00:00 L'invité éco, Camille Revel.
00:04 Bonsoir à toutes et à tous, notre invité éco ce soir c'est vous Laurent Favre, bonsoir.
00:08 Bonsoir.
00:09 Vous êtes directeur général de l'équipementier automobile Hopi Mobility, c'est le tout nouveau nom de Plastique Omnium.
00:14 Plus de 11 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2023, 152 usines dans le monde.
00:19 On va citer quelques-uns de vos clients, pas tous, Stellantis, Volkswagen, Renault, Tesla entre autres,
00:24 vous fabriquez notamment, mais pas seulement, on aura l'occasion d'en parler, des réservoirs à essence ou des pare-chocs.
00:30 Pourquoi changer de nom ?
00:32 Pourquoi changer de nom ? Parce qu'on est une entreprise qui se transforme, qui s'est transformée très très rapidement.
00:36 Et donc l'ancien nom Plastique Omnium ne représentait plus ce que nous sommes aujourd'hui, un acteur majeur de la mobilité.
00:42 Vous avez cité certains clients et une envie de continuer à se transformer, à accélérer vers des nouveaux métiers,
00:47 en plus des métiers traditionnels que vous avez cités.
00:50 Donc c'est une affirmation de notre nouvelle identité et c'est un nouvel élan vers une accélération de notre transformation.
00:55 C'est le mot plastique qui n'allait plus ?
00:57 Non, pas du tout. La raison d'être de l'entreprise à l'origine, qui a été créée en 1946, entreprise familiale, c'était le plastique.
01:03 Donc on a fait les capuchons, des stylobiques, des planches à voile, les plaques et des caires.
01:08 Et puis à peu, l'entreprise s'est transformée vers un équipementier mondial focalisé sur l'automobile,
01:13 s'est développée, a développé des nouveaux produits, récemment l'hydrogène, l'électrification, le logiciel.
01:19 Et donc le point commun n'était plus le plastique mais la mobilité.
01:23 Et vous avez rajouté ce mot effectivement de mobilité, on a parlé mobilité individuelle avec l'automobile,
01:28 il y a aussi les mobilités lourdes dans vos projets ?
01:30 Tout à fait. Donc aujourd'hui, Hopi Mobility équipe déjà un quart des véhicules particuliers qui roulent.
01:35 Donc nos auditeurs ont une voiture probablement avec un produit d'Hopi Mobility.
01:39 Mais on veut se développer vers d'autres types de mobilité, donc les trains, les camions.
01:43 Et notamment l'hydrogène nous permet d'y arriver.
01:46 Donc on équipe aujourd'hui par exemple des trains Alstom qui fonctionnent à l'hydrogène,
01:50 avec des réservoirs à l'hydrogène faits par Hopi Mobility.
01:52 C'est l'avenir pour les mobilités à l'hydrogène à votre avis ?
01:55 Nous on pense que l'avenir sera multiple en termes de technologie,
01:58 il restera du moteur à combustion pour certains usages dans certains pays,
02:01 il y aura beaucoup de batteries, mais il y a également de l'hydrogène,
02:04 notamment pour la mobilité lourde, le transport de marchandises, les camions,
02:08 pour lesquels les enjeux de décarbonation sont très importants,
02:11 mais pour lesquels la batterie, de par son poids, les temps de recharge,
02:14 n'est pas la meilleure des solutions. Donc l'hydrogène, oui, aura une place importante.
02:17 Et vous avez des objectifs d'investissement sur ces catégories-là,
02:21 hydrogène, batterie, et je veux même ajouter des objectifs de résultats ?
02:25 On a des objectifs d'investissement, des réalités d'investissement.
02:28 Quand on parle de l'hydrogène, on a investi 500 millions dans l'hydrogène,
02:31 donc c'est beaucoup. On est en train de construire une usine à Compiègne,
02:35 dans le nord de la France, pour faire des réservoirs à l'hydrogène,
02:38 pour Alstom, pour Stellantis, pour Renault, et on va encore investir
02:41 une centaine de millions par an, partout dans le monde, en France, en Chine,
02:44 en Corée, aux Etats-Unis, pour équiper l'ensemble des acteurs
02:47 de systèmes à hydrogène pour la mobilité lourde.
02:50 Donc oui, c'est une réalité d'investissement importante pour Hopi Mobility.
02:53 Il y a eu des fermetures d'usines chez vous dans le passé ?
02:56 Est-ce qu'aujourd'hui, cette nouvelle structure, ce nouvel Hopi Mobility,
02:59 va être synonyme de création d'emplois ?
03:01 Globalement, on est une entreprise qui croit. On a eu une croissance de 20% l'an dernier,
03:05 dont 20% dans un marché qui était plus ou moins stable,
03:07 donc on est en croissance. Malheureusement, parfois, il faut adapter
03:10 certaines capacités. La fermeture d'usine à laquelle vous faites référence,
03:14 c'était en Allemagne, pour des réservoirs à carburant. L'Europe va vers l'interdiction
03:19 de ce type de technologie. Donc nous, on investit pour compenser
03:23 dans des usines à batterie, dans des usines à hydrogène, où on crée des emplois.
03:26 On a parlé technologie, parlons géographie. Maintenant, vous misez sur de nouveaux marchés,
03:30 d'autres continents ?
03:32 On a 152 usines, on est présent dans 28 pays. 50% de notre chiffre d'affaires,
03:36 c'est en Europe, 5% en France. Et maintenant, les relais de croissance
03:40 sont principalement en Chine, en Asie, aux Etats-Unis. On investit dans ces pays.
03:44 On ouvre très bientôt à Austin, Texas, une usine dédiée à Tesla.
03:48 Vous avez parlé de Tesla tout à l'heure, qui sera une des plus grosses usines du groupe.
03:51 Donc on va chercher des sources de croissance un petit peu partout dans le monde.
03:53 Cela veut dire que l'Europe comptera moins pour vous dans votre chiffre d'affaires,
03:58 dans vos projets, ou il y aura toujours une part qui sera là ?
04:01 L'Europe sera toujours une partie importante de nos activités,
04:04 mais par rapport aux autres, en relation par rapport aux autres,
04:07 sera de moins en moins importante, tout simplement parce que le marché européen
04:10 de la production a perdu 10 à 15% des volumes ces dernières années.
04:13 Donc Hopi Mobility s'adapte.
04:15 Vous avez parlé de la future interdiction de vente de voitures à moteur thermique
04:18 au sein de l'Union Européenne, c'est pour 2035. Est-ce que vous continuez quand même
04:22 de miser pour d'autres marchés sur vos réservoirs à essence, justement ?
04:25 Bien sûr, bien sûr. Parce que c'est simplement l'Europe qui a décidé de cette interdiction.
04:30 Par contre, ce n'est pas le cas aux Etats-Unis, ce n'est pas le cas en Amérique du Sud,
04:33 ni en Asie. Donc on continue à développer cette activité, à transférer des capacités
04:37 d'Europe vers d'autres pays pour continuer à pérenniser cette activité,
04:41 qui permet également de décarboner la mobilité avec des systèmes de dépollution.
04:45 Vous avez des objectifs de décarbonation ?
04:47 On a des objectifs concrets de décarbonation. On s'était engagé à réduire
04:50 de 30% nos émissions de CO2 d'ici 2030. On l'a fait déjà en 2023.
04:55 Donc on est en route. Et dans les 152 sites d'OPI Mobilité, on sera neutre en carbone dès 2025.
05:01 On a parlé hydrogène et mobilité lourde, vous avez parlé de trains.
05:04 Je voudrais qu'on parle des voitures électriques maintenant.
05:07 Vous voyez ce marché qui effectivement se développe.
05:09 Est-ce qu'il y a une demande forte, à votre avis, à long terme, qui se construit ?
05:13 Est-ce qu'elle est là, cette demande des consommateurs pour l'électrification ?
05:16 Je pense que la demande est là. La demande est là si les véhicules électriques
05:19 répondent aux besoins des consommateurs. Et le premier besoin du consommateur,
05:23 c'est une mobilité qui soit accessible. Et aujourd'hui, le problème ou l'enjeu
05:27 pour les véhicules électriques, c'est d'arriver à des niveaux de prix qui soient plus accessibles.
05:31 Le véhicule moyen en France est beaucoup plus cher par rapport au salaire médian.
05:36 Il a augmenté de 50% en 5 ans, alors que le salaire de médian n'a pas augmenté de 50%.
05:40 Donc oui, la demande est là, à condition que les véhicules électriques soient accessibles.
05:44 Est-ce que votre carnet de commandes reste plein ?
05:47 Le carnet de commandes est plein. L'année dernière, c'était 20 milliards de commandes prises
05:51 dans tous les métiers, dans tous les pays.
05:54 La trajectoire de croissance est confirmée pour Hopi Mobility.
05:58 Et il est plein de commandes d'anciens clients ou de nouveaux clients ?
06:02 C'est un bon mix. On aime bien parler de ce mix clients.
06:05 Nos anciens clients, Stellantis, Volkswagen, sont importants pour nous.
06:08 Par contre, on constate qu'ils perdent des parts de marché de par l'électrification.
06:12 Donc on a des relais de croissance avec Tesla, qui devient un client de plus en plus important.
06:16 Et puis avec des acteurs de la mobilité lourde, pour les camions, pour les trains.
06:19 Je parlais d'Astom tout à l'heure. Donc encore une fois, pour s'adapter à un marché qui se transforme.
06:23 Vous êtes optimiste ?
06:24 Très optimiste. Et dans Hopi Mobility, "Hopi" ça veut dire optimiste également.
06:28 Merci beaucoup Laurent Favre, directeur général de Hopi Mobility.
06:31 C'est le nouveau nom de l'équipementier automobile Plastic Omnium.
06:34 Et vous êtes notre invité ce soir sur France Info.
06:37 [Musique]
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