00:00 Je sais Patrick que le doux fumet qui émane de sa personne vous donne envie d'ouvrir
00:03 une bouteille de vin du Jura, mais non, ce n'est pas encore l'heure de la raclette,
00:06 c'est l'heure de la veille sanitaire.
00:08 C'est goûtu aussi ! Manon, chaque après-midi, un point sur ce qui agite les réseaux sociaux.
00:12 Aujourd'hui, vous nous parlez de sororité.
00:14 Je vous le dis souvent dans cette chronique, mais les réseaux sont loin d'être des
00:16 safe places pour les femmes.
00:18 Il suffit de voir les chiffres pour s'en rendre compte.
00:20 84% des victimes de violences en ligne et de cyber-harcèlement sont des femmes.
00:25 Entre sexisme, grossophobie ordinaire, sexualisation des corps, tendance malsaine, les femmes
00:29 doivent redoubler de vigilance sur les plateformes et elles en ont marre.
00:33 Du coup, certaines trouvent des solutions pour contrer la misogynie ambiante.
00:37 C'est le cas de Claire Succot, 32 ans, qui est à la tête du compte Instagram Meuf Paris
00:41 au plus de 216 000 followers.
00:43 Elle y poste des contenus engagés qui parlent aux femmes.
00:47 Elle parle aussi bien de culottes de raie que de violences sexuelles, de contraception
00:50 et de leur corps.
00:51 Et vu le succès de son compte, Claire a voulu aller encore plus loin en créant un réseau
00:56 social 100% réservé aux femmes.
00:59 Son nom, Meuf, tout simplement.
01:01 Et comment ça se présente ?
01:02 Alors déjà, il faut passer par une liste d'attente.
01:04 En fait, il y a eu tellement de demandes pour s'inscrire sur le réseau que la créatrice
01:07 a dû créer cette liste pour ne pas être dépassée.
01:10 Parce que s'inscrire sur Meuf, ce n'est pas aussi facile que de se créer un compte
01:13 Facebook.
01:14 Chaque identité est minutieusement vérifiée avec une photo et une carte d'identité.
01:19 Et après, ça fonctionne comme un réseau social.
01:22 On a un profil, on peut y poster des photos, des vidéos et des messages vocaux.
01:26 Le but est vraiment de créer une safe place pour les femmes qui ne veulent parler qu'entre
01:30 femmes.
01:31 Claire Succot prend son exemple personnel pour justifier sa démarche.
01:34 Son avortement en 2017 qu'elle a mal vécu.
01:36 Elle dit qu'elle n'a pas trouvé l'endroit sur internet pour pouvoir en parler et y trouver
01:41 des conseils.
01:42 Là, avec Meuf, ça pourra donc être le cas.
01:44 Elle veut même créer une carte interactive où les femmes pourront trouver des ressources
01:48 pour elles.
01:49 Par exemple, un endroit où trouver un tampon en urgence sans passer par la case supermarché.
01:54 Vous avez l'air de valider le projet en tout cas.
01:55 Bien sûr, j'ai fait une demande pour m'inscrire car ça m'intrigue de voir à quoi ça ressemble
01:59 réellement.
02:00 Et je valide d'autant plus que le dernier rapport du Conseil d'égalité Hommes-Femmes
02:03 montre une réalité assez flippante sur ce qu'on trouve sur les réseaux.
02:07 Par exemple, sur Instagram, 69% des contenus partagent des stéréotypes de genre.
02:13 Et sur TikTok, 61% des vidéos présentent des comportements masculins stéréotypés.
02:18 Forcément, je comprends que ça ne donne pas envie à certaines femmes d'y rester.
02:21 Entre les masculinistes qui font la promo de leur misogynie, les tendances malsaines
02:26 qui dénigrent les corps des femmes et les antiféministes qui malheureusement prennent
02:29 de plus en plus de place, c'est quand même compliqué de s'y sentir bien.
02:33 C'est aussi pour ça qu'il y a des lieux qui sont créés par des femmes et pour les
02:37 femmes sur les réseaux.
02:38 Je pense par exemple au groupe dont je vous ai déjà parlé qui cartonne sur Facebook
02:42 « Are we dating ? » de Same Guy où des femmes s'échangent des informations sur
02:45 les hommes qu'elles datent pour éviter de tomber sur des harceleurs potentiels.
02:49 Alors, ça peut paraître assez rude comme démarche, ça a même un côté délation
02:52 qui me dérange un peu, mais elles partent du principe qu'il vaut mieux prévenir que
02:56 guérir.
02:57 Et puis sur Instagram, il y a quand même de plus en plus de comptes consacrés aux femmes.
03:00 Je vous parlais de celui de Meuf Paris en début de chronique, mais il y a aussi celui
03:03 de Camille au Mont-Carnel qu'on avait reçu ici, je m'en bats le cliteau, qui parle
03:07 de plaisir féminin.
03:08 Celui de l'association « Dis bonjour sale pute » qui parle de violences sexistes ou
03:11 de J't'aime qui fait passer des messages féministes à travers ses « dessins ».
03:15 Des comptes créés par des femmes engagées de 30 ans et qui sont devenues des véritables
03:19 refuges pour des centaines de milliers de femmes.
03:21 Et c'est la preuve qu'il y a quand même des bonnes choses sur les réseaux.
03:23 Évidemment, après c'est quand même très triste d'en arriver là.
03:27 On se réjouit quand même d'une femme qui a créé un réseau social rien que pour les
03:30 femmes car elles ne se sentent pas assez en sécurité sur les plateformes traditionnelles.
03:34 Et le problème c'est que même si ce genre d'initiative est top, elle reste à petite
03:38 échelle.
03:39 Donc la majorité des femmes resteront sur Instagram, sur TikTok et sur les autres, donc
03:43 dans des environnements parfois malsains.
03:45 Encore une fois, c'est la modération de ces réseaux qu'il faudrait remettre en
03:48 question et tout leur fonctionnement autour des stéréotypes de genre qu'ils ne font
03:52 que perdurer.
03:53 Ce n'est pas normal de voir qu'aujourd'hui même les femmes influentes se font cyber harceler.
03:57 J'ai l'impression par exemple d'avoir parlé des dizaines de fois dans cette VS
04:00 des vagues de haine en ligne que subit les namafouf.
04:02 En fait, ça devient tellement constant que pour beaucoup c'est devenu la norme.
04:06 En fait, il y a une forme de logique car ceux qui dirigent les réseaux sociaux les plus
04:09 mainstream sont majoritairement des hommes.
04:11 Je ne dis pas que c'est ça la cause principale, mais ça fait évidemment partie du problème.
04:17 Et il faudrait peut-être commencer par attaquer ce fameux problème à la source et donc mettre
04:22 plus de femmes à la tête de ces plateformes.
04:24 Vous par exemple.
04:25 Oui, pourquoi pas !
04:26 Oui, c'est comme vous poulencez comme candidature j'ai l'impression.
Commentaires