00:00 Je pense que, et je vais essayer de maîtriser mes mots, ce qui ne va pas être facile,
00:04 je pense qu'il y a des endroits et des lieux pour des slogans.
00:10 Voyez-vous, quand on entend Alakbar dans une mosquée, on ne s'étonne pas.
00:15 Quand on entend Alakbar sur une manifestation, à la limite, à la place de la République,
00:20 on se dit qu'on ne s'inquiète pas trop.
00:23 Par contre, quand on voit quelqu'un qui est ça et particulièrement agressif, ça pose des problèmes.
00:29 Ici, le Bataclan, ça doit être un lieu sacré.
00:35 C'est notre lieu de mémoire à nous, pour avoir été attaqué au plus fort de notre cœur,
00:41 du cœur battant de la République.
00:43 Le Bataclan doit rester un lieu de mémoire qui doit être exempt de tout ça.
00:49 Et j'ai bien regardé les reportages, j'ai vu beaucoup de jeunes gens crier "Free Palestine" au Bataclan.
00:57 C'est un public jeune.
00:59 Ça m'a rappelé que moi, je suis intervenu au Bataclan sur un public très jeune aussi,
01:05 qui suivait un concert et que moi, j'ai retrouvé allongé sur le sol, baignant dans leur sang.
01:14 Et ça, il ne faut pas l'oublier.
01:16 Je pense que derrière ces cris-là, il y a notre réalité à nous,
01:21 sans même décortiquer le conflit au Proche-Orient.
01:27 Notre réalité à nous, quelle est-elle ?
01:29 C'est que nous avons été impactés très fort par les attentats terroristes
01:36 qui nous ont fait plusieurs centaines de morts et de blessés, en particulier au Bataclan.
01:42 Tous ces jeunes gens, tout confondu, qui étaient venus pour un spectacle
01:48 et qui ne sont plus jamais repartis.
01:51 Et moi, j'ai pu voir de mes yeux, voir l'étonnement au fond des yeux grand ouverts
01:58 de certaines personnes qui étaient décédées.
02:02 Et quand je vois ces jeunes donner cet argument-là, je leur dis "Attention, rappelons-nous,
02:10 ayons un devoir de mémoire.
02:12 Les mots peuvent être des armes.
02:16 Attention à ça. Nous devons nous-mêmes nous battre contre ce terrorisme.
02:22 Nous devons annihiler ce terrorisme, aller au combat, avoir le courage d'aller au combat sur ce terrorisme.
02:28 Mais nous devons aussi avoir un courage de mémoire sur ce qui s'est passé.
02:33 Et ce courage de mémoire, ça ne...
02:36 Il n'est pas possible d'avoir ce courage de mémoire si dans des lieux comme ça,
02:42 on fait cette compromission-là en scandant ces mots-là.
02:48 Il ne faut surtout pas faire ça.
02:50 Et là, c'est une faute majeure.
02:52 Et c'est une faute majeure qui peut nous entraîner à notre perte.
02:56 Sous-titrage Société Radio-Canada
02:59 [SILENCE]
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