00:00 Céline Landreau, Éric Brunet, RTL Midi.
00:03 Nous allons poursuivre sur cette voie de rigueur et de responsabilité avec toujours un fil rouge, c'est celui du travail.
00:09 C'est ce que nous allons poursuivre avec la réforme de l'assurance chômage parce que plus nous aurons de Français qui travaillent, plus nous aurons de possibilités d'équilibrer nos finances.
00:19 L'heure est à la chasse aux économies au sommet de l'État.
00:22 Rigueur, le mot a été lâché hier à l'Assemblée nationale par Gabriel Attal, le Premier ministre qui réunit son gouvernement aujourd'hui à Matignon pour un séminaire consacré au travail.
00:32 Pour en parler avec nous, Mathilde Piquet en direct de Matignon justement et William Gallibert du service politique de RTL en studio.
00:38 Bonjour à tous les deux.
00:39 Bonjour.
00:39 Bonjour.
00:40 Mathilde, vous avez vu les ministres arriver ce matin avec des mines un peu crispées.
00:45 Oui, des sourires forcés, des bonjours timides, un passage express par la cour de Matignon avant trois heures de réunion autour du Premier ministre Gabriel Attal.
00:54 Le ton est donné et pour cause.
00:56 La communication de ce séminaire est très cadrée, interdiction pour les ministres de parler au micro, aux caméras, avant comme après la réunion.
01:03 Le but ce matin, aborder le travail à 360 degrés, explique l'entourage du Premier ministre.
01:09 Il faut comprendre garder la main sur le sujet plutôt que de déléguer à d'autres membres du gouvernement car le plein emploi, atteindre 5% de chômage est un objectif phare de la fin du quinquennat.
01:18 Alors William Gallibert, on parle de séminaire de travail, là des ministres, on a bien compris, mais ça ressemble surtout à un séminaire de crise.
01:25 Oui, vous savez quand quelqu'un n'arrête pas de vous répéter qu'il faut garder son sang froid, c'est généralement que lui-même est peut-être en train de perdre ce sang froid.
01:34 Pas de panique, c'est le message que nous a martelé Bruno Le Maire hier sur RTL, que reprennent en boucle tous les conseillers de l'exécutif.
01:40 Mais l'organisation même de ce séminaire prouve que oui, il y a quand même un peu panique à bord, il y a cette situation budgétaire plombée.
01:46 On comprend aussi, on va y revenir en détail avec Mathilde, qu'il n'y a pas 36 pistes de travail puisque la porte par exemple à des augmentations d'impôts, ne serait-ce que pour les plus riches, a déjà été fermée.
01:57 Donc vous avez le cœur du problème, la dette et les à-côtés, aussi comment vous allez l'annoncer, là aussi on va en reparler, comment vous préparez les Français à des annonces qui par nature vont être très très mal accueillies.
02:09 Bon, sur la table, le gros dossier ça reste l'assurance chômage, car Mathilde, l'exécutif est persuadé qu'il y a des milliards à gratter de ce côté-là.
02:16 Oui, alors officiellement, Matignon se dit simplement rester attentif au dossier de l'assurance chômage, puisque son financement est quand même géré par les partenaires sociaux.
02:24 Malgré tout, le gouvernement pourrait aller chercher des économies sur trois volets.
02:28 Le premier, réduire la durée d'indemnisation des chômeurs, elle est aujourd'hui de 18 mois, et bien en coulisses, on évoque une nouvelle durée maximale de 14 mois et demi.
02:36 Ça fait 3 mois et demi en moins à payer, une source justement d'économie.
02:41 Deuxième volet, durcir les conditions d'accès à l'assurance chômage.
02:45 La règle en vigueur actuellement, c'est que vous devez avoir travaillé au moins 6 mois au cours des deux dernières années pour prétendre à des allocations chômage.
02:52 Là, l'idée, c'est d'inciter les salariés à rester dans l'emploi plus longtemps et donc réduire le taux de chômage mécaniquement.
02:59 Et puis, troisième piste, accentuer la dégressivité des allocations, parce que quand vous êtes au chômage, le revenu qui vous est versé diminue quand vous approchez de la fin de vos droits, de la période d'indemnisation.
03:11 Et bien le gouvernement pourrait accélérer le calendrier aussi de ce côté-là.
03:14 Passionnant, c'est absolument passionnant. Parce que je peux vous dire que si on met ça en oeuvre dans les prochaines semaines, prochains mois, il va y avoir vraiment une réponse sociale immédiate à mon avis.
03:27 Cette efficacité est encore à prouver. Il va falloir, pour Gabriel Attal, annoncer, expliquer tout ça aux Français.
03:36 C'est a priori ce soir que ça se fait dans un journal de 20h où il n'y a rien de bien.
03:40 20h de TF1, ça c'est sûr. Quand vous arrivez chez le dentiste pour vous faire arracher une dent, même si on vous offre un verre d'eau, même si on vous accueille gentiment, même avec l'anesthésie qui va bien,
03:50 au bout du compte, il va falloir quand même sortir les pinces et arracher la dent.
03:53 Donc pour l'instant, on prépare le terrain. Il y a eu l'annonce des mauvais chiffres. Il y a ce séminaire, il y a le mot "rigueur" qui a été prononcé.
03:59 À un moment, il va donc falloir annoncer et confirmer les mauvaises nouvelles. Mais le plus probable, c'est que ce soir, Gabriel Attal, aux 20h de TF1, ne rentre pas dans le détail.
04:09 Qu'il trace plutôt des grandes orientations, qu'il dessine un calendrier de discussions, de négociations qui pourraient s'allonger jusqu'à l'été.
04:18 Parce que, et vous en disiez un mot, Eric, il faut aussi penser aux partenaires sociaux, aux syndicats qui sont déjà globalement fâchés, qui ne faut pas encore braquer davantage.
04:28 Et on ne peut pas se permettre de leur apprendre, comme le reste des Français devant leur télé, les mauvaises nouvelles qui vont tomber.
04:34 Donc probablement qu'il y aura encore de la pédagogie, comme le dit le gouvernement, de l'explication aux Français.
04:39 Voilà pourquoi on en est là et ce qu'il va sûrement falloir faire. Mais le plus probable, c'est un calendrier qui va s'allonger et qui va s'étaler jusqu'à l'été.
04:48 Ces mesures, donc, dont on n'aura pas tous les contours dès ce soir, à vous entendre, William.
04:53 Ou seulement des contours, nous dirons-nous.
04:55 Elles ne résoudront de toute façon pas tous les problèmes, loin de là, Mathilde.
05:00 Non, déjà la première limite, c'est l'efficacité économique de telles mesures.
05:05 En fait, plusieurs spécialistes émettent des doutes sur les économies réellement permises par le changement des règles de l'assurance chômage.
05:12 Un exemple pour vous rendre compte, sur la réduction de la durée d'indemnisation, en fait, ce n'est qu'une petite partie des chômeurs qui va jusqu'au bout et utilise la totalité de leurs droits.
05:22 C'est donc peu efficace face aux milliards d'économies que le gouvernement doit trouver pour combler le déficit.
05:27 Et puis, la deuxième limite, c'est que le gouvernement a déjà réformé l'assurance chômage en 2019.
05:32 En 2023, de nouvelles règles ont été instaurées.
05:35 Ça s'appelle la contracyclicité. En clair, c'est durcir les règles quand le chômage diminue et puis les assouplir quand il repart à la hausse, à plus de 9%.
05:43 Alors, on n'y est pas encore. Mais en ce moment, le chômage augmente légèrement et ça devrait se poursuivre dans les prochains mois.
05:50 Une réforme avec des règles plus dures irait donc contre l'esprit de la dernière réforme, contre ce principe.
05:55 Merci beaucoup Mathilde Piquet. En direct de Matignon, à propos de Matignon, cette dernière minute.
06:03 Matignon nous apprend que le Premier ministre, Gabriel Attal, recevra cet après-midi le proviseur du lycée Ravel.
06:09 Vous savez, c'est ce proviseur qui a choisi de démissionner après avoir été menacé de mort suite à un incident lié au port du voile dans son établissement.
06:17 On marque une pause, Éric ?
06:19 Dans un instant, RTL midi votre vie. On va parler de l'approche de l'été et de bonne résolution.
06:27 Les bonnes résolutions, c'est un peu de sport. Se remettre au jogging, on s'y remet au jogging ?
06:31 Oui, mais comment ? Quelle chaussure choisir ? Est-ce que ce n'est pas son danger ? Voilà les questions qu'on se posera.
06:37 Voilà, pour parfaire votre corps, mesdames, messieurs, pour l'été qui arrive.
06:42 RTL midi
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