00:00 Sur les bords de la Garonne, mes parents avaient un café, le café du pont.
00:07 On y retrouvait toujours les mêmes têtes, les habitués comme disait mon père.
00:12 Moi je m'appelle Pierrot.
00:14 Un jour, les allemands ont occupé notre village et mon père a commencé à quitter
00:23 la maison sans dire à personne où il allait.
00:25 Je me souviens qu'on avait très peur.
00:32 Et puis, heureusement, la France a été libérée.
00:36 Dimanche, alors par là, quand est-ce que tu viens à Toulouse voir les putes ?
00:42 Mais c'est plus fort que toi ça Hubert ! Dès qu'on se voit, il faut que tu m'insultes
00:46 quand même !
00:47 Au café du pont, pour apprendre, c'était pas les professeurs qui manquaient.
00:51 Il n'y avait qu'à bien ouvrir ses oreilles.
00:53 Tu connais la réponse oui ou non ?
00:55 Non monsieur.
00:56 T'entends même bien droite pour moi en dessous.
00:57 Les gars faites bon !
00:59 La spécialité maison, c'était la distribution de châtaignes et personne n'était en reste.
01:05 Non, madame, je suis désolé, c'est qu'autrefois il est trop fragile et puis c'est tout.
01:08 Il est trop fragile ?
01:09 Surtout pas ma mère.
01:10 Vous, vous êtes fragile vous !
01:11 Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
01:17 Si vous continuez monsieur Perret, votre femme ne tiendra pas le coup.
01:21 Vous vous rendez compte de ce que vous me dites ?
01:23 Ma mère, c'était la plus courageuse des femmes et à l'époque, je m'y connaissais
01:26 déjà en femme.
01:27 Non, c'est pas la mienne, c'est la nôtre.
01:33 Voilà, c'est comme ça que j'ai grandi, avec des amis, des amours, des rires, de la
01:37 musique et des souvenirs plein la tête.
01:40 Au café du pont.
01:41 [Musique]
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