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  • il y a 2 ans
Le Premier ministre Gabriel Attal a de nouveau réagi ce mercredi soir au mouvement de grève qui va affecter la SNCF le week-end prochain.

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Transcription
00:00 La politique Benjamin Duhamel avec ses propos de Gabriel Attal hier soir qui a rappelé que la grève était un droit mais que travailler était aussi un devoir.
00:11 En parlant de la grève qui commence ce soir à la SNCF et ce sont des propos évidemment qui relancent le débat sur le droit de grève.
00:18 C'était volontaire de sa part ou ses paroles ont dépassé sa pensée ?
00:21 Non, vous savez Gabriel Attal est suffisamment adepte de la communication pour peser ses paroles.
00:26 Et ce qui est sûr c'est que Gabriel Attal joue un grand classique, celui de l'opinion contrôlée.
00:30 Les grévistes dans un contexte de très fort agacement des français face à un mouvement qu'ils ne soutiennent pas, on l'a vu il y a un instant dans le sondage Elab,
00:37 et dont ils ont du mal à comprendre les revendications dans un contexte où règne toujours une forme de confusion dans le débat autour de la notion de service minimum.
00:46 Vous vous souvenez de cette phrase de Nicolas Sarkozy quand il met en place précisément ce service minimum,
00:51 il est fier avec une forme de ton un peu bravache, il dit "vous voyez désormais en France quand il y a une grève on ne s'en rend pas compte".
01:01 Et bien évidemment ce n'est pas le cas, ce service minimum n'empêche pas les uns et les autres de faire grève,
01:06 donne juste des obligations de communication aux grévistes en termes notamment de délai.
01:10 Bref ça ne change pas la capacité de nuisance, notamment pendant les vacances scolaires, c'est-à-dire précisément ce qui se passe en ce moment.
01:15 Et voilà pourquoi des formations politiques veulent aller plus loin.
01:17 Absolument, un dernier exemple en date, une proposition de loi des sénateurs centristes portée par son chef Hervé Marseille,
01:24 qui veut interdire les grèves pour les personnels de services publics de transport dans la limite de 60 jours par an,
01:30 en particulier pendant les vacances scolaires.
01:33 Les sénateurs centristes qui veulent s'inspirer du modèle italien qui permet notamment de définir à l'avance les jours de l'année où il n'est pas possible de faire grève.
01:43 Mais c'est une piste crédible ça en France ?
01:45 Non, pas vraiment pour deux raisons. La première elle est constitutionnelle compte tenu de l'état du droit,
01:50 notamment de ce qu'on appelle la jurisprudence du conseil constitutionnel.
01:52 Il paraît extrêmement difficile d'imaginer une telle réforme, ça consisterait à dire notamment aux cheminots
01:57 "vous avez le droit de faire grève mais pas pendant la Toussaint, pas pendant les vacances scolaires, pas pendant l'été".
02:02 Compte tenu de l'état du droit ça paraît difficile, le modèle italien qui inspire les sénateurs n'est pas le modèle français.
02:09 Et puis vous savez politiquement la France non plus n'est pas l'Italie.
02:12 Nous sommes un pays aux éruptions sociales aussi violentes qu'imprévisibles.
02:15 Toucher au droit de grève est probablement ce qu'il y a de plus sensible.
02:18 Pour ça il faut un mandat clair du peuple et une dynamique, deux choses qui manquent cruellement au gouvernement.
02:24 Ça veut dire que la phrase de Gabriel Attal "travailler c'est un devoir" c'est que de la com ?
02:27 Ça veut surtout dire que c'est pour lui une façon de continuer à essayer de se construire l'image d'un Premier ministre
02:30 qui défend la valeur travail au risque qu'on lui renvoie, à une vision un peu étriquée, à une difficulté à agir sur le fond.
02:37 Parce que certes les déclarations martiales se multiplient tout comme les grèves.
02:41 Au moment des vacances les choses ne changent pas vraiment.
02:44 Attention aussi, et j'en termine par là, à ce que ces phrases, ces déclarations d'intention ne cachent pas le vrai sujet.
02:50 L'état d'une entreprise, la SNCF, au dialogue social totalement encalminé,
02:54 où on l'a vu encore hier les dirigeants sont obligés de venir sur les médias, sur le plateau de première édition,
02:59 s'excuser auprès des usagers.
03:02 Le tout à cinq mois de l'ouverture des Jeux Olympiques où l'on se dit qu'au fond ce qu'on est en train de vivre en ce moment
03:07 est sans doute davantage une répétition qu'autre chose.
03:10 et ce n'est pas de très bon augure pour la suite.
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