00:00 - Notre studio ce matin, une invitée exceptionnelle, Hélène Nougaro, la quatrième et dernière femme de Claude Nougaro, répond à vos questions.
00:07 - Bonjour Hélène Nougaro. - Bonjour.
00:08 - Merci beaucoup d'être avec nous ce matin. Vous avez 62 ans, vous êtes Toulousaine.
00:11 Est-ce que vous pouvez nous raconter comment vous avez rencontré Claude Nougaro ?
00:15 - J'avais fait des études de kinésithérapie à Toulouse et je voulais voyager.
00:20 Et j'avais trouvé un remplacement sur l'île de la Réunion.
00:23 Et peu de temps après, Claude, qui était en tournée dans l'océan Indien,
00:28 arrivait de Djibouti où il avait chanté. Il allait chanter à Saint-Denis et il avait mal au dos.
00:32 Voilà comment tout a commencé et ça a duré 20 ans.
00:36 - Donc vous avez soigné son dos et vous êtes restée à ses côtés.
00:40 On a interviewé, puisqu'on met Nougaro à l'honneur toute la semaine,
00:43 lundi Jacques Hébert, un de ses amis journalistes, qui nous a raconté
00:47 qu'en 94 vous avez appris que Nougaro voulait vous épouser en lisant Paris Match. C'est vrai ça ?
00:52 - Oui c'est vrai. Alors pas en le lisant parce que j'étais là pendant l'interview.
00:56 - Vous étiez à côté de Nougaro pendant qu'il était en train de se faire interviewer ?
01:00 - À l'interview pour Paris Match et c'est là où il a dit "voilà".
01:03 - C'est une sacrée demande ça. Mais vous avez dit oui ?
01:07 - Bah oui. Et donc c'est le 12 avril 94, quand on s'est mariés à Toulouse,
01:13 avant un concert à la Hallograin d'ailleurs. Il y avait deux concerts à la Hallograin.
01:18 Et on s'est mâmes, voilà.
01:20 - Qu'est-ce qui vous a plu chez lui ? Et qu'est-ce qui lui a plu chez vous ?
01:24 - Chez moi ? Qu'est-ce qui m'a... Non c'était...
01:29 C'est un peu irréel comme rencontre. J'étais pas tellement intéressée par l'univers de la chanson et de la musique.
01:36 Moi j'étais plus pour nature. Et je peux pas... C'est inexplicable.
01:41 C'est le destin quoi qui nous a fait nous rencontrer.
01:44 Après maintenant j'ai trouvé cette... Claude il disait "la vie c'est difficile".
01:49 Alors la vie c'est simple, soit difficile. Et moi je dis la vie c'est difficile, soit simple.
01:54 Alors on a dû trouver un équilibre.
01:56 - Vous étiez complémentaire. Comment était-il au quotidien, Claude Nougaro ?
02:02 - Mais ce qu'il y a de bien avec les artistes c'est que le quotidien ça n'existe pas.
02:07 - C'est bien ça ?
02:08 - Ah oui c'est bien. Bah oui. Oui après le quotidien il était assez...
02:13 Il pouvait être très excité quand il était en tournée, dans les périodes créatives.
02:18 Et puis après c'était un grand solitaire qui était très casanier en définitive.
02:24 - Il disait de vous, et je crois que vous n'aimez pas beaucoup la formule,
02:27 "Avant elle j'ai eu plusieurs femmes de ma vie, Hélène c'est la femme de ma mort".
02:31 Est-ce que quand même ça voulait pas dire qu'il avait trouvé en vous celle qui allait rester,
02:36 la compagnie, le réconcilier avec plein de choses aussi ? On va en parler.
02:39 - Oui ça voulait dire ça.
02:42 - Vous l'avez notamment réconcilié avec Toulouse, avec la Ville Rose vous diriez ça ?
02:47 - Oui, oui, parce que Claude a très peu vécu à Toulouse.
02:50 Il y a été enfant, chez ses grands-parents, il l'a rencontré.
02:54 Il n'a pas un souvenir très rose de son enfance.
02:58 Et ensuite on est revenu à Toulouse effectivement parce que j'étais toulousaine.
03:03 Et donc c'est sur les quais de la Garonne qu'on avait trouvé un havre de paix.
03:07 - Comment est-ce que vous viviez ?
03:09 Je crois que son poissonnier était avec Sébastien, retournons dans Petit Vadrouilleur,
03:13 il disait qu'il était très accessible quand on le croisait dans la rue.
03:15 Ça se passait comme ça le quotidien ?
03:17 - Oui, Claude était très simple d'accès.
03:21 - Qu'est-ce qu'il aimait ? Qu'est-ce que vous aimiez faire ensemble à Toulouse ?
03:25 - On aimait se promener.
03:27 Effectivement, Claude aimait beaucoup aller au marché.
03:31 Il aimait la bonne chair.
03:34 Et à Toulouse, oui c'était vraiment les promenades.
03:38 Et puis aussi c'était pour Claude se mettre devant la baie vitrée qu'il donnait sur la Garonne.
03:43 Et c'est là qu'il a écrit et dessiné beaucoup de ses chansons.
03:49 - Il est mort il y a 20 ans, vous vous êtes retrouvé veuve très jeune à 32 ans,
03:54 à 43 ans puisque vous avez 32 ans d'écart, pardon.
03:58 Ça n'a pas été trop lourd à porter, ça ne l'est pas encore d'ailleurs cet héritage-là ?
04:02 - Je n'ai pas l'impression qu'il m'ait quittée.
04:09 Parce que presque tous les jours on me parle de lui et c'est vrai qu'il est en moi quelque part.
04:14 Ces 20 ans sont toujours en moi.
04:17 Oui, il est toujours là.
04:22 Voilà, c'est tout ce que j'ai à dire.
04:25 - Et vous, aujourd'hui, quelle est votre vie, Hélène Nougaroff ?
04:28 - Moi j'ai gardé des tournées de ces 20 ans, la passion du voyage.
04:35 Je suis toujours entre deux lieux, trois lieux.
04:40 J'ai passé trois jours à Pasiol, j'y étais hier.
04:44 - Village des Corbières, de Napa.
04:46 - La nature me ressource.
04:49 Autrement j'habite à Paris, mais je suis assez en mouvement je dirais.
04:54 - Vous allez aussi à New York.
04:56 Justement à Pasiol, qu'est-ce que vous y faites ?
04:59 Qu'est-ce qui vous plaît là-bas, dans ce Village des Corbières ?
05:03 - Ce qui me plaît, c'est me promener avec ma chienne.
05:07 Et admirer la nature qui est exceptionnellement belle là-bas.
05:13 Qui est sauvage, c'est un territoire assez inconnu.
05:17 C'est dans les châteaux Qatar.
05:20 - Et Toulouse, vous y revenez souvent ?
05:22 - J'ai toujours toute ma famille à Toulouse.
05:24 J'ai mes parents, toujours.
05:26 Et j'y reviens très régulièrement.
05:28 - Et vous venez aujourd'hui pour inaugurer une exposition à Matabio.
05:31 - Oui, pour voir la grande photo restaurée près de la Place Saint-Pierre.
05:33 - Pas restaurée.
05:34 - Alors dites-nous, j'allais vous demander à quoi ça va ressembler.
05:37 - Elle n'est pas restaurée puisqu'elle est changée.
05:39 C'est d'une autre photo.
05:40 - Alors c'est laquelle ?
05:41 - C'est une photo d'un photographe qui s'appelle Patrick Hulman.
05:44 Qui est une très très belle photo.
05:47 Et la précédente était d'Odile Mangion, une amie.
05:50 Et tous les deux ont généreusement offert leur talent.
05:54 - Elle ressemble à quoi cette photo ? Elle est en noir et blanc ?
05:57 - Elle est en noir et blanc, je ne sais pas si vous l'avez vu déjà.
05:59 - Non.
06:00 - Si vous pouvez nous la décrire.
06:01 - Elle ressemble à quoi ? C'est une photo de la fin des années 70, je pense.
06:04 - On le voit avec un micro, j'imagine ?
06:06 - Non, pas du tout justement.
06:08 - Comment est-il alors ?
06:09 - Ah non, c'est un portrait de profil.
06:12 Qui a été un petit peu choisi par toute la famille.
06:16 Et c'est Patrick Hulman, un grand photographe qui demeurait à l'Olympia.
06:20 Et qui a photographié toutes les vedettes de l'époque.
06:24 Et qui est toujours parmi nous d'ailleurs.
06:26 - Et juste une dernière question rapidement.
06:27 L'héritage de Claude Nougaro, vous lui disiez que ses écrits n'appartenaient à personne.
06:31 Sous-entendu que tout le monde pouvait les reprendre.
06:33 Est-ce que vous autoriseriez de faire n'importe qui à reprendre l'oeuvre de Claude Nougaro aujourd'hui ?
06:37 - Alors on n'a pas le droit d'interdire une reprise.
06:39 Si on ne change ni les paroles ni la musique, tout le monde peut chanter Claude.
06:45 - Merci beaucoup Claude Nougaro d'avoir été avec nous ce matin sur France Bleu Occitanie.
06:50 Et bonne inauguration donc cet après-midi à côté de la place Saint-Pierre.
06:53 Bonne journée.
06:54 - Merci.
06:55 - On a hâte de le découvrir aussi ce très beau portrait.
06:58 Et cette interview vous la retrouvez sur francebleu.fr.
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