00:00 France Inter, le 7-10.
00:06 Et c'est l'édit aux médias Cyril Lacarrière, quelle place y a-t-il encore pour l'Ukraine dans les médias ?
00:12 De moins en moins, 4 fois moins de sujets dans les JT de 20h, 3 fois moins dans les matinales radio et 2 fois moins sur les chaînes info.
00:19 Tout ça, c'est si on compare la couverture du conflit l'an dernier par rapport à la première année de guerre.
00:23 Des chiffres révélés grâce à l'excellent travail de notre consoeur Camille Pettineo pour la Revue des médias, c'est le site de l'INA.
00:30 Si les chaînes d'info ont le moins décroché, c'est grâce à une chaîne, LCI.
00:34 Depuis février 2022, elle a dédié son antenne quasi exclusivement au conflit ukrainien.
00:39 Hier encore, elle a été la seule à retransmettre en direct la conférence de presse de Volodymyr Zelensky.
00:44 Et c'est payant côté audience ?
00:46 Jusqu'ici, ça a été très payant.
00:48 LCI a quasiment doublé son audience en deux ans.
00:51 Côté durée d'écoute, pareil, c'est aussi un succès, c'est la chaîne d'info sur laquelle les téléspectateurs restent le plus longtemps.
00:57 C'est aussi la chaîne qui a la moyenne d'âge la plus élevée, 66 ans, et c'est tout sauf un odin.
01:02 Si elle a décidé de tout miser sur la guerre en Ukraine, c'est aussi pour ça.
01:06 Le profil de ces téléspectateurs fait qu'ils sont les plus à même d'adhérer à ce parti pris éditorial.
01:11 Le risque, quand même, c'est que ça finisse par s'essouffler.
01:14 D'ailleurs, en janvier, les audiences de LCI ont pas mal reculé.
01:18 Un autre renseignement de ce bilan ?
01:20 C'est que l'audiovisuel public est au rendez-vous.
01:22 La radio, d'abord.
01:23 Les matinales de France Info et de France Inter sont celles qui parlent le plus de la guerre en Ukraine.
01:28 Sur les deux années de conflit, la matinale d'Info en a parlé trois fois plus que celle d'RTL,
01:33 et celle d'Inter deux fois plus que celle d'Europe.
01:35 C'est d'ailleurs encore le cas à ce micro, il y a quelques minutes.
01:38 Un constat identique, si on regarde les éditions de 20h à la télé.
01:42 À elles seules, France 2 a assuré plus d'un tiers de la médiatisation de la guerre entre la Russie et l'Ukraine.
01:48 Un écart qui s'est encore creusé depuis qu'on est entré dans la deuxième année du conflit,
01:51 avec parfois des disparités surprenantes.
01:53 Je vous prends un exemple.
01:55 La semaine du 11 septembre dernier, il y a eu 35 mentions du conflit aux 20h de la 2,
02:00 une seule dans celui de TF1.
02:02 À la décharge des chaînes, cette guerre a été tellement couverte que pour les journalistes sur place,
02:07 ça devient évidemment moins facile de raconter des histoires qu'ils n'ont pas déjà racontées.
02:11 Mais Cyril, est-ce que ce qui se passe avec l'Ukraine n'est pas le lot de toute actualité ?
02:16 Bien sûr Nicolas, vous avez raison.
02:17 Et d'ailleurs, même si on parle moins de cette guerre, deux ans après l'invasion russe,
02:21 elle reste un sujet très présent dans les médias.
02:24 Dans une époque où une actu chasse l'autre, ce qui se passe en Ukraine défie les lois du genre.
02:28 Volodymyr Zelensky, c'est plus que n'importe qui à quel point cette médiatisation est primordiale.
02:33 Hier, il a dit que les yeux du monde étaient braqués sur son pays
02:37 et que sa victoire dépendait des Occidentaux.
02:39 Un soutien qui doit aussi beaucoup à la couverture médiatique.
02:42 Plus que jamais, télé et radio jouent le rôle de lanceurs d'alertes démocratiques.
02:47 Merci Cyril.
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