00:00 Quand des producteurs de films engagent Depardieu sur un film,
00:03 ils savent qu'ils engagent un agresseur,
00:05 pas un agresseur potentiel, un agresseur.
00:08 Ce que les gens ont vu d'un complément d'enquête,
00:27 c'est à peu près soft par rapport à ce que moi j'ai vu sur Les Vols et Vers.
00:31 Et je ne suis pas la seule à l'avoir vu, on l'a tous vu.
00:35 Vraiment, je n'exagère pas, du matin au soir,
00:38 on avait droit à ces salasseries.
00:40 Quand on lit dans Mediapart que Amélie,
00:44 qui était l'ensemble hier sur le film de Jean Becker,
00:48 était tellement dégoûtée d'elle-même.
00:51 Pendant deux ans, elle ne pouvait plus parler, elle ne pouvait plus travailler.
00:55 Elle avait peur de tout le monde.
00:57 Et quand Becker ose dire dans les journaux que mes propos sont scandaleux
01:02 et que, évidemment, si Depardieu avait mal agi,
01:06 il lui en aurait parlé entre hommes, mais allons quoi !
01:09 Il savait très bien qu'il y avait deux femmes qui avaient été agressées gravement.
01:15 Il le savait.
01:17 Et c'est pour couvrir leur lâcheté et leur incapacité à protéger les femmes
01:22 qu'il m'incuse, moi.
01:24 [Musique]
01:31 Sur certains films avec Depardieu, on dit à l'équipe,
01:36 avant le début du tournage,
01:37 s'il y a le moindre problème, vous vous taisez.
01:40 Si vous parlez, vous êtes viré.
01:43 C'est efficace.
01:44 Les gens ont peur pour leurs pommes, ils ont peur de perdre leur boulot,
01:47 ils ont peur aussi de ne pas être crus.
01:50 Parce que jusqu'à présent, on avait beau parler, on n'était pas crus.
01:55 Là, le monde est en train de changer.
01:57 Mais même le président de la République,
02:01 le président de la République,
02:02 ose dire devant le peuple français,
02:06 allons, c'est rien, c'est rien.
02:10 Il ose dire qu'il est contre la chasse à l'homme
02:14 et la chasse aux femmes, ça lui va ?
02:15 [Musique]
02:24 [SILENCE]
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