00:00 Sauvez-nous, on ne peut pas se permettre de perdre un lieu historique comme celui-ci.
00:04 Je mange cristallerie, je dors cristallerie, je cauchemarde cristallerie.
00:09 Je rêve aussi que tout va bien.
00:11 Ici, on se trouve au sein de la cristallerie Schwetzer,
00:21 dernier atelier parisien à réparer et restaurer tout objet en verre et en cristal
00:26 qui date des années 1890.
00:30 Nous, on répare le cristal par diminution de hauteur, abrasement de la matière.
00:35 Toutes les machines qui sont ici sont d'origine, sauf le moteur qui est presque centenaire.
00:41 C'est moi qui m'occupe de la mécanique si jamais il y a un problème.
00:44 Les gens qui viennent ici, ils regardent, ils se disent "bon sang, mais ici ce sont des dinosaures".
00:49 Mais c'est ce qui fait le charme de la société.
00:54 Je travaille ici depuis 15 ans. Au départ, en effet, j'étais simple employée.
00:59 Et en 2020, je suis devenue gérante.
01:01 En période Covid, on a accumulé énormément de dettes.
01:04 Dans la mesure où on était non essentiel, on n'a pas été forcément aidé par l'État.
01:09 Et puis les clients ont pris l'habitude de ne pas revenir non plus.
01:12 A l'heure actuelle, on est encore en train de faire la police
01:14 pour que les clients viennent récupérer les pièces et pouvoir nous régler.
01:18 Aujourd'hui, la situation de la cristallerie est très critique, pour ne pas dire dramatique,
01:23 dans la mesure où on est endetté à 60 000 euros.
01:25 Ce courrier, c'est le commandement de payer les loyers en retard d'ici la fin du mois de février,
01:32 sinon c'est risque de tribunal et d'expulsion.
01:34 J'ai une épée de Damoclès sur la tête parce que nous sommes en effet le 28 février,
01:38 demain, le 28 mars, c'est le mois de février.
01:40 Donc, je suis en train de faire un courrier pour les loyers en retard.
01:43 J'ai une épée de Damoclès sur la tête parce que nous sommes en effet le 28 février,
01:47 demain, c'est la fin du mois et donc moi, je ne suis pas à l'abri,
01:50 comme on me dit à la fin de la semaine ou au début de semaine prochaine.
01:54 Eh bien, madame, le règlement n'a pas été appliqué, on vous met dehors.
01:57 Pour moi, il est hors de question que j'arrête.
01:59 Je ne lâche rien, vraiment. Je continue de travailler pour mes clients,
02:02 je continue de travailler pour moi.
02:03 Là, j'ai mon lit. Je le mets là, au milieu où je reçois mes clients.
02:07 Moi, je suis obligée de dormir sur place de temps en temps parce que j'ai du boulot,
02:12 je suis toute seule à tout gérer.
02:13 Et quand je dors à ma boutique, je travaille jusqu'à minuit, une heure du matin.
02:17 Moi, j'ai du boulot à foison, j'ai un an de délai.
02:19 Je ne suis pas en manque de travail, je suis simplement en manque de trésorerie.
02:22 Je vis tout ça très mal en fait, je suis très angoissée.
02:25 J'ai mis une cagnotte en ligne.
02:27 À l'heure actuelle, j'ai récolté 7 000 euros que j'ai donnés à la famille Schwarzer
02:31 pour payer mes loyers en retard.
02:33 Et ce n'est pas encore suffisant puisqu'à l'heure actuelle,
02:36 il ne me reste pas loin de 35 000 euros à le régler.
02:38 Je suis en train de faire des dossiers pour des demandes de mécénat d'aide exceptionnelle
02:44 au sein de la mairie de Paris.
02:46 J'ai même écrit à Madame Macron, c'est pour dire.
02:48 Je pense que c'est très très grave et il faut absolument qu'on se mobilise pour sauver cet endroit.
02:56 C'est une entreprise centenaire, c'est une entreprise d'artisanat d'art.
03:00 Comme il n'en existe quasiment plus sur le canal Saint-Martin,
03:03 il n'y a quasiment plus ce qui faisait le charme du canal autrefois,
03:08 c'est-à-dire ces entreprises, ces artisans, les boutiques anciennes, tout ça a disparu.
03:14 Ici, en plus, on est entreprise du patrimoine vivant.
03:17 Je pense que ce serait vraiment dommage pour le quartier de perdre une institution comme la nôtre.
03:22 [Musique]
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