00:00 Et votre invité médial, Laurent Vallière, a incarné Coluche dans le film d'Antoine Deconne, Bouillon dans le Petit Nicolas,
00:06 et ce soir, il est le nouveau héros d'une série récurrente sur TF1, le négociateur.
00:10 Bonjour François-Xavier Demaison.
00:12 Bonjour Laurent.
00:13 Alors dans le négociateur, vous êtes Antoine, un ancien négociateur de la BRI sur la touche,
00:17 qui va malgré lui reprendre du service quand il se retrouve pris en otage avec sa fille dans une banque,
00:22 et puis après avoir géré cette situation, il va intégrer le RAID, dirigé par une femme dont,
00:28 on va dire, tous les opposent entre les deux.
00:30 Et puis le deuxième problème, c'est que la vie d'Antoine est un véritable cafarnaum.
00:34 Trois mariages, trois divorces, trois filles, un père envahissant.
00:37 Vous avez pris votre temps pour revenir à la série.
00:39 La dernière, c'était "Cadras", et c'était il y a 7 ans.
00:42 Rien ne vous plaisait jusque-là ?
00:43 Ah si, si, j'ai fait quelques unitaires quand même.
00:45 Oui, unitaires.
00:46 Que j'ai adoré, je me suis régalé à faire, à mon tour notamment,
00:51 qui a été diffusée la semaine dernière sur le service public.
00:54 C'est un terrain de jeu extraordinaire, la série.
00:57 Parce que c'est vraiment des personnages qu'on peut construire comme ça, sur la longueur.
01:01 Moi j'adore ça.
01:03 Et puis je suis un grand consommateur de séries aussi.
01:05 Alors là, qu'est-ce qui vous plaisait ?
01:06 Je crois que vous avez lu 6 pages et vous avez dit oui tout de suite.
01:09 Oui, le rôle est génial.
01:11 Le rôle, voilà, c'est vraiment, je me suis senti proche de ce personnage
01:14 qui est comme ça, très efficace dans son boulot,
01:17 et puis complètement débordé à la maison.
01:19 C'est le roi des négociations, sauf à la maison où là,
01:21 c'est lui qui se fait un peu négocier, j'ai envie de dire.
01:23 C'est quoi, c'est Bruce Willis et Papa Poulpe, comme le dit le comédien ce matin ?
01:27 C'est exactement ça.
01:28 Oui, c'est ça ?
01:29 Oui, enfin Bruce Willis, j'aime bien.
01:31 Oui, c'est vrai que c'est ce qui fait le charme de la série,
01:35 parce que c'est drôle, il y a de l'action,
01:37 et puis il y a ce côté empathique du personnage qu'on adore.
01:40 Un négociateur, pour incarner un négociateur,
01:43 ce personnage avec une voix très douce, qui a son sang-froid incroyablement tout le temps,
01:47 vous avez suivi un stage comme celle qui incarne votre chef.
01:51 Alors Jeanne, oui, elle a été vraiment faire un stage,
01:56 parce qu'il y avait le maniement des armes, il y avait tout ce côté action.
01:59 Moi, j'ai beaucoup lu, j'ai regardé beaucoup de vidéos de négociateurs,
02:03 et je me suis familiarisé avec tout leur jargon.
02:06 Oui, c'est ça, parce que c'est la parole.
02:07 Exactement, c'est la parole, c'est une phrase qui peut faire tout basculer.
02:10 Ce côté "oui, je comprends, je me mets à votre place,
02:13 mais on pourrait peut-être faire un pas de côté,
02:15 voir la situation autrement, qu'est-ce que vous en pensez ?"
02:17 Mais dans la vie, vous êtes comme ça ou pas ?
02:19 Dans la vie, oui, je suis assez empathique.
02:21 Je suis assez empathique.
02:23 Je veux toujours que les autres soient bien,
02:25 je veux toujours que tout le monde soit bien autour de moi.
02:27 Jacques Brel disait "j'ai mal aux autres".
02:30 Il y a aussi le côté familial.
02:32 On a l'impression que vous aimez bien ces séries familiales,
02:36 qui racontent un peu la société d'aujourd'hui.
02:40 C'est ça qui vous plaisait dans le rôle ?
02:42 Le fait qu'il y ait trois femmes, trois divorces, trois filles,
02:46 qu'il y ait complètement débordé ?
02:48 Oui, parce qu'il y a pas mal de gens qui vont s'identifier.
02:50 C'est vrai que la famille, c'est une source d'inspiration extraordinaire.
02:55 Je sais que j'ai deux filles, j'ai un petit bébé de 17 mois
02:58 et j'ai une ado de 16 ans.
03:00 Donc vraiment deux salles, deux ambiances.
03:02 Des problématiques radicalement différentes.
03:05 C'est une source d'inspiration extraordinaire.
03:07 Et une source de comédie, bien sûr.
03:09 C'est un polar, vous vous êtes pas dit "encore un polar, peut-être que c'est celui de trop" ?
03:13 Justement, ce que j'ai aimé, c'est que c'est pas qu'un polar.
03:15 C'est qu'on part du polar.
03:17 C'est vrai que les intrigues sont extrêmement bien construites.
03:19 C'est vrai que la première soirée qui est diffusée ce soir,
03:22 vous avez Kevin Azaïz qui était César du meilleur espoir,
03:24 qui joue le preneur d'otages.
03:26 On y croit, on est vraiment dans la prise d'otages.
03:28 Mais il y a ce décalage, il y a cette comédie dont on a besoin aussi,
03:32 cette respiration, que j'adore, je suis fan de ça.
03:36 Les thèmes abordés par la série, je trouve, sont très modernes.
03:41 Ça parle d'agriculture, d'hommes surendettés.
03:44 Ça aussi c'était important.
03:46 Vous êtes coproducteur de la série.
03:47 Je crois que vous coproduisez toutes les séries auxquelles vous participez.
03:50 Est-ce que vous mettez votre nez, vous demandez des modifications ?
03:54 Alors là, c'est l'atout d'avoir un coproducteur journaliste,
03:59 Alexandre Amiel, qui a vraiment tenu à ce que tous les épisodes
04:04 traitent de sujets de société.
04:06 C'est-à-dire qu'on a effectivement le harcèlement à l'école,
04:09 on a les influenceuses, on a effectivement un père de famille surendetté,
04:13 un agriculteur qui n'arrive pas à boucler les fins de mois.
04:15 Tout ça, ça va parler énormément, je pense, aujourd'hui à la société.
04:19 Et c'est aussi une série qui renverse les clichés,
04:21 parce que finalement, celle qui est carriériste, c'est la femme.
04:24 Et celui qui est papa poule, c'est l'homme.
04:26 C'est-à-dire que la femme qui dirige le raid,
04:28 elle pense beaucoup plus à son travail qu'à son fils.
04:31 Et vous, inversement, c'est vous l'homme qui vous occupez de la famille.
04:34 Moi, ça me va bien.
04:36 C'est ça qui vous a plu aussi ?
04:39 Oui, c'est sûr que ça fait partie du charme de cette série.
04:42 Sa modernité, son originalité.
04:46 Et puis, c'est vrai qu'il est...
04:48 C'est vraiment le papa poule qui s'accomplit à être avec les siens et à les rendre heureux.
04:54 Alors, ça a vocation à devenir une série qui va revenir chaque année.
04:58 Est-ce qu'on fait attention, quand on vous propose un héros récurrent,
05:02 à ce que si jamais vous le preniez pendant plusieurs années,
05:05 il soit vraiment parfait pour vous ?
05:09 Est-ce que par exemple, Samuel Lebihan, qui vous a aidé,
05:12 qui vous a mis le pied à l'étrier il y a 20 ans dans vos one-man-show,
05:16 et qui on connaît très bien à travers son personnage d'Alex Hugo,
05:19 vous a donné des conseils sur "Attention, ça, ce héros récurrent, c'est bien, celui-ci, c'est pas bien" ?
05:24 Samuel, c'est mon meilleur ami.
05:26 C'est le parrain de ma fille, je suis le parrain de la sienne.
05:28 Donc forcément, on parle beaucoup du métier en général, de nos vies en particulier.
05:35 Et donc, effectivement, ça fait certainement partie des personnes qui m'accompagnent depuis toujours.
05:40 Vous lui avez fait lire le scénario qu'on vous a donné ?
05:42 Non, non, non, il n'a pas le temps, le pauvre, avec ses montagnes, tous ses projets.
05:46 Je crois qu'il a co-produit d'ailleurs un film qui va bientôt sortir sur le service public.
05:51 Mais on parle beaucoup du métier qui nous passionne, ça c'est sûr.
05:54 Vous dites que vous avez plein d'idées de séries, donc vous aimeriez en produire plus ?
05:59 Bien sûr, bien sûr.
06:01 Lesquelles ?
06:02 J'ai des projets de séries, j'ai des projets de films.
06:06 J'ai toujours un projet d'avance.
06:09 C'est vrai qu'aujourd'hui, j'ai produit "Quadra", "Mon Tour", "Le Nouveau"
06:13 qui parlait de ce patron qui avait eu un AVC.
06:18 Aujourd'hui, j'adore être co-producteur aussi des séries
06:24 parce que ça me permet d'avoir plus d'empreintes artistiques sur les projets dans lesquels je joue en tant qu'acteur.
06:28 Vous avez un projet d'avance parce que vous avez peur de la suite ?
06:32 Non, non, non, non, non.
06:33 Pour le plaisir de développer des histoires.
06:35 Et parce que vous savez, c'est long d'écrire des épisodes, de les mettre en place, de les produire, de les tourner.
06:41 Donc non, non, c'est vraiment pour le plaisir de raconter des histoires.
06:46 Merci, François de Prézédeur.
06:47 Merci à vous, merci, merci.
06:48 Et "Le Négociateur", c'est donc ce soir à partir de 21h10 sur TF1.
06:52 Exactement, merci beaucoup.
06:53 Merci à vous.
Commentaires