00:00 Sophia Aram, on vous écoute, bonjour !
00:02 Bonjour et bien, vous avez vu la cérémonie des Césars, tous ces artistes rebelles se
00:06 congratulant dans la main de Bolloré, j'adore ! Parce qu'entre deux mouchies qu'on retient
00:10 et une larme qui ne vient pas toujours, l'émotion est là !
00:13 Voilà, lorsque Gabriel Duflet et Nicolas Schmarmouf m'ont annoncé que j'allais jouer
00:20 avec Fabrice Marmande, Hector Planfoun et Samantha Girette s'en parlaient de l'immense
00:24 François Carbonneau éclairé par Jean-René Lareu. Je n'imaginais pas que ce putain de
00:31 cadeau allait faire waouh ! Fabien Théoux, mon frérot, mon poteau, merci d'avoir pensé
00:36 l'impensable, réparé l'irréparable, imaginé l'inimaginable et accompli l'inaccompli,
00:41 enfin le pas facile quoi !
00:43 Il n'y a pas de mal à se faire du bien en smoking et en robe longue, surtout si elles
00:49 sont prêtées par Saint-Laurent, Dior ou Chanel. Bref, des voix qui tremblotent, des
00:53 oreilles qui mouchotent et ce texte de Julie de Gaudrech qui vient rappeler qu'un réalisateur
00:57 de 39 ans qui abuse de son autorité et de la fragilité d'une jeune fille de 14 ans
01:02 pour libérer ses pulsions ne lui veut pas vraiment du bien. Il aura fallu 37 ans pour
01:08 qu'on l'entende enfin, mais voilà, c'est fait et bien fait. Comme toujours, cette cérémonie
01:12 fut également l'occasion de déclarations engagées pour la paix avec Kauther Benhania
01:18 qui a visiblement découvert la téléphonie après le 7 octobre 2023.
01:22 C'est le premier massacre en live-stream, en direct, sur nos téléphones. Il faut que
01:27 ça s'arrête. Merci beaucoup.
01:29 Celle de Gala Hernández demandant…
01:31 A la France de s'engager concrètement dans des situations telles que celles vécues par
01:35 le peuple palestinien aujourd'hui.
01:37 Muchísimas gracias.
01:39 Et celle d'Arieh Vortalter…
01:41 Pour un cessez-le-feu à Gaza.
01:44 Un appel très applaudi parce que, comme il le vient ensuite…
01:48 La ville demande celle des Gazaouis et celle des otages.
01:51 Alors, si le silence qui suit Mozart, c'est encore du Mozart, celui qui suit cet appel,
01:58 pardon, cette simple évocation des otages au César, c'est bien le walou qui traverse
02:03 la salle. Un silence de gêne ou plutôt un silence de mort. Celui qui accompagne les
02:07 victimes du pogrom du 7 octobre en Israël, ou les morts en Ukraine, au Yémen, au Darfour,
02:11 en Syrie. Au fond, les otages détenus par le Hamas sont devenus les dommages collatéraux
02:15 de leurs engagements sélectifs. Parce que quitte à demander un cessez-le-feu, ce que
02:19 tout le monde espère, pourquoi ne pas demander aussi la libération de tous les otages détenus
02:23 par le Hamas ? Qu'est-ce qui gêne ? Tant qu'à s'imaginer que les indignations
02:26 d'un acteur fassent plier le gouvernement israélien pour qu'il arrête de bombarder
02:30 les civils derrière lesquels le Hamas s'abrite. Pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? Comment
02:35 ne pas comprendre que la libération des otages constitue une condition plus sûre, un cessez-le-feu,
02:39 que toutes les gesticulations sélectives de tous les acteurs de la terre ? Je n'arrive
02:43 toujours pas à expliquer ce silence que rien ne justifie. Parce que si tout le monde espère
02:47 un cessez-le-feu, comment refuser de le lier au sort des otages, à moins de les considérer
02:52 comme une prise de guerre légitime ou de confondre le Hamas avec un mouvement de résistance.
02:56 Ce qui serait une erreur aussi factuelle que morale pour une 49e cérémonie des Césars
03:01 à qui l'on peut remettre le César de l'indignation sélective.
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