est pour ça qu'on restera très factuel.
00:03:25 C'est pour ça aussi que vous êtes sur ce plateau aujourd'hui, Xavier Roffer,
00:03:29 parce qu'on est dans un cas typique de fait divers, qui peut passionner les foules.
00:03:36 Mais étant donné qu'il n'y a que très peu d'éléments,
00:03:41 on peut friser le voyeurisme ou l'indécence dans ce cas-là.
00:03:45 Je vous propose qu'on voit le sujet de Mathieu Alonso sur l'émotion dans le Hameau du Auvergnet.
00:03:51 C'est dans l'unique rue de ce Hameau de 25 habitants, rattaché au village du Vernet,
00:03:55 entre Gap et Dignes-les-Bains, qu'Emile avait été aperçu la dernière fois, le 8 juillet.
00:04:00 L'annonce de la découverte de ces ossements marque la fin des espoirs pour les habitants de la commune.
00:04:06 - J'avais un peu l'espoir qu'ils soient encore vivants, dans de bonnes conditions,
00:04:11 puisque c'est tellement mystérieux qu'un mystère...
00:04:14 Il n'y a pas de... Toutes les hypothèses pouvaient être imaginées.
00:04:17 En tous les cas, celle-là pouvait être envisagée.
00:04:20 Maintenant, c'est terminé. Donc, ce qu'on peut faire, c'est penser à sa mémoire.
00:04:25 L'heure est au deuil pour la centaine d'habitants.
00:04:27 C'est tout un village qui souffre de la perte de l'un des siens.
00:04:31 - Perdre un petit enfant, c'est difficile.
00:04:34 Et pour le maire d'une commune, c'est une des choses les plus difficiles qui soient.
00:04:40 De mettre la disparition d'un enfant dans la commune.
00:04:43 Les circonstances et la cause, on les saura.
00:04:48 Je veux encore une fois rendre hommage aux gendarmeries pour le travail qu'ils effectuent.
00:04:53 Le maire appelle les curieux et les promeneurs à respecter la tranquillité de ses habitants.
00:04:58 - C'est liabarote. C'est très important.
00:05:02 Il faut être en toute transparence avec les téléspectateurs.
00:05:05 Que sait-on de plus aujourd'hui qu'on ne savait pas hier à midi et demi ?
00:05:11 Et cette information qui est tombée, la découverte des ossements appartenant au petit Emile.
00:05:17 - Pour l'instant, rien de plus, Eliott.
00:05:19 Une fois qu'on a découvert ce crâne, ces ossements,
00:05:22 c'est un travail d'enquête, d'investigation, d'analyse qui va s'opérer.
00:05:26 Le Hameau, une nouvelle fois, est bouclé.
00:05:29 Interdiction pour toute personne étrangère à ce Hameau de pénétrer dans ce Hameau du Auvergnet.
00:05:35 Donc là, il va falloir être patient.
00:05:37 Il va y avoir des enquêtes.
00:05:38 Le terrain est gelé.
00:05:39 C'est un terme de la gendarmerie nationale, c'est-à-dire qu'on va essayer de préserver au mieux les zones où ont été retrouvées ces ossements.
00:05:47 Mais aussi, on va étaler la zone d'investigation, puisque avec la météo, peut-être que ces ossements sont descendus de la montagne.
00:05:57 C'est un relief très particulier.
00:05:59 Le Hameau du Auvergnet est dans les montagnes.
00:06:01 Donc, il faut vraiment prendre tous les facteurs en considération pour les futures analyses.
00:06:07 Mais en tout cas, depuis hier, Elliot, même si on en a beaucoup parlé sur toutes les chaînes d'information,
00:06:12 aucun élément en plus ne nous a été communiqué de la part de la gendarmerie nationale.
00:06:16 Mais de tout ce que vous venez de dire, c'est ce que je retiens.
00:06:18 C'est qu'en 24 heures, il n'y a rien de nouveau pour l'instant.
00:06:20 Et en neuf mois, on n'a eu que ça.
00:06:23 En revanche, à 11 heures, évidemment, on prendra en direct le point presse de la gendarmerie.
00:06:30 On recevra sur ce plateau aux alentours de 11h15 la porte parole de la gendarmerie nationale.
00:06:36 Mais je vous propose d'écouter le maire de la ville qui a lancé un appel et qui dit "je ne veux pas que la population soit harcelée".
00:06:44 Je ne veux pas que la population soit harcelée par les curieux, les qui se promènent, la presse.
00:06:51 La population, depuis huit mois, a besoin d'être tranquille.
00:06:56 J'ai tout fait pour qu'elle soit tranquille.
00:06:58 Donc je continue.
00:07:02 Il n'y a pas besoin du petit maire, du petit village du Vernet pour mener des investigations
00:07:07 dans les meilleures conditions qu'ils estiment devoir organiser.
00:07:13 Justement, jeudi dernier, Elliot, François Balliet, le maire du Vernet,
00:07:18 rappelait qu'il communiquait parce qu'il n'avait pas envie qu'on affiche, qu'on colle à son village et à ses habitants
00:07:24 l'image d'un village reclus qui ne souhaite pas communiquer,
00:07:27 puisqu'il y a eu beaucoup de rumeurs sur ce village et sur ses habitants.
00:07:30 Et c'est un maire qui prend beaucoup en considération les conditions de vie de ses administrés,
00:07:36 qui portent de nombreux drames, puisqu'il y avait eu un crash aérien il y a quelques années.
00:07:41 Et jeudi dernier, vous avez tendu le micro et vous avez interrogé un habitant qui,
00:07:46 là aussi, disait "ces rumeurs nous tuent".
00:07:49 Voilà, "ces rumeurs nous tuent", ça fait neuf mois qu'on vit dans l'angoisse, dans le doute,
00:07:53 qu'on s'inquiète, qu'on ne sait pas ce qui s'est passé,
00:07:56 qu'on attend évidemment des informations concernant la disparition du petit Émile.
00:08:00 Et c'est une fin macabre avec la découverte des ossements ce week-end.
00:08:07 Xavier Roffer, moi je dis toujours tout aux téléspectateurs, en toute transparence et dans les couloirs.
00:08:12 D'abord j'ai dit que j'étais très heureux de vous avoir parce que c'était la première fois qu'on pouvait se retrouver sur un plateau.
00:08:16 Et puis ensuite je vous ai dit que je suis assez mal à l'aise.
00:08:18 Parce qu'il y a une famille qui est en deuil,
00:08:21 qui a communiqué par la voix de ses avocats d'une manière extrêmement digne.
00:08:26 Ils sont proches de la religion, très pieux,
00:08:29 et ils ont parlé de résilience, ils ont parlé de leur fils bien évidemment.
00:08:34 Donc il y a une famille qui est dévastée.
00:08:36 Et il y a une sorte de focale qui est placée sur ce village,
00:08:41 sur cette histoire, une sorte d'histoire qui passionne les foules.
00:08:44 Mais on est sur une ligne extrêmement fine, à la limite du voyeurisme.
00:08:49 Donc l'expert en criminologie que vous êtes,
00:08:52 quel regard il porte sur ce qui s'est passé ?
00:08:55 D'abord un mot du père de famille.
00:08:57 L'horrible sensation d'arrachement que ces gens doivent subir pour le reste de leur jour.
00:09:03 Qu'est-ce qu'il serait devenu ? Qu'est-ce qu'il aurait fait aujourd'hui ?
00:09:06 Horrible. Bon.
00:09:08 Mais maintenant, revenons à la science.
00:09:11 Il y a deux disciplines qui sont parallèles,
00:09:13 mais qui fonctionnent pas exactement de la même façon.
00:09:16 La criminologie, qui étudie les êtres humains,
00:09:19 les bandes, les gangs, les mafias, les milices, tout ce qui est illicite.
00:09:23 Et deuxièmement, la criminalistique.
00:09:25 La criminalistique, c'est la recherche de la preuve par tout moyen scientifique.
00:09:30 C'est la balistique pour les balles, c'est la physique, c'est la chimie.
00:09:34 Bien entendu, la recherche de l'ADN.
00:09:36 Et c'est là-dedans qu'on va être, parce que naturellement,
00:09:39 depuis neuf mois, on n'a pas vraiment trouvé de témoin direct ou de suspect immédiat.
00:09:44 Il va donc falloir que la science se substitue
00:09:47 aux méthodes d'investigation humaine
00:09:51 pour essayer de venir à bout d'une question,
00:09:54 à savoir qui, quand, pourquoi, les questions fondamentales de toute enquête.
00:09:59 Ça va se faire par les moyens de la recherche de la preuve, par moyens scientifiques.
00:10:03 On va étudier le sol, on va étudier les insectes
00:10:07 qui ont pu proliférer aux alentours,
00:10:10 ce qui est parfois le cas dans une caisse de crime.
00:10:12 On va étudier tout ce qu'il est possible de rechercher
00:10:16 pour trouver la solution.
00:10:18 - Déterminer la vérité dite scientifique.
00:10:20 Mais Xavier Roffert, avec l'expérience que vous avez de ces faits qui sont,
00:10:25 je le rappelle, des faits divers de cette criminalité-là,
00:10:31 est-ce que ça vous surprend aujourd'hui
00:10:34 qu'on retrouve ces ossements neuf mois plus tard,
00:10:37 alors que c'est une zone qui avait été passée au peigne fin par les gendarmes ?
00:10:43 - Alors d'abord, je ne suis pas très à l'aise avec l'expression "faits divers".
00:10:46 C'est un terme journalistique où on mélange joyeusement
00:10:50 des actes qui relèvent de l'accident,
00:10:53 la voiture qui est rentrée dans un mur,
00:10:55 et des actes qui relèvent de la malfaisance humaine,
00:10:58 c'est-à-dire un enlèvement, un crime, un vol, etc.
00:11:01 Donc, que se passe-t-il dans une situation...
00:11:04 - Donc il faudrait appeler ça comment ? C'est intéressant.
00:11:05 Moi, par exemple, je différencie le fait de société d'un fait divers.
00:11:08 - Ah bah oui, bien entendu.
00:11:09 - Oui, mais là... - Le fait de société, c'est plus vaste.
00:11:11 - D'accord. Mais si on ne parle pas de faits divers, on parle de quoi ?
00:11:15 - Pour l'instant, on parle possiblement d'un crime.
00:11:18 - D'accord.
00:11:18 - Voilà. Il s'agit d'un gamin qui est mort
00:11:22 et qui n'avait aucune raison de mourir de sa belle mort à deux ans.
00:11:26 Donc, c'est possiblement un crime.
00:11:28 Et tant qu'il n'ait pas avéré que c'est un accident,
00:11:31 qu'il a basculé dans un trou et qu'il est mort, ou de c'est quoi...
00:11:34 Vous savez que les petits enfants ont une masse corporelle différente de la nôtre.
00:11:38 Ils ont une tête qui est plutôt plus grosse que le corps,
00:11:40 et donc ils basculent assez facilement.
00:11:42 Est-ce cela ? On le saura,
00:11:45 parce que l'analyse des ossements permettra sans doute d'y voir des traces
00:11:49 de coups ou de fractures ou d'éléments comme ça.
00:11:53 Il faut laisser le temps aux gendarmes de travailler.
00:11:55 - Quand vous parlez de temps, parce que justement,
00:11:56 plus on avance, moins on a d'informations et plus le doute s'installe.
00:12:01 Et plus on va creuser certaines pistes, parfois à des fins assez malveillantes.
00:12:08 Et je le disais aussi, c'est-à-dire qu'il y a certains fantasmes qu'on va alimenter.
00:12:12 Quand je dis "on", c'est toute la sphère médiatique.
00:12:15 D'accord ?
00:12:16 D'ailleurs, quand je parle de faits divers,
00:12:18 ce n'est pas pour minimiser ce qui s'est passé.
00:12:21 C'est absolument dramatique.
00:12:22 On a évidemment une pensée pour la famille.
00:12:26 Et par exemple, hier, avec le peu d'informations que nous avions,
00:12:31 il y avait deux autres possibilités.
00:12:32 Faire des éditions spéciales pendant des heures
00:12:34 ou donner les quelques informations qu'on avait à disposition
00:12:37 et aller sur les autres actualités du jour, même si elles étaient mineures.
00:12:42 J'ai choisi la seconde option.
00:12:44 Je vous propose d'écouter Alain Bauer,
00:12:46 qui parle aussi de cette possibilité des ossements déplacés.
00:12:49 Je crois que pour l'instant, l'essentiel, c'est de retrouver le reste du corps du petit Emile.
00:12:55 Le reste du corps va permettre de déterminer éventuellement la manière dont il est mort.
00:12:59 Est-ce que c'est par une agression extérieure ?
00:13:01 Est-ce que c'est par des éléments intérieurs ?
00:13:03 Il y a peu d'éléments qui restent, malheureusement, sur ce qui a été retrouvé.
00:13:07 Mais si on retrouve le reste du squelette,
00:13:09 on va commencer à avoir des éléments un peu plus précis.
00:13:11 Est-ce qu'on va retrouver les vêtements ou pas ?
00:13:12 Il y a aussi l'environnement.
00:13:14 Est-ce que le corps a été déplacé ?
00:13:15 En tout cas, le crâne a été déplacé.
00:13:17 Est-ce qu'il était là ?
00:13:18 Est-ce la scène, entre guillemets, de crime ?
00:13:20 Ou est-ce simplement la scène de la découverte du crâne ?
00:13:24 Tous ces éléments sont en train d'être analysés de manière assez rapide.
00:13:27 Là, c'est plus ce que vous ressentez, Célia,
00:13:30 parce que vous étiez sur le terrain la semaine dernière.
00:13:32 Ça fait des mois que vous travaillez sur cette disparition.
00:13:37 Quand vous avez cette annonce de la découverte des ossements,
00:13:40 qu'est-ce que vous vous dites ?
00:13:42 Est-ce que vous êtes surprise ?
00:13:43 Surprise et en même temps, on savait que cette mise en situation
00:13:46 pourrait faire changer les choses.
00:13:48 En tout cas, François Balliq, le maire du Vernet, avait beaucoup d'espoir.
00:13:51 Et on sentait que ça allait permettre soit à quelqu'un de parler
00:13:57 ou éventuellement d'exclure des pistes,
00:14:02 puisque depuis neuf mois, aucune piste n'était privilégiée,
00:14:05 aucune piste n'était exclue.
00:14:07 En off, on m'a dit qu'il y avait deux juges d'instruction
00:14:10 qui sont sur ce dossier.
00:14:12 Un juge travaillait sur la piste familiale,
00:14:14 un autre sur la piste d'un enlèvement d'une personne
00:14:18 qui serait intervenue au Vernet.
00:14:20 Cette mise en situation devait permettre d'écarter certaines pistes
00:14:24 et de mettre en confrontation les différents témoignages
00:14:27 ou des incohérences dans les témoignages recueillis.
00:14:30 Mais cette mise en situation, elle était prévue depuis longtemps.
00:14:32 Aucun élément de l'enquête n'a fait bouger les choses.
00:14:35 Et cette découverte ne vient pas en fonction de cette mise en situation.
00:14:39 Ce n'est pas une cause à effet.
00:14:41 Donc on s'interroge énormément sur cette découverte de...
00:14:45 Sur la proximité.
00:14:46 La proximité, les dates.
00:14:48 Bien sûr, entre la mise en situation jeudi
00:14:51 et la découverte de ces ossements.
00:14:53 Vous dites qu'aucune piste n'a été, en quelque sorte,
00:14:58 balayée sur ces neuf derniers mois.
00:15:01 J'ai la sensation, avec énormément de recul,
00:15:05 par pudeur aussi, que certaines voix ont plus été traitées que d'autres.
00:15:09 Et je n'ai pas envie de rentrer dans la polémique,
00:15:12 mais on s'est beaucoup intéressé sur la famille.
00:15:14 Le profil de la proximité les premiers jours.
00:15:15 Sur le grand-père.
00:15:17 On s'est beaucoup intéressé sur l'aspect très pieux de cette famille-là.
00:15:21 Donc, certaines pistes ont été bien plus traitées que d'autres
00:15:27 dans certains médias, encore une fois.
00:15:29 La famille, justement.
00:15:30 Et pourquoi aujourd'hui on reste sur les faits, rien que les faits ?
00:15:33 Parce que la famille a pris la parole, par la voix de leur avocat,
00:15:38 dans un communiqué, et je le disais, extrêmement digne.
00:15:41 Et c'est un déchirement, bien sûr,
00:15:45 et que c'était une découverte qu'ils redoutaient.
00:15:49 Regardez le sujet.
00:15:50 C'est une nouvelle qu'ils redoutaient.
00:15:53 Les parents du petit Émile ont réagi quelques heures
00:15:56 après la découverte des ossements de leur fils.
00:15:59 L'avocat des parents a fait part de leur émotion dans un communiqué.
00:16:02 Si cette nouvelle déchirante était redoutée,
00:16:05 l'heure est au deuil, au recueillement et à la prière.
00:16:08 Marie et Colomban savent désormais, en ce dimanche de la résurrection,
00:16:11 qu'Émile veille sur eux dans la lumière et la tendresse de Dieu.
00:16:15 Après neuf mois de mystères, d'enquêtes et d'interrogations,
00:16:18 les parents d'Émile ont passé un message de remerciement.
00:16:21 Marie et Colomban tiennent à remercier l'ensemble de ceux qui les ont aidés
00:16:25 et soutenus, ainsi que les juges d'instruction et les enquêteurs
00:16:28 pour leur travail, leur professionnalisme,
00:16:30 leur engagement personnel et leur humanité.
00:16:33 Un hommage à Émile va être organisé à la Bouilladis,
00:16:36 commune dans laquelle vivent les parents et les grands-parents du petit garçon.
00:16:40 La cause de sa mort reste toujours inconnue.
00:16:43 - Alors pour les téléspectateurs qui nous rejoignent à l'instant,
00:16:47 à 11h, il doit y avoir un point presse de la gendarmerie qu'on prendra en direct.
00:16:52 Je le dis aussi aux téléspectateurs réguliers, ne vous inquiétez pas,
00:16:55 Jean-Marc Morandini, qu'on salue, reviendra demain matin.
00:16:58 Et je vois une alerte, info@jeanmarcmorandini.com,
00:17:01 Passe-Pas-de-Calpro qui disait ce matin, en spécial pendant 11h,
00:17:07 c'était nos confrères de BFM hier, quand il n'y a rien de nouveau,
00:17:09 c'est pour l'audience.
00:17:11 C'est une position que certains peuvent partager.
00:17:13 Le point sur l'information avec vous, chère Somaya.
00:17:15 - Une centaine de jambes d'armes toujours mobilisées
00:17:20 pour de nouvelles fouilles au Vernez.
00:17:22 Si la découverte des ossements d'Émile marque un tournant,
00:17:26 l'enquête doit encore lever de nombreuses zones d'ombre,
00:17:28 comme les circonstances de sa mort, qui restent encore inconnues.
00:17:31 Point presse de la gendarmerie dans quelques instants sur notre antenne.
00:17:36 L'Indre-et-Loire, les pieds dans l'eau, est placée en vigilance rouge cru,
00:17:40 un pic de 5,45 mètres enregistré à Chineau,
00:17:43 où des évacuations préventives ont été lancées.
00:17:46 Et une cinquantaine de gendarmes, policiers et plongeurs
00:17:49 sont toujours mobilisés.
00:17:51 Et puis, premier déplacement en Chine pour Stéphane Séjourné,
00:17:54 une visite pour célébrer les 60 ans de relations diplomatiques
00:17:58 entre Paris et Pékin.
00:17:59 Et à cette occasion, le ministre des Affaires étrangères
00:18:02 participera au lancement de l'exposition
00:18:04 "Versailles et la cité interdite".
00:18:07 Voilà pour le point sur l'information.
00:18:09 Je pense qu'on aura l'image en direct dans un instant du point presse
00:18:12 qui doit se tenir depuis le haut Vernez.
00:18:15 Point presse de la gendarmerie nationale.
00:18:18 Juste avant le JT de Sommeil à l'Abiti,
00:18:20 on découvrait les propos de la famille par communiqué.
00:18:25 Quel regard vous portez sur cette actualité absolument dramatique ?
00:18:28 Bien sûr, une tristesse absolue.
00:18:32 Mais on n'a aucune information supplémentaire.
00:18:35 Donc, faut-il la traiter ?
00:18:38 Marcin Garagnon.
00:18:39 C'est une découverte qui est un dénouement
00:18:41 et qui ouvre de nouveaux temps.
00:18:43 Le temps de la vérité pour la justice,
00:18:45 parce que maintenant, effectivement, il faudra déterminer
00:18:47 les conditions du décès du petit Emile
00:18:50 et surtout le temps du deuil pour la famille.
00:18:53 On a beaucoup moqué, vous l'avez dit,
00:18:55 les pratiques religieuses de la famille.
00:18:57 Mais j'ai envie de dire, tant mieux si ça peut les réconforter
00:18:59 dans cette épreuve.
00:19:01 Il faut les accompagner.
00:19:02 Je trouve que les propos du maire sont tout à fait décents.
00:19:04 Il est dans son rôle de protection de sa population,
00:19:07 de préservation d'une qualité de vie, d'une certaine sérénité aussi.
00:19:12 Donc voilà, il y a le temps de la vérité qui doit maintenant se développer
00:19:15 et puis le temps du deuil pour cette famille qui est meurtrie
00:19:18 et qui cède comme elle peut et qu'on doit aussi pouvoir accompagner.
00:19:21 Pierre Gentillet, peut-être un mot ? Maître ?
00:19:22 C'est compliqué de...
00:19:23 L'avocat que vous êtes, justement, comment il traiterait un sujet...
00:19:27 un drame comme celui-ci ?
00:19:29 L'avocat que je suis, justement, vous posez bien et à la fois,
00:19:32 si j'ose dire mal la question, c'est que ma déontologie, justement,
00:19:35 fait que je devrais ne pas commenter ou commenter le moins possible
00:19:38 ou m'en tenir à la procédure.
00:19:39 Et aujourd'hui, la procédure, on est dans l'enquête.
00:19:41 Alors évidemment, elle a connu une inclinaison décisive et tragique.
00:19:46 Moi, j'ai beaucoup de mal et je pense qu'on est tous à peu près
00:19:49 dans cette situation à commenter,
00:19:51 parce qu'en fait, il n'y a rien à commenter.
00:19:52 Moi, je pense à ses parents.
00:19:53 J'espère, évidemment, j'imagine qu'ils ne regardent pas
00:19:57 la télévision aujourd'hui.
00:19:59 Tellement, ça doit être douloureux, difficile, infini.
00:20:02 Enfin, la perte d'un enfant, c'est ce qu'il y a de pire.
00:20:04 Donc moi, je me refuse à commenter au-delà de ça.
00:20:08 Pierre Gentillet, je me permets de vous couper la parole,
00:20:10 puisqu'il y a ce point presse.
00:20:11 Donc, la Gendarmerie nationale qui apporte les premiers éléments
00:20:15 suite à la découverte des ossements.
00:20:16 Bonjour à toutes et à tous.
00:20:17 Je suis le colonel Pierre-Yves Bardy
00:20:19 et je commande le groupement de gendarmerie départementale
00:20:21 des Alpes de Haute-Provence.
00:20:24 Donc, j'ai en charge de mettre en place un dispositif sécurisé
00:20:28 qui va permettre aux enquêteurs de pouvoir travailler
00:20:30 dans les meilleures conditions et pouvoir mener
00:20:32 tous les actes d'investigation qui sont nécessaires
00:20:35 pour la révélation de la vérité et permettre aux juges d'instruction
00:20:41 de pouvoir avoir tous les éléments nécessaires.
00:20:45 Donc concrètement, ça consiste en quoi, ces opérations ?
00:20:47 Alors moi, comme je vous l'ai expliqué,
00:20:49 l'objectif c'est vraiment de permettre aux enquêteurs
00:20:51 de travailler dans les meilleures conditions possibles.
00:20:55 C'est la raison pour laquelle un dispositif de contrôle de zone
00:20:58 très élaboré a été mis en place pour éviter que des randonneurs
00:21:04 ou des personnes qui n'ont pas à venir polluer le site,
00:21:10 les sites, ne soient, enfin voilà, ne puissent pas venir.
00:21:15 Mais concrètement, comment se passent les recherches ?
00:21:18 Eh bien, là, le dispositif de sécurisation, d'interdiction
00:21:24 pour permettre aux enquêteurs de travailler sereinement,
00:21:26 en fait, il est constitué de postes fixes et d'éléments mobiles
00:21:31 qui vont permettre d'interdire l'accès de manière assez large aux auvergnés.
00:21:37 Combien de gendarmes recherchent-ils ?
00:21:40 Alors, nous avons un escadron de gendarmerie mobile,
00:21:44 donc fort de 54 militaires de la gendarmerie,
00:21:47 renforcés par les effectifs du groupement de gendarmerie
00:21:52 des Alpes-de-Haute-Provence, à hauteur d'environ une vingtaine de personnes
00:21:56 et une soixantaine qui sont en réserve, qui sont capables de pouvoir...
00:22:00 qui constituent en fait la réserve d'intervention pour pouvoir travailler
00:22:03 s'il était encore nécessaire d'engager des moyens.
00:22:06 Les recherches, elles vont en première, est-ce que ça a donné quelque chose ?
00:22:08 Est-ce que vous privilégiez une piste ? Alors, on se parle.
00:22:10 Alors, je ne peux, par respect pour le secret de l'instruction,
00:22:14 et ici par rapport au... par respect pour les familles,
00:22:18 dévoiler aucun élément relatif à l'enquête.
00:22:20 Mais est-ce qu'il y a une piste qui est privilégiée ?
00:22:22 Je ne peux pas répondre à cette question.
00:22:24 Je ne suis pas en mesure de vous communiquer ces éléments.
00:22:27 Qu'est-ce qui se passe ce matin exactement ?
00:22:30 Alors, hier en fait, enfin avant-hier,
00:22:33 lorsque les premières découvertes ont été réalisées,
00:22:38 l'agent Améry en fait s'est mobilisé de manière massive
00:22:41 pour pouvoir avoir une expertise technique
00:22:47 pour confirmer ou affirmer que ce soit malheureusement
00:22:51 le petit Émile Soleil qui soit...
00:22:57 Et c'est la raison pour laquelle en fait un dispositif de transport
00:23:01 extrêmement rapide en utilisant les forces aériennes de l'agent Améry,
00:23:04 à savoir nos hélicoptères que nous utilisons au quotidien,
00:23:08 ont créé une chaîne pour acheminer en fait les éléments d'enquête
00:23:12 jusqu'à Pontoise à l'Institut de recherche criminelle
00:23:15 de l'agent Améry National.
00:23:17 Ce qui a permis en fait un travail extraordinairement rapide,
00:23:21 ce qui nous a donné en fait la confirmation dès hier
00:23:25 qu'il s'agissait bien d'Émile Soleil.
00:23:29 Et concrètement là ce matin, qu'est-ce qui se passe ?
00:23:31 Comment est-ce qu'ils cherchent ?
00:23:32 Alors, hier en fait, tous les moyens techniques ont permis,
00:23:36 ont convergé sur les Alpes-de-Haute-Provence,
00:23:41 à savoir des équipes cynophiles
00:23:45 du Centre National d'Investigation Cynophile de Grama.
00:23:51 Ce sont des chiens experts qui vont être capables en fait
00:23:56 d'apporter un concours vraiment précieux aujourd'hui.
00:24:01 Et en particulier des chiens spécialisés dans les restes humains,
00:24:05 la recherche des restes humains.
00:24:06 Comme vous le savez, au sein de l'agent Améry National,
00:24:09 nous avons tout un spectre, un spectre très large
00:24:12 d'équipes cynophiles, de spécialités,
00:24:16 qui sont capables de chercher des stupéfiants,
00:24:17 l'armement, des billets, de la piste,
00:24:21 qui est une piste qui avait été massivement employée,
00:24:24 des chiens de piste, piste chaude, piste froide,
00:24:26 qui avait été massivement employée
00:24:27 lors des recherches opérationnelles au mois de juillet.
00:24:30 Et là, eh bien aujourd'hui, ce sont des équipes cynophiles
00:24:34 de recherche de restes humains
00:24:36 pour pouvoir apporter un complément aux enquêteurs.
00:24:40 Les zones dans lesquelles vous intervenez,
00:24:43 c'était des zones dans lesquelles vous étiez déjà intervenu ?
00:24:46 Alors ça, je ne peux pas vous répondre encore.
00:24:47 Ça fait partie du secret de l'instruction.
00:24:50 L'IRCGN est présente ?
00:24:54 Alors, l'IRCGN est également présente.
00:24:57 Des experts de pontoise sont venus très rapidement sur site
00:25:05 et continuent de travailler avec en particulier des anthropologues
00:25:09 qui sont des experts dans leur domaine
00:25:12 et qui sont capables d'apporter, d'avoir une telle technicité
00:25:18 qui est internationalement reconnue,
00:25:20 qui va en fait permettre d'exploiter au maximum
00:25:23 les traces et indices que l'on serait susceptible de trouver.
00:25:25 Est-ce que les conditions météo rendent pas difficile justement
00:25:27 ces recherches avec les sols gorgés d'eau, les sols boueux ?
00:25:31 Alors ça, c'est vraiment une réponse de technicien
00:25:34 qui pourra vous être apportée.
00:25:36 En ce moment, je ne suis pas en mesure de vous donner cette réponse.
00:25:40 Justement, est-ce que vous pourriez nous détailler le biotope
00:25:42 dans lequel les premiers ossements ont été découverts ?
00:25:45 Non, je ne peux pas.
00:25:46 Est-ce que le dispositif est susceptible d'évoluer
00:25:48 dans les prochaines heures ou dans les prochains jours ?
00:25:50 Alors, la gendarmerie en fait fait toujours preuve
00:25:53 d'une grande réactivité et s'adapte en permanence à la situation.
00:25:58 Donc bien entendu, selon l'évolution de l'enquête
00:26:04 et selon les besoins de manière générale,
00:26:06 nous nous adaptons en permanence.
00:26:08 C'est vraiment la force de notre statut militaire,
00:26:11 de notre expérience tactique et de notre capacité de monter en puissance
00:26:15 et de faire converger des moyens vraiment extraordinaires
00:26:18 de partout en France qui, donc pour répondre à votre question,
00:26:22 oui, bien entendu, nous sommes susceptibles de faire évoluer
00:26:24 le dispositif à tout moment.
00:26:26 Et combien de temps va être organisé ?
00:26:27 Vous parlez de techniciens, notamment de l'IRCGN, il y en a combien ?
00:26:31 Alors, en ce moment, en fait, nous avons une équipe de,
00:26:34 on va dire de très haute expertise d'environ une dizaine de personnes,
00:26:38 d'accord, entre l'IRCGN et le Centre national de Gramma,
00:26:43 le Centre national sinophile et plus, bien entendu,
00:26:48 la section de recherche de Marseille
00:26:50 et les enquêteurs de manière générale de la cellule nationale d'enquête
00:26:54 qui travaillent sous la direction des juges d'instruction d'Aix-en-Provence.
00:26:59 Donc il y a une trentaine de personnes qui fouillent actuellement sur l'enquête ?
00:27:03 Exactement, voilà, avec de la très haute technicité.
00:27:06 Là, qu'est-ce qu'ils cherchaient ?
00:27:07 Le moindre indice, la moindre fibre de vêtement,
00:27:09 qu'est-ce qui pourrait vous aider ?
00:27:10 Exactement, toutes traces et indices.
00:27:13 Donc c'est un travail extrêmement fin, extrêmement pointu
00:27:16 et c'est pour ça, je tiens à vous le répéter,
00:27:19 qu'en fait, on fait venir les meilleurs.
00:27:21 On fait venir ceux qui ont une expertise la plus haute au niveau international.
00:27:27 Et c'est ce qu'on possède grâce à l'Institut de recherche criminelle
00:27:30 de la Gendarmerie nationale de Pontoise.
00:27:32 Ça va prendre combien de temps pour avoir les premiers éléments,
00:27:34 notamment sur le crâne qui a été retrouvé,
00:27:35 savoir s'il y a des lésions ou pas ?
00:27:37 Je suis incapable de vous répondre.
00:27:39 Vous êtes là pour combien de temps ?
00:27:41 Alors moi, je commande le groupement de gendarmerie départementale,
00:27:44 ce qui veut dire que ma place est ici, je suis un local.
00:27:48 J'habite à Dinlébin et je commande tous les gendarmes
00:27:52 qui sont présents sur le département.
00:27:55 Et les autres, ces recherches vont durer combien de temps à peu près ?
00:27:59 Elles dureront le temps qui sera nécessaire.
00:28:01 Alors il y a un arrêté préfectoral qui interdit l'accès au lieu
00:28:06 pendant 7 jours, donc ça va durer 7 jours les investigations ?
00:28:10 Ah non, il n'y a pas de limite de temps sur les investigations.
00:28:17 Tant que les enquêteurs auront besoin de travailler
00:28:21 dans un environnement sécurisé, la zone sera interdite.
00:28:25 Ça peut changer le nombre de kilomètres sur lequel il y a de la zone ?
00:28:28 On sait que sur la D900, plusieurs kilomètres en amont,
00:28:31 tous les chemins sont bloqués.
00:28:33 Ça peut donner un ordre de grandeur du périmètre bloqué ?
00:28:38 Non, je ne peux pas, pour des raisons opérationnelles
00:28:40 que vous comprendrez aisément.
00:28:42 L'enjeu, en fait, c'est d'avoir un dispositif qui soit suffisamment large
00:28:46 pour permettre aux enquêteurs de travailler dans les meilleures conditions.
00:28:50 Donc volontairement, j'ai fait le choix de travailler large
00:28:54 afin que, s'il devait y avoir des évolutions,
00:28:58 qu'on ne regrette pas d'avoir géré trop court.
00:29:02 Les habitants du Amont ont-ils reçu des consignes particulières ?
00:29:07 Alors non, il n'y a pas de consignes particulières
00:29:10 qui ont été données aux habitants.
00:29:11 Néanmoins, l'agent Amury, qui est une force de contact,
00:29:15 qui est toujours très proche de la population,
00:29:18 et en fait accompagne, bien entendu, la population et M. le maire au quotidien,
00:29:26 de manière à ce que les gens puissent vivre,
00:29:29 on va dire, à minima, dans un peu de sérénité.
00:29:34 L'IRCGN est là aussi pour modéliser la scène.
00:29:37 Déjà, ça veut dire quoi et à quoi ça va servir ?
00:29:39 Alors, ça, c'est un élément technique que je ne suis pas capable de vous apporter.
00:29:44 Mais en effet, ils ont des techniques très avancées de virtualisation
00:29:50 des scènes de découverte qu'ils vont mettre en œuvre.
00:29:52 Et vu qu'ils sont à la pointe de la technologie
00:29:56 et des capacités à ce jour disponibles,
00:30:03 bien entendu, ils mettent tout en œuvre et tous les moyens les plus techniques
00:30:07 sont engagés aujourd'hui sur le OVERNET.
00:30:10 C'est ce qui pourrait faire la différence par rapport aux premières recherches
00:30:13 qu'il y avait eues si on est potentiellement,
00:30:15 si vous êtes potentiellement passé à côté de quelque chose ?
00:30:17 Alors, dès les premières recherches opérationnelles du mois de juillet,
00:30:22 la gendarmerie s'est engagée sans compter.
00:30:25 C'est-à-dire, elle a déployé une manœuvre colossale
00:30:30 et de la même manière qu'aujourd'hui,
00:30:33 a engagé tous les moyens qui étaient nécessaires
00:30:36 pour permettre de retrouver à l'époque le petit Émile.
00:30:41 Donc, non, non, ce ne sont pas les mêmes moyens aujourd'hui
00:30:46 parce que la situation a évolué et en effet, nous nous adaptons.
00:30:50 Mais au mois de juillet, des moyens vraiment colossaux
00:30:54 ont été engagés pour les recherches opérationnelles.
00:30:58 Donc, ça aurait été impossible de ne pas trouver le crâne à ce moment-là
00:31:01 s'il y avait d'importants moyens qui étaient mis en place à ce moment-là ?
00:31:04 Excusez-moi, je vais devoir vous quitter.
00:31:05 Une gendarmerie sur la randonneuse,
00:31:07 c'est elle qui a permis de retrouver les ossements ?
00:31:09 Est-ce qu'elle est avec vous ? Elle vous accompagne lors de ces foules ?
00:31:11 Comment ça se passe ? Vous êtes toujours en contact avec elle ?
00:31:13 C'est le secret de l'instruction, donc je ne pourrais pas communiquer dessus.
00:31:16 Et est-ce qu'elle a bien apporté le crâne ? C'est juste une confirmation.
00:31:18 Est-ce qu'elle a apporté dans une... ?
00:31:20 C'est le secret de l'instruction.
00:31:22 Merci.
00:31:24 Vous venez d'entendre le premier point presse du colonel Pierre-Yves Bardy
00:31:31 qui nous apporte les premiers éléments,
00:31:35 24 heures après la découverte, en tous les cas,
00:31:37 l'annonce de la découverte des ossements,
00:31:39 puisque la découverte par les gendarmes a été faite
00:31:42 il y a un peu plus de 48 heures.
00:31:44 Célia Barotte, que dire de ce point presse ?
00:31:47 Quelles informations nouvelles disposons-nous après ce point presse ?
00:31:52 Ce qui est compliqué pour les gendarmes sur place,
00:31:53 c'est la communication avec les journalistes
00:31:56 qui sont en demande d'informations, comme nous sur ce plateau.
00:32:00 Mais pourtant, il n'y a aucun élément de l'enquête qui est révélé,
00:32:03 puisque c'est vraiment sous les ordres des juges,
00:32:08 des magistrats instructeurs.
00:32:10 Là, on a des informations sur le dispositif de sécurité,
00:32:13 sur le dispositif de gendarmerie.
00:32:15 On a la présence de gendarmes départementaux et mobiles,
00:32:19 des équipes synophiles en recherche de traces humaines,
00:32:21 des membres de l'IRCGN,
00:32:24 comme des anthropologues, des fixateurs de scènes de crime,
00:32:26 des coordinateurs d'opérations de criminalistique.
00:32:29 Donc c'est vraiment un point presse pour le dispositif,
00:32:32 pour comprendre aussi la situation sur les communes du Vernet et du Haut-Vernet.
00:32:37 Des communes qui sont vraiment bouclées,
00:32:39 le Hamaut du Haut-Vernet est interdit à tout accès
00:32:42 pour les personnes qui sont étrangères.
00:32:43 Cela permet de préserver le secret de l'instruction, de l'enquête,
00:32:47 mais aussi préserver l'intimité de la famille.
00:32:49 Ce point presse et la confirmation, Xavier Hofer,
00:32:52 qu'un monde sépare le temps de l'émotion,
00:32:56 de la volonté d'information des journalistes,
00:33:00 mais aussi des Français.
00:33:01 On peut savoir ce qui s'est réellement passé et le temps de l'enquête.
00:33:04 Bien entendu.
00:33:05 Là, les tâches qui sont entreprises en ce moment
00:33:08 ont un horizon d'aboutissement de plusieurs semaines.
00:33:13 Tout ce à quoi il a été fait allusion,
00:33:17 d'abord par mon collègue et ami Alain Boer,
00:33:20 et puis deuxièmement par le colonel,
00:33:22 montre qu'on ne dispose pas de la totalité de ce qu'il faudrait
00:33:26 simplement pour l'enquête scientifique, criminalistique.
00:33:30 On ne dispose pas de la totalité du corps.
00:33:33 On ignore comment les ossements déjà trouvés ont pu arriver là.
00:33:38 Il y a un travail d'une extrême minutie
00:33:41 et qui doit être conduit avec, en prenant tout le temps nécessaire,
00:33:46 parce que comme le diable est dans les détails,
00:33:48 eh bien, il se peut qu'un fœtu, qu'un brin de tissu ou n'importe quoi,
00:33:53 puisse apporter des éléments considérables.
00:33:55 Je ne vois pas l'affaire en question dans sa dimension scientifique,
00:33:59 c'est-à-dire dans la dimension criminalistique,
00:34:01 être aboutie avant au minimum plusieurs semaines.
00:34:05 - Dans ce point presse, il y a une phrase qui a pu peut-être heurter
00:34:09 les téléspectateurs, parce que ce gendarme est dans la technique pure,
00:34:14 et là encore une fois, on est quasiment dans la science,
00:34:16 il expliquait qu'il y avait des équipes de recherche en reste humain
00:34:21 qui sont sur zone, ça existe ?
00:34:22 - Bien entendu.
00:34:24 Il y a des équipes avec des techniciens et des chiens
00:34:30 qui vont rechercher toutes les traces possibles et imaginables,
00:34:34 y compris les traces humaines, y compris...
00:34:37 Là aussi, ce n'est pas quelque chose d'extrêmement agréable à entendre,
00:34:42 mais il existe des insectes qui sont spécialisés
00:34:48 dans le fait de se nourrir de restes humains
00:34:50 et qui donnent des informations précieuses sur la date de la mort.
00:34:54 Vous comprenez que ce sont des éléments comme ça.
00:34:56 Alors, ce ne sont pas naturellement des insectes d'une taille très considérable.
00:34:59 Il faut essayer de voir s'il y en a sur place.
00:35:01 Il y en a sur place si l'enfant est mort sur place.
00:35:05 S'il n'est pas mort sur place, il faudra chercher ailleurs si on en trouve.
00:35:09 Et tout ça, ce sont des êtres humains littéralement avec une loupe
00:35:13 et puis des petites pinces, ou alors des chiens qui conduisent
00:35:16 par leur flair les individus à tel ou tel endroit.
00:35:19 Ce sont des affaires très lentes, très méthodiques et très minutieuses.
00:35:23 - Qui vont prendre plusieurs semaines. - On ne peut pas les bousculer.
00:35:25 Qui vont prendre plusieurs semaines et c'est pourquoi aussi le colonel Pierre-Yves Bardy
00:35:30 a pu à plusieurs reprises parler d'une volonté de travailler sur zone de manière sereine.
00:35:35 - Et comment ? - Et comment ?
00:35:37 Et c'est un... Il l'a dit également, c'est quelqu'un qui opère dans cette région,
00:35:43 qui connaît la région, qui vient de la région.
00:35:44 Donc il y avait aussi un aspect peut-être même personnel dans ce qu'il se passait.
00:35:51 Je vous propose qu'on regarde le sujet là aussi sur ces 9 mois d'incertitude
00:35:55 à travers la disparition, donc c'était en juillet dernier, du petit Emile.
00:36:01 Le 8 juillet 2023, Emile, 2 ans et demi, disparaît au Auvergné.
00:36:07 Rapidement, une enquête judiciaire est ouverte.
00:36:10 Un important dispositif de recherche est lancé.
00:36:13 Toutes les maisons du Hameau où vivait le petit garçon sont fouillées.
00:36:17 Le 12 juillet, le parquet de Dignes annonce que l'enquête bascule sous le régime de l'enquête préliminaire.
00:36:23 Fin août, elle est élargie aux faits criminels d'enlèvement et de séquestration.
00:36:29 Les parents de l'enfant prennent alors la parole pour la première fois.
00:36:32 Dans l'hebdomadaire Familles Chrétiennes, ils déclarent n'avoir rien à cacher tout en continuant d'espérer.
00:36:38 Dans le même magazine, fin novembre, à l'occasion des 3 ans d'Emile, sa mère diffuse un appel poignant.
00:36:44 Depuis le 8 juillet, nous vivons entre l'espoir et l'abattement.
00:36:49 Après l'avoir cherché en vain pendant des semaines, compte tenu de la configuration des lieux,
00:36:55 nous avons acquis la certitude que notre petit Emile a été victime d'un enlèvement ou d'un accident.
00:37:02 Par pitié, s'il est vivant, ne nous laissez pas vivre sans lui.
00:37:07 Rendez-le-nous.
00:37:08 Jeudi, près de 9 mois après la disparition d'Emile,
00:37:12 sa famille, des voisins et d'autres témoins ont été réunis pour une mise en situation.
00:37:16 Ce samedi, des ossements du petit garçon sont retrouvés.
00:37:20 La cause et les circonstances de sa mort restent toujours inconnues.
00:37:25 Voilà pour les informations qu'on pouvait vous apporter, les toutes dernières informations sur la disparition d'Emile.
00:37:30 On reviendra à 11h30 sur ce sujet avec la porte-parole de la Gendarmerie nationale, qui sera notre invité.
00:37:38 Dans l'actualité, également, messieurs, parlons de la lutte contre le trafic de drogue,
00:37:42 qui est une lutte de tous les instants.
00:37:44 On parle de guerre contre les narcotrafiquants.
00:37:47 Les magistrats expliquent que c'est une guerre qui est en train d'être perdue, notamment à Marseille.
00:37:53 On est dans un pays, certains se posent la question, est-ce que la France est en voie de cartélisation ?
00:37:59 Et bien dans ce contexte, il y a aussi une guerre idéologique avec une guerre politique,
00:38:02 c'est-à-dire qu'en Allemagne, on va légaliser le cannabis et on va appeler ça le cannabis récréatif.
00:38:10 Et vous avez en France des maires, des édiles, qui se disent "si l'Allemagne fait ça, il faudrait peut-être le tester chez nous",
00:38:17 avec une volonté d'expérimenter la question, notamment avec l'élu écologiste, la maire de Strasbourg.
00:38:26 On voit le sujet, on est en direct avec Jean-Christophe Couvy, on lui demandera son avis dans un instant.
00:38:31 L'autorisation de cultiver et consommer du cannabis récréatif en Allemagne doit nourrir une réflexion, selon la maire écologiste de Strasbourg.
00:38:41 Jeanne Barséguian souhaiterait s'inspirer du modèle allemand dans sa ville,
00:38:44 c'est-à-dire autoriser la culture jusqu'à trois plans pour son propre usage,
00:38:49 et la consommation de cannabis séchée jusqu'à 50 grammes par mois auprès d'associations.
00:38:53 Néanmoins, cette décision n'est pas du ressort des communes.
00:38:57 La municipalité espère donc trouver un soutien auprès des autorités nationales,
00:39:01 mais compte aussi s'appuyer sur le traité d'Aix-la-Chapelle,
00:39:04 qui autorise des dérogations pour la réalisation de projets transfrontaliers, notamment en matière sanitaire.
00:39:09 En tout cas, du côté de l'opposition de Strasbourg, la décision fait grincer des dents.
00:39:14 Dans un communiqué, les élus de l'Union de la droite et du Centre réagissent.
00:39:18 "Un des rares projets transfrontaliers proposés par la maire de Strasbourg est l'autorisation de la culture du cannabis.
00:39:24 Cela est assez symptomatique de la faiblesse et de l'indigence de ces projets franco-allemands et européens."
00:39:30 L'expérimentation souhaitée par la mairie écologiste est selon eux,
00:39:34 un signal de tolérance voire de mensuétude face aux dealers de cannabis.
00:39:38 Pour rappel, la France est le premier pays consommateur de cannabis d'Europe.
00:39:43 Un Français sur deux en a déjà consommé.
00:39:46 5 millions de Français sont des usagers quotidiens.
00:39:49 "Jean-Christophe Cuvie, merci d'être avec nous. Vous êtes secrétaire national, unité SGP.
00:39:55 Vous faites au quotidien la guerre contre le trafic de drogue,
00:39:58 mais vous avez aujourd'hui des édiles qui se disent, tiens, pourquoi pas faire comme en Allemagne,
00:40:02 envisager la légalisation de l'expérimentation et la légalisation du cannabis direct créatif.
00:40:09 Vous en pensez quoi ?"
00:40:11 "Déjà, bon courage à mes amis allemands, parce qu'ils ont mis le doigt dans un engrenage
00:40:17 et ils n'en sortiront jamais. Et les policiers là-bas sur place,
00:40:20 déjà même les syndicats de police s'étaient érigés contre en disant que c'était une absurdité.
00:40:25 Mais encore une fois, il y a la petite musique écolo qui a réussi à convaincre un peu tout le monde.
00:40:30 Et donc les 68 arts attardés sont contents.
00:40:32 C'est le premier pays européen aussi grand, effectivement, qui a légalisé le cannabis.
00:40:38 Alors après, quand vous creusez un petit peu, vous allez voir qu'encore une fois,
00:40:41 c'est un cafernaum législatif.
00:40:43 C'est-à-dire que vous pouvez cultiver maximum 50 grammes par mois chez vous,
00:40:47 c'est-à-dire trois plants de cannabis.
00:40:49 Vous pouvez vous en procurer dans des...
00:40:51 Alors c'est des espèces de sociétés, des cannabis social club à but non lucratif.
00:40:57 Et vous pouvez vous balader avec 25 grammes.
00:40:58 Ok, donc tac.
00:41:00 Sauf qu'en fait, là encore une fois, on détourne un petit peu l'attention du consommateur,
00:41:06 parce que derrière tout ça, il y a aussi une politique de santé publique.
00:41:09 Quand vous fumez du cannabis, vous fumez six fois plus de goudron.
00:41:13 C'est la troisième cause de déclenchement d'infarctus du myocarde, par exemple.
00:41:18 C'est aussi 40% de la schizophrénie, vient aussi de l'usage du cannabis intensif.
00:41:23 Nous, tous les jours, en fait, on est au contact de personnes.
00:41:26 Alors effectivement, il y a des fumeurs occasionnels,
00:41:28 mais il y a aussi les vrais chiteux, qu'on appelle,
00:41:30 c'est-à-dire ceux qui sont dans le cannabis, qui fument 10 à 15 joints par jour.
00:41:35 Et je peux vous dire que eux, c'est un vrai problème.
00:41:37 Ils sont en dehors de la société, il y a un repli sur soi.
00:41:40 Et moi, ce qui m'inquiète, ce n'est pas les 68 heures à tarder,
00:41:42 c'est surtout notre jeunesse et que notre jeunesse ne tombe pas là-dedans.
00:41:45 Et donc, c'est le dernier rempart, j'allais dire sociétal.
00:41:47 Qu'est-ce qu'on veut comme société pour demain ?
00:41:49 Mais ce que vous dites est évidemment une déclaration de bon sens.
00:41:52 Et si on prend un tout petit peu de hauteur, quand on regarde ce qu'a fait l'Allemagne
00:41:55 ces dix dernières années sur le nucléaire, ils se sont complètement trompés.
00:41:59 Sur la question migratoire, ils sont en train de faire un virage à 180 degrés
00:42:03 parce qu'ils se sont complètement trompés.
00:42:05 Et là, ils sont en train de faire la même erreur sur le cannabis.
00:42:08 Très rapidement, Xavier Hofer, parce qu'on va donner la parole un peu à tout le monde,
00:42:11 mais le criminologue que vous êtes, la légalisation, pour ou contre ?
00:42:14 C'est une décision politique.
00:42:16 C'est-à-dire que quand on prend une décision politique,
00:42:19 il faut savoir dans sa tête si d'une part c'est opportun et deuxièmement c'est faisable.
00:42:24 Tout ce qu'on peut dire, pas uniquement en Europe,
00:42:27 c'est que la volonté de légaliser le cannabis a déclenché un bazar à nul autre pareil.
00:42:35 À savoir que par exemple, aujourd'hui même à New York,
00:42:38 on a ouvert des boutiques, mais il est impossible de savoir lesquelles sont légales
00:42:43 et lesquelles sont des vraies et lesquelles sont des fausses.
00:42:45 Et par exemple, à la moitié de l'année 2023,
00:42:50 vous aviez à New York une boutique légale et 1400 qui étaient complètement clandestines et factices,
00:42:56 mais ressemblant exactement aux autres.
00:42:58 Aujourd'hui, à New York, quand vous tapez sur votre petite application
00:43:02 "je cherche une boutique de cannabis", ça vous en désigne 600, elles sont toutes illégales.
00:43:07 Voilà, le bazar c'est ça.
00:43:09 Vous parlez de New York, mais on peut parler des Pays-Bas,
00:43:11 même si le cannabis récréatif, alors là pour le coup, c'était l'exemple même.
00:43:15 Aujourd'hui, la lutte contre le trafic de drogue aux Pays-Bas,
00:43:19 c'est une guerre de tous les instants,
00:43:20 avec un pays qui est dans une situation encore plus politique que la nôtre.
00:43:24 Paul Mellin ?
00:43:24 Avec la légalisation du cannabis, on est dans le type même de la fausse bonne idée
00:43:29 et de l'expression d'une forme de résignation politique,
00:43:34 si ce n'est même de paresse intellectuelle.
00:43:36 Ça fait des années qu'on parle de cette proposition comme la grande solution
00:43:40 face au trafic de drogue, face aux problèmes sanitaires,
00:43:42 notamment une certaine gauche qui, par paresse intellectuelle je pense,
00:43:46 se dit "eh bien, puisqu'on n'arrive pas à traiter et à endiguer
00:43:50 le phénomène de la consommation de cannabis dans nos pays,
00:43:52 eh bien autorisation-le, comme ça on sera tranquille, il n'y aura plus de trafic, etc."
00:43:56 Sauf que là où c'est la fausse bonne idée, c'est que d'évidence,
00:43:59 les trafics vont continuer sur d'autres doses plus dangereuses,
00:44:04 avec d'autres concentrations stupéfiants, sur d'autres types de stupéfiants,
00:44:08 peut-être sur le trafic d'armes, peut-être sur la prostitution,
00:44:11 peut-être sur d'autres réseaux criminels.
00:44:13 Et donc, si vous voulez, la criminalité ne va pas s'arrêter du jour au lendemain
00:44:16 et la personne qui trafique de la drogue et qui gagne 3, 4, 5 000 euros par mois
00:44:20 ne va pas aller s'inscrire à France Travail pour avoir un boulot,
00:44:24 comme tout le monde, au SMIC.
00:44:25 Donc de fait, la criminalité va se déporter sur d'autres domaines,
00:44:29 elle va rester tout aussi violente et ça ne résoudra absolument rien.
00:44:32 Donc d'évidence, il ne faut pas penser les choses comme ça.
00:44:34 Vous avez dit "paresse intellectuelle",
00:44:35 est-ce que ce n'est pas plutôt de la faiblesse, quasiment de la soumission ?
00:44:38 C'est-à-dire, écoutez, on est incapable de lutter contre la drogue.
00:44:39 L'un n'empêche pas l'autre, chère Eliott.
00:44:41 Allons-y, on va l'égaliser.
00:44:42 C'est de la faiblesse à deux types.
00:44:43 Mais c'est récréatif, attendez.
00:44:45 Le mot est fait pour rassurer, justement.
00:44:47 C'est à la fois effectivement une faiblesse par rapport à cet état de fait
00:44:50 avec l'intoxication, mais je pense que c'est aussi plus profondément...
00:44:52 Malheureusement, je n'ai pas assez de temps de développer, j'entends la musique.
00:44:55 Vous entendez la musique, le ding-dong.
00:44:56 Ce n'est pas qu'une faiblesse par rapport à ça,
00:44:58 c'est aussi une faiblesse par rapport à ce qu'est notre société.
00:45:01 Ce n'est pas hasard si aujourd'hui, nous avons autant de consommation,
00:45:03 parce que les gens sont anxieux, parce que les gens sont malheureux.
00:45:05 La hausse de la consommation, c'est un rapport de l'ONU qui le dit en 2021,
00:45:08 avait bondi au moment du confinement.
00:45:10 Tout ça est lié à notre société, à l'isolement, à l'anxiété.
00:45:14 La solution, ce n'est pas la drogue, c'est le lien humain.
00:45:16 La drogue est un palliatif pervers et précaire aux maux que ces gens traversent
00:45:21 et qui ne vont que les faire aggraver.
00:45:23 La publicité, on revient dans un instant.
00:45:25 La porte-parole de la gendarmerie nationale, le colonel Marie-Laure Pesan,
00:45:29 sera notre invitée pour nous apporter les derniers éléments concernant la disparition
00:45:34 du petit Emile et les ossements qui ont été retrouvés hier.
00:45:38 A tout de suite sur CNews.
00:45:43 11h30 sur CNews, merci d'être avec nous pour la suite de 90 minutes Info Matin.
00:45:47 Merci colonel Marie-Laure Pesan, vous êtes porte-parole de la gendarmerie nationale.
00:45:52 Vous allez nous apporter quelques éléments concernant la disparition
00:45:58 et les ossements retrouvés du petit Emile hier.
00:46:01 D'abord, le point sur l'information, c'est avec Somaïa Labiti.
00:46:04 C'est l'un de vos thèmes de débat, Eliott.
00:46:08 Deux équipes sinophiles spécialisées dans la recherche des restes humains,
00:46:12 mobilisées depuis hier au Auvergné,
00:46:14 et un vaste dispositif mis en place pour empêcher les curieux de polluer le site des recherches.
00:46:19 Annonce faite il y a quelques minutes lors d'un point presse par la gendarmerie.
00:46:24 Rêve parti, l'égalant Bretagne où 8 000 tuffers sont rassemblés depuis samedi
00:46:28 sur le tarmac d'un aéroport près de Quimper.
00:46:30 Les riverains sont excédés, le préfet appelle les fêtards à la responsabilité.
00:46:35 Et puis, Rafa au cœur d'une réunion entre responsables israéliens et américains.
00:46:40 L'annonce par Israël d'une offensive prochaine dans la ville
00:46:42 suscite beaucoup d'inquiétude au sein de la communauté internationale.
00:46:47 Merci Somaïa pour le point sur l'information.
00:46:51 On sera dans un instant sur le terrain avec notre envoyé spécial depuis le Auvergné,
00:46:56 à savoir Thibault Marcheteau.
00:46:58 Bonjour cher colonel Marie-Laure Pesan.
00:47:00 Depuis 24 heures, on vous voit régulièrement,
00:47:03 quelles que soient les chaînes d'informations,
00:47:05 pour apporter les premiers éléments concernant la disparition du petit Émile,
00:47:11 8 mois et demi après sa disparition, et ses ossements qui ont été retrouvés.
00:47:14 Ma première question, elle est simple,
00:47:18 et je ne veux pas évidemment vous mettre ni en difficulté l'enquête,
00:47:22 mais est-ce qu'il y a de nouveaux éléments par rapport à cette annonce hier,
00:47:26 midi et demi, et la découverte des ossements ?
00:47:29 Je ne peux pas vous donner d'éléments sur le fond de l'enquête,
00:47:31 mais ce qu'il y a de nouveau, c'est qu'on déploie des moyens complémentaires,
00:47:36 pour justement faire toutes les recherches nécessaires sur le site.
00:47:39 Nous avons depuis ce matin 6 experts de l'Institut de recherche criminelle
00:47:42 de la Gendarmerie nationale qui sont sur place,
00:47:45 et qui vont se déplacer sur le site, contribuer à la fouille,
00:47:50 et faire un certain nombre d'analyses et d'expertises,
00:47:53 pour permettre d'orienter les investigations.
00:47:55 Nous avons aussi des chiens, comme vous le disiez tout à l'heure, qui sont sur place,
00:47:59 et l'idée c'est de mettre toutes ces expertises ensemble sur la zone qui a été déterminée,
00:48:04 pour pouvoir justement voir si on a de nouveaux éléments sur la zone.
00:48:09 Je vais poser les questions que les téléspectateurs se posent, peut-être,
00:48:12 mais pourquoi ces moyens, aujourd'hui, permettraient d'y voir un peu plus clair,
00:48:18 alors qu'ils ont déjà été déployés les 9 derniers mois à plusieurs reprises ?
00:48:22 Alors, ce ne sont pas les mêmes moyens qui ont été déployés,
00:48:24 mais nous avons, à l'époque de la disparition du signalement,
00:48:29 mis effectivement un certain nombre de moyens.
00:48:31 Il faut rappeler qu'on était dans des conditions aussi différentes,
00:48:34 on était en plein été, on avait un terrain qui n'était pas le même qu'aujourd'hui,
00:48:37 avec une végétation très dense.
00:48:40 Ça reste un terrain très escarpé, donc il y a une chance infime,
00:48:43 mais qu'on puisse être passé à côté, qu'on n'ait pas pu détecter des ossements.
00:48:47 Mais il y a aussi une autre hypothèse, une autre possibilité,
00:48:50 c'est que ces ossements étaient amenés après les fouilles.
00:48:54 Et donc, cette hypothèse-là, les ossements peuvent être amenés de différentes manières,
00:48:58 ça peut être l'intervention d'un tiers qui les a déposés,
00:49:00 ça peut être un animal qui a pris une partie des ossements, qui les a amenés ici,
00:49:04 ce qui expliquerait aussi qu'il en manque une partie.
00:49:08 Et ça peut être aussi les conditions météo qui ont fait que le terrain a évolué
00:49:12 et donc a révélé après coup ces ossements.
00:49:16 On sait que la zone est complètement quadrillée,
00:49:18 avec plus d'une centaine de gendarmes qui sont sur place.
00:49:22 Est-ce qu'on sait combien de temps le hameau sera bouclé ?
00:49:27 Est-ce que, par exemple, les habitants du hameau peuvent sortir ou rentrer dans la zone ?
00:49:31 Oui, ils peuvent le faire.
00:49:32 C'est un site qui est contrôlé, en fait, les accès sont fermés
00:49:37 et ça durera le temps nécessaire pour les investigations.
00:49:40 Il faut qu'on procède par étapes, justement,
00:49:41 on ne doit pas être trop rapide dans nos conclusions.
00:49:45 Il faut vraiment qu'on ait une certaine méthodologie.
00:49:47 C'est pour ça que d'ailleurs, sur place,
00:49:48 on a un coordonnateur des opérations de criminalistique qui est présent
00:49:51 et qui a pour rôle, justement, de faire en sorte
00:49:56 que les éléments soient analysés dans le bon ordre,
00:49:58 que les experts interviennent chacun au bon moment.
00:50:02 Et donc, toutes ces expertises-là nous permettent de faire avancer l'enquête,
00:50:07 mais il faut prendre le temps et donc le hameau sera fermé tant qu'il le faudra.
00:50:12 Encore une fois, je ne veux pas vous mettre en difficulté
00:50:13 et rentrer dans le fond du dossier ou de l'enquête,
00:50:16 mais on parle d'une randonneuse qui aurait découvert ces ossements
00:50:21 et qui aurait rapporté ces ossements à la gendarmerie.
00:50:24 Est-ce qu'on en sait un peu plus ?
00:50:25 C'est quelqu'un qui vient de la région, qui connaissait la zone,
00:50:28 c'est la première fois qu'elle passait par ce hameau ?
00:50:30 Je ne peux pas vous donner d'éléments sur ça.
00:50:32 Ça relève du secret d'enquête et je n'ai pas d'éléments.
00:50:36 Ça n'apportera des éléments que pour les enquêteurs et pas pour le grand public.
00:50:40 OK, évidemment, et vraiment, je vous présente mes excuses
00:50:43 si parfois ces questions peuvent empiéter sur l'enquête.
00:50:47 L'autre question qu'on pourrait se poser,
00:50:49 est-ce que d'expérience, vous aviez déjà vu ce scénario-là,
00:50:53 c'est-à-dire une disparition, une zone qui est passée au crible
00:51:00 par les enquêteurs, par les gendarmes,
00:51:02 et puis neuf mois plus tard, il s'avère qu'on retrouve des indices.
00:51:07 Ça a pu arriver sur certaines affaires dont certaines ont été médiatisées
00:51:11 en fonction du terrain.
00:51:13 Quand le terrain est très accidenté ou quand vous êtes proche de falaises,
00:51:17 on peut passer à côté d'ossements.
00:51:20 Donc c'est une hypothèse, c'est pour ça qu'elle est infime,
00:51:23 mais on ne peut pas complètement l'écarter.
00:51:25 D'accord.
00:51:26 Et vous avez dit qu'il faudra laisser du temps pour les gendarmes de fouiller,
00:51:32 de sécuriser également la zone et de la repasser justement au crible, au panier fin.
00:51:38 On sait si à court terme, on pourrait avoir des informations,
00:51:42 c'est-à-dire de nouveaux indices dans les prochaines heures
00:51:45 ou quand vous parlez de cette enquête, c'est une enquête qui va durer des semaines.
00:51:50 Ça peut être dans les prochaines heures, ça peut être dans les prochains jours,
00:51:52 ça peut être plus long, tout dépend des analyses qu'on va pouvoir effectuer.
00:51:57 Déjà les ossements qui sont encore analysés à pontoise
00:52:00 par les instituts de recherche criminelles et de la gendarmerie
00:52:03 permettront peut-être de préciser les choses si les ossements ont été altérés.
00:52:07 Donc est-ce qu'on a une trace de cou, est-ce qu'on a une trace de dents
00:52:11 d'un animal qui aurait déplacé cet ossement ?
00:52:14 Donc on a déjà des éléments qui peuvent être apportés dans cette analyse des ossements
00:52:18 et les analyses des sols permettront aussi d'affirmer ou de confirmer certaines choses.
00:52:24 Par exemple, est-ce que ces ossements étaient présents depuis longtemps ?
00:52:27 Puisque quand on a un couloir sur place,
00:52:29 il y a aussi une modification du terrain qui se trouve en dessous
00:52:33 et donc les anthropologues sur place pourront peut-être définir
00:52:37 s'ils étaient présents depuis longtemps ou pas.
00:52:39 Célia Barotte, vous avez peut-être une question ?
00:52:40 Oui, jeudi dernier, il y a eu une mise en situation
00:52:43 qui a été organisée sur la commune du Hameau du Hauvernet.
00:52:48 Est-ce que cette mise en situation a révélé des réussites ?
00:52:51 Est-ce qu'il y a eu des pistes aussi engagées ?
00:52:54 Même si on sait que cette découverte n'est pas une conséquence de cette mise en situation,
00:53:01 mais est-ce qu'il y a eu aussi des témoignages ou des incohérences
00:53:04 qui ont permis d'écarter certaines pistes ou d'en ouvrir d'autres ?
00:53:08 Ça, c'est pareil, je ne peux pas me permettre de vous donner d'éléments
00:53:10 parce que c'est vraiment le secret de l'enquête et je ne peux pas vous donner de détails,
00:53:13 mais ce qui est certain, c'est qu'on n'a pas de lien pour l'instant d'établi
00:53:17 entre cette mise en situation et la découverte fortuite des ossements par une randonneuse.
00:53:23 La seule question qu'on pourrait se poser, Madame la porte-parole,
00:53:26 c'est est-ce que lors de la mise en situation, on est passé par cette zone-là ?
00:53:33 Ça, c'est pareil, je ne peux pas vous donner de détails.
00:53:34 Non, mais encore, vraiment...
00:53:36 C'est pas si c'était pendant le batu ou si c'était pendant la mise en situation, finalement.
00:53:39 Non, oui, je ne peux pas vous donner de détails, d'éléments.
00:53:42 Là, on est vraiment dans l'enquête elle-même.
00:53:44 Moi, je peux vous expliquer comment on travaille,
00:53:45 comment un anthropologue travaille et comment on va faire des recherches sur le sol
00:53:50 en creusant, en vérifiant ce qu'on appelle la fosse autour de la zone
00:53:53 où on a découvert les ossements, mais je ne pourrais pas vous en dire plus.
00:53:56 Mais quand on dit que cette zone a été fouillée,
00:53:57 on ne peut pas savoir si c'était lors des premières battues citoyennes ou lors des dernières.
00:54:02 Cette première zone a été fouillée au départ, dans les recherches.
00:54:07 Et on avait mis beaucoup de moyens, justement, pour faire ces recherches à l'époque.
00:54:11 Et déjà, merci d'être avec nous ce matin.
00:54:13 Je sais que vous êtes justement très sollicité depuis plus de 24 heures
00:54:18 et que vous répondez à chaque fois à nos sollicitations.
00:54:21 Donc, un grand merci d'être avec nous.
00:54:23 Monsieur Roffer, vous vouliez réagir ?
00:54:24 Un petit point complémentaire sur la temporalité.
00:54:27 Bien sûr.
00:54:27 Beaucoup des analyses dont madame le colonel nous parle
00:54:32 tiennent à des réactions chimiques ou des réactions physiques
00:54:36 qui prennent le temps qu'elles prennent.
00:54:37 On ne peut pas les hâter.
00:54:39 Quand on découvre un morceau d'une matière quelconque
00:54:43 et qu'il faut la soumettre à une analyse chimique pour apprendre ceci ou cela,
00:54:47 si la réaction met trois jours ou quatre jours à se faire,
00:54:50 elle met trois jours ou quatre jours.
00:54:51 On ne peut pas bousculer les choses.
00:54:53 C'est la raison pour laquelle, là aussi, le mieux est l'ennemi du bien.
00:54:57 On est en direct avec Thibault Marcheteau, qui est notre envoyé spécial.
00:55:03 Ah, il n'est pas encore avec nous, Thibault Marcheteau.
00:55:04 Je pensais qu'il était avec nous.
00:55:06 On ira le voir dans un instant.
00:55:10 Peut-être le temps pour moi de vous poser quelques questions.
00:55:14 Colonel Marie-Laure Pesan, je revenais sur les moyens qui sont mis en place.
00:55:21 Est-ce que c'est des moyens qui sont plus importants
00:55:23 que lors des premières heures de la disparition du petit Emile en juillet dernier ?
00:55:30 On n'est pas sur le même type de moyens.
00:55:31 À l'époque, il s'agissait de rechercher une personne qui était disparue.
00:55:35 Donc, on avait déployé de nombreux moyens pour faire des recherches,
00:55:39 quadriller des zones, déployer des hélicoptères aussi pour faire des reconnaissances.
00:55:44 Là, on est plutôt sur un périmètre plus restreint,
00:55:47 qui est nécessaire de sécuriser.
00:55:49 Et on engage surtout des moyens spécialisés avec des expertises spécifiques.
00:55:53 Donc, on est plutôt dans un type de moyens qui est différent.
00:55:58 Merci beaucoup, Colonel Marie-Laure Pesan,
00:56:00 porte-parole de la gendarmerie, pour ces précisions.
00:56:05 Et voilà ce qu'on pouvait dire.
00:56:06 Encore une fois, on comprend bien qu'il y a très peu d'éléments
00:56:11 qui nous permettent d'avancer aujourd'hui
00:56:13 et d'apporter plus d'informations aux téléspectateurs
00:56:16 qu'on pouvait en avoir déjà hier.
00:56:20 Autre sujet d'actualité, toujours difficile de passer à autre chose.
00:56:26 Et c'est vrai que c'est un sujet qui est un peu plus futile.
00:56:30 Mais ça a été complètement sous-traité.
00:56:31 Et par la classe politique et par la classe médiatique,
00:56:34 on va parler de cette ancienne journaliste
00:56:36 qui est désormais militante et qui est devenue humoriste,
00:56:41 qui opère sur France Inter,
00:56:43 qui a également été accueillie par nos confrères de quotidien.
00:56:47 Elle était l'invitée de Mediapart Festival.
00:56:49 Elle s'appelle Mao Drama.
00:56:50 Elle a pris la parole.
00:56:51 Alors là, ce n'était pas du tout lors d'un sketch ou d'une comédie.
00:56:58 Elle était vraiment sur une conférence, une table ronde,
00:57:00 sur l'extrême droite et elle a question sur l'extrême droite.
00:57:04 Est-ce que si demain Marine Le Pen est élue présidente de la République,
00:57:08 est-ce qu'il ne faudrait pas prendre les armes ?
00:57:09 Est-ce qu'il y a des factions armées ?
00:57:11 Et voilà ce qu'elle a dit.
00:57:12 Je ne sais pas me battre.
00:57:13 Je ne suis pas courageuse à ce point-là,
00:57:14 mais si certains le sont, je ne peux que les encourager.
00:57:17 On voit le sujet et on en parle juste après.
00:57:21 Le 16 mars dernier, lors du Mediapart Festival,
00:57:24 l'humoriste de 30 ans participait à un débat sur le thème
00:57:28 "Comment lutter contre l'extrême droite".
00:57:30 Est-ce que nous aussi on a des factions armées ?
00:57:31 On se prépare à leur répondre.
00:57:33 Est-ce que l'on doit être radicaux jusqu'à ce point-là ?
00:57:36 Est-ce qu'on doit faire la révolution ?
00:57:38 Je ne pose que des questions, mais je trouve qu'elles se posent vraiment.
00:57:41 Avant de viser directement le Rassemblement national et Marine Le Pen,
00:57:45 en imaginant une victoire du RN à l'élection présidentielle de 2027.
00:57:49 S'il y a l'accession au pouvoir de Marine Le Pen,
00:57:51 on ne pourra pas juste continuer à mettre des affiches en disant "Patriarcat".
00:57:55 Je ne sais pas me battre, je ne suis pas courageuse à ce point-là,
00:57:59 mais si certains le sont, je ne peux que les encourager.
00:58:02 Une déclaration contre le Rassemblement national,
00:58:05 qui a fait réagir la députée du Var lors de la valette ce samedi sur X.
00:58:09 Devant ces propos d'une extrême gravité diffusés par Mediapart,
00:58:13 je saisis le procureur de la République sur le fondement de l'article 40
00:58:16 du code de procédure pénale.
00:58:18 L'incitation publique à la violence est un délit passible
00:58:20 d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende.
00:58:23 Et justement, Laure Lavallette est avec nous,
00:58:27 vous êtes porte-parole des députés du RN à l'Assemblée.
00:58:33 Quel regard portez-vous sur ce dossier-là ?
00:58:35 Je sais que vous avez saisi la procureure de la République,
00:58:39 mais vous attendez quoi de cette saisine ?
00:58:43 Merci Eliott Deval.
00:58:44 Déjà, le message qu'on veut faire passer, c'est qu'on ne laissera plus rien passer.
00:58:48 Et que nous saisirons l'Arc-Homme, le procureur de la République,
00:58:52 à chaque fois que des propos insensés d'une extrême gravité,
00:58:56 comme ceux qui ont été tenus au colloque de Mediapart, seront tenus.
00:59:00 Marine Le Pen, elle a fait 12,13, pardon,
00:59:03 12,2 millions d'électeurs au deuxième tour de la présidentielle.
00:59:08 Qu'on ne le veuille ou non, ces gens-là vont devoir s'y faire.
00:59:11 On ne va pas, nous, subir la tyrannie dogmatique
00:59:14 d'une infime minorité de journalistes.
00:59:18 Ils ne peuvent plus faire la pluie et le beau temps
00:59:20 et tenir des propos aussi scandaleux.
00:59:24 Et vous le disiez, elle vient d'arriver chez Quotidien,
00:59:26 elle n'est pas née de la dernière pluie,
00:59:27 elle a déjà travaillé chez LCI, chez Voici, chez Nova.
00:59:30 Elle savait exactement ce qu'elle faisait.
00:59:33 Ça n'était pas en l'air.
00:59:36 Et vous avez bien vu d'ailleurs, elle a commencé à se reprendre,
00:59:38 puis non, elle s'est arrêtée.
00:59:40 On avait l'impression qu'ils étaient tranquillou dans leur fauteuil,
00:59:43 en train d'organiser un événement type Capitole,
00:59:46 type ce qui s'est passé aux États-Unis
00:59:49 une fois la victoire de Joe Biden.
00:59:50 C'est proprement scandaleux.
00:59:52 La seule arme qui vaille en démocratie,
00:59:53 c'est évidemment le bulletin de vote.
00:59:56 Mais ils ont un peu de mal, mes camarades de gauche,
00:59:59 à respecter et à bien comprendre ça.
01:00:02 Vous qui êtes autour de ce plateau des observateurs de la vie politique,
01:00:06 vous le savez bien, ils ont, cette gauche et cette ultra-gauche,
01:00:09 même les collègues députés, un vocabulaire qui est toujours assez guerrier.
01:00:13 On dit que ce sont gentiment des révolutionnaires,
01:00:16 mais ils n'ont même pas le vocabulaire de 1889,
01:00:18 c'est plutôt celui de l'extérieur.
01:00:20 Pardonnez-moi de vous couper, mais vous avez dit
01:00:21 que ce sont des propos scandaleux.
01:00:22 Des propos scandaleux ne sont pas forcément
01:00:24 des propos pénalement répréhensibles.
01:00:27 Alors là, pourquoi avoir saisi le procureur de la République ?
01:00:29 Je répète ma question.
01:00:30 Là, ça l'est, figurez-vous,
01:00:32 parce qu'on ne peut pas inciter publiquement à la violence et à la haine.
01:00:37 Il y a même un autre article du Code pénal,
01:00:39 là, que nous n'avons pas saisi, qui est le 412-8,
01:00:42 où effectivement, prendre les armes face à l'État,
01:00:46 ou à l'État en place, est évidemment puni,
01:00:52 à la fois d'emprisonnement et d'une grosse amende.
01:00:55 Si vous voulez, ce pseudo humoriste appelle carrément à la sédition.
01:01:01 C'est quand même fou, et surtout, vous le disiez,
01:01:03 ça s'est passé dans l'indifférence générale.
01:01:06 Imaginez un seul instant que vous, ce matin,
01:01:08 sur votre plateau, Eliott Devan, un de vos chroniqueurs
01:01:12 est appelé, comme ça, à prendre les armes
01:01:14 contre un parti politique ou une personnalité politique.
01:01:17 Mais c'est même le quart de la moitié de ce qu'a dit Maho Drama.
01:01:22 Je peux vous assurer que ça aurait fait une polémique nationale
01:01:25 et que pendant trois jours, tous les grands médias
01:01:27 n'auraient parlé que de ça.
01:01:28 Là, c'est passé à l'Asse, il y a Corore Belger et Julien Dré aussi,
01:01:32 qui se sont un peu levés, j'allais dire courageusement.
01:01:35 Merci beaucoup, Laura Lavalette.
01:01:36 Alors, je tiens à rassurer les téléspectateurs.
01:01:39 Si un jour, l'un d'entre vous aurait le malheur d'appeler à la guerre
01:01:42 sur ce plateau, je le reprendrais en disant,
01:01:45 messieurs ou mesdames, vous n'avez pas compris,
01:01:47 il y a un principe, c'est la démocratie.
01:01:48 Les gens votent et puis, ils appellent à la sédition,
01:01:51 on les appelle à prendre les armes.
01:01:52 C'est ailleurs, mais pas ici, peut-être au Festival Mediapart,
01:01:54 mais pas sur le plateau de CNews.
01:01:57 Pierre Gentillet, c'est vrai qu'après, Martin Garagnon,
01:02:01 parce que vous avez été plutôt discret, à part Mme Aurore Belger,
01:02:03 à condamner ce qui s'était passé.
01:02:05 Ah non, mais moi, je trouve ça formidable.
01:02:07 C'est-à-dire qu'effectivement, là, c'est le capital autorisé,
01:02:09 si j'ose dire, c'est-à-dire que là, on peut appeler à la violence.
01:02:12 Moi, je pense que plus précisément ici, c'est l'appel à la sédition.
01:02:15 Étrangement, c'est un point de droit, l'appel à la sédition,
01:02:17 c'est plus faible en termes d'emprisonnement,
01:02:18 c'est deux mois d'emprisonnement dans mes souvenirs d'études de droit
01:02:22 que l'appel à la violence ici, je crois que c'est un an.
01:02:24 Mais ce qu'il faut juste répondre à cette dame, très court,
01:02:27 c'est que normalement, cette personne, si on appliquait la justice,
01:02:31 elle devrait être en prison.
01:02:33 Mais ils sont dans un tel sentiment d'impunité,
01:02:36 parce que c'est ça le fond du sujet,
01:02:38 et ils n'ont tellement rien à dire contre la montée inexorable
01:02:42 de ce qu'ils appellent l'extrême droite, qu'ils paniquent.
01:02:45 Moi, je prends ça comme un signe de panique.
01:02:47 Juste un mot.
01:02:48 Attendez, monsieur Martin Garagnon,
01:02:51 à part madame Aurore Berger, qui a été très claire sur le sujet,
01:02:56 j'ai cherché longuement les réactions des démocrates que vous êtes,
01:03:01 et je n'en ai pas vu.
01:03:02 Mais vous savez...
01:03:03 Ça veut dire que c'est un non-sujet ?
01:03:04 Non, non, c'est pas un non-sujet,
01:03:06 ce sont des propos extrêmement graves qui, comme ça a été dit,
01:03:09 sont un appel à la sédition,
01:03:10 mais sont aussi une incitation à la violence physique sur nos élus.
01:03:14 Or, c'est un sujet, on le sait depuis des mois et des mois,
01:03:16 nos élus, quels qu'ils soient,
01:03:18 sont la cible de plus en plus fréquemment de violences physiques,
01:03:21 d'agressions verbales, etc.
01:03:23 Donc ça contribue, ça participe aussi à cette dynamique-là.
01:03:26 C'est pas du tout un non-sujet, c'est un sujet extrêmement grave.
01:03:28 En démocratie, il n'y a pas de match de retour qui se joue dans la rue,
01:03:31 c'est le verdict des urnes,
01:03:32 et c'est au moment des urnes qu'il faut être convaincant.
01:03:35 Et si les résultats ne sont pas à la hauteur de nos espérances,
01:03:37 il faut quand même l'accepter.
01:03:39 Le problème avec l'extrême-gauche, c'est que c'est toujours pareil,
01:03:40 c'est que les élections, ils les acceptent quand elles tournent en leur faveur.
01:03:43 Et là, ce sont des propos, finalement, qui s'inscrivent un peu
01:03:46 dans ce que Mélenchon fait depuis élection après élection,
01:03:49 c'est-à-dire qu'on passe d'une élection à l'autre,
01:03:51 où à chaque fois, on annonce que si le résultat ne nous convient pas,
01:03:54 eh bien, voilà, et là, on est clairement dans un appel à la violence.
01:03:57 Donc les propos de la députée Lavalette sont extrêmement clairs
01:04:01 et il faut les soutenir, parce qu'un député,
01:04:03 quelle que soit son appartenance partisane, est un député,
01:04:06 avec la même légitimité, quel que soit son bord,
01:04:09 que ça nous plaise ou non, c'est le principe de la démocratie.
01:04:11 Et les condamnations de Mme Berger sont aussi très claires.
01:04:14 – Ah bah oui, mais c'est bien ce que je dis, c'est la seule
01:04:16 et c'était hier au micro de Sonia Mabrouk.
01:04:18 – Je partage aussi de cette clarté, mais si on commence à commenter
01:04:21 les hélicubrations de ses amis LFI, on ne va pas s'en sortir,
01:04:24 parce que c'est un jour un propos de cette nature-là,
01:04:26 ce qui est scandaleux, il ne faut pas laisser le faire.
01:04:28 – Monsieur Roffer, vous avez une réaction ?
01:04:30 – Oui, dans un de ses livres qui s'appelle "Le digibrumaire"
01:04:33 de Louis-Napoléon Bonaparte, Karl Marx, citant Hegel,
01:04:38 dit que l'histoire repasse toujours les plates deux fois,
01:04:41 la première fois sous forme de tragédie
01:04:43 et la deuxième fois sous forme de famine.
01:04:44 – Oui. – Voilà, donc je dirais simplement,
01:04:47 s'agissant de cette dame-là pas très maligne,
01:04:50 que c'est vachement plus facile.
01:04:51 – Elle n'a pas les mêmes références que vous, Maudrama,
01:04:53 elle parle de patriarcat, donc vous voyez,
01:04:56 ce n'est pas la même échelle d'experts,
01:04:59 d'expertises et d'expériences.
01:05:01 – Mais je m'en fais dans le scato,
01:05:02 et ce que je voulais conclure,
01:05:04 c'est de dire que c'est vachement plus facile d'être Antifa
01:05:06 quand il n'y a pas la phalange en face de soi,
01:05:08 comme en 1936, voyez-vous.
01:05:09 – Oh, il faut qu'on en parle.
01:05:11 – C'est vrai, il n'y a pas de menace.
01:05:12 – Non, écoutez, restons à l'équilibre,
01:05:16 gardons un peu de hauteur.
01:05:17 – Absolument.
01:05:18 – Merci à tous les cinq, c'était une émission
01:05:20 un peu bousculée par les dernières informations
01:05:23 concernant la disparition d'Émile.
01:05:26 Sonia Mabrouk, dans une seconde,
01:05:28 demain matin vous retrouverez bien sûr Jean-Marc Morandini.
01:05:32 Merci aux équipes en régie pour la préparation de cette émission.
01:05:35 ...
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