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  • il y a 2 ans
Jean-Michel Fauvergue, ancien chef du RAID, à propos de l'expression "Free Palestine" scandée au Bataclan : «Nous devons avoir un courage de mémoire sur ce qu'il s'est passé. Il n'est pas possible d'avoir ce courage de mémoire si dans des lieux comme ça, on fait cette compromission-là en scandant ces mots-là. C'est une faute majeure». 

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Transcription
00:00 Je pense que, et je vais essayer de maîtriser mes mots, ce qui ne va pas être facile,
00:04 je pense qu'il y a des endroits et des lieux pour des slogans.
00:10 Voyez-vous, quand on entend Alakbar dans une mosquée, on ne s'étonne pas.
00:15 Quand on entend Alakbar sur une manifestation, à la limite, à la place de la République,
00:20 on se dit qu'on ne s'inquiète pas trop.
00:23 Par contre, quand on voit quelqu'un qui est ça et particulièrement agressif, ça pose des problèmes.
00:29 Ici, le Bataclan, ça doit être un lieu sacré.
00:35 C'est notre lieu de mémoire à nous, pour avoir été attaqué au plus fort de notre cœur,
00:41 du cœur battant de la République.
00:43 Le Bataclan doit rester un lieu de mémoire qui doit être exempt de tout ça.
00:49 Et j'ai bien regardé les reportages, j'ai vu beaucoup de jeunes gens crier "Free Palestine" au Bataclan.
00:57 C'est un public jeune.
00:59 Ça m'a rappelé que moi, je suis intervenu au Bataclan sur un public très jeune aussi,
01:05 qui suivait un concert et que moi, j'ai retrouvé allongé sur le sol, baignant dans leur sang.
01:14 Et ça, il ne faut pas l'oublier.
01:16 Je pense que derrière ces cris-là, il y a notre réalité à nous,
01:21 sans même décortiquer le conflit au Proche-Orient.
01:27 Notre réalité à nous, quelle est-elle ?
01:29 C'est que nous avons été impactés très fort par les attentats terroristes
01:36 qui nous ont fait plusieurs centaines de morts et de blessés, en particulier au Bataclan.
01:42 Tous ces jeunes gens, tout confondu, qui étaient venus pour un spectacle
01:48 et qui ne sont plus jamais repartis.
01:51 Et moi, j'ai pu voir de mes yeux, voir l'étonnement au fond des yeux grand ouverts
01:58 de certaines personnes qui étaient décédées.
02:02 Et quand je vois ces jeunes donner cet argument-là, je leur dis "Attention, rappelons-nous,
02:10 ayons un devoir de mémoire.
02:12 Les mots peuvent être des armes.
02:16 Attention à ça. Nous devons nous-mêmes nous battre contre ce terrorisme.
02:22 Nous devons annihiler ce terrorisme, aller au combat, avoir le courage d'aller au combat sur ce terrorisme.
02:28 Mais nous devons aussi avoir un courage de mémoire sur ce qui s'est passé.
02:33 Et ce courage de mémoire, ça ne...
02:36 Il n'est pas possible d'avoir ce courage de mémoire si dans des lieux comme ça,
02:42 on fait cette compromission-là en scandant ces mots-là.
02:48 Il ne faut surtout pas faire ça.
02:50 Et là, c'est une faute majeure.
02:52 Et c'est une faute majeure qui peut nous entraîner à notre perte.
02:56 Sous-titrage Société Radio-Canada
02:59 [SILENCE]
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