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  • il y a 3 ans
L'ancien Garde des Sceaux, Robert Badinter, est mort vendredi dernier à 95 ans. Il restera dans l'Histoire pour avoir défendu l'abolition de la peine de mort en France. Ce mardi, à l'occasion de la séance de questions au gouvernement, l'Assemblée nationale lui rend hommage.

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Transcription
00:00 Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement, Mesdames et Messieurs les députés,
00:06 Dans cet hémicycle où retentit sa voix, en une séance inoubliable de septembre 1981,
00:18 c'est avec une profonde tristesse et une indicible émotion
00:24 que je veux évoquer devant vous la mémoire du grand républicain qui vient de nous quitter.
00:30 Robert Badinter, pourtant, semblait immortel.
00:35 Depuis plus d'un demi-siècle, nous l'avons vu agir inlassablement.
00:41 L'avocat pénaliste, le conseiller très écouté de François Mitterrand,
00:48 le garde des Sceaux portant l'art oratoire à son degré suprême,
00:52 mais aussi le président du Conseil constitutionnel, le sénateur
00:56 et le président d'honneur du Mouvement pour l'abolition universelle de la peine de mort.
01:02 Sa force de conviction, son engagement, son sens aigu de la justice et du droit,
01:08 vous les connaissez.
01:10 Avec finesse, avec élégance,
01:14 il les incarnait à la manière d'un sage, fidèle aux principes, indifférent aux outrages.
01:23 Homme de culture, amoureux des livres et des anciens manuscrits,
01:27 Robert Badinter puisait dans l'histoire les modèles exigeants qu'il se donnait.
01:32 De Victor Hugo, il aimait à citer cette phrase,
01:36 « Le droit qu'on ne peut retirer à personne, c'est le droit de devenir meilleur. »
01:43 Aussi considérait-il avec Hugo la peine de mort comme le signe spécial et éternel de la barbarie.
01:52 Lui qui ne voulait plus d'une justice qui tue s'illustra aussi par d'autres avancées,
01:58 comme la fin des juridictions d'exception,
02:01 l'abrogation de la loi de 1942 qui discriminait l'homosexualité,
02:06 le régime indemnitaire des victimes d'accidents de la route
02:10 ou encore l'ouverture de recours individuels devant la Cour européenne des droits de l'homme.
02:16 Dans tous ces combats, le souci d'une pleine justice orientait et déterminait l'action publique.
02:24 Humaniste avec Hugo, il était socialiste à la façon de Jaurès qui disait
02:31 « La République a vaincu parce qu'elle est dans la direction des auteurs
02:35 et que l'homme ne peut s'élever sans monter vers elle. »
02:39 Ceux qui depuis un siècle ont mis très haut leur idéal ont été justifiés par l'histoire.
02:47 Oui, Robert Badinter allait à l'idéal par les chemins de crête.
02:51 Enfant de la République dont la famille avait fui la Bessarabie et ses persécutions,
02:58 il savait la puissance émancipatrice de l'universalisme républicain
03:04 et à son tour l'a fait vivre.
03:07 À nous de continuer son œuvre, à nous de suivre son magnifique exemple.
03:15 Hugo, Jaurès, l'attendent aujourd'hui au Temple des grands hommes,
03:21 ce Panthéon où, je le souhaite, Robert Badinter les rejoindra un jour.
03:28 À son épouse, Élisabeth, à ses enfants, à ses amis et à ses proches,
03:34 au nom de la représentation nationale et en mon nom personnel,
03:38 j'adresse nos condoléances à Tristé.
03:42 Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement,
03:44 Mesdames et Messieurs les députés,
03:46 en mémoire de Robert Badinter et en son hommage,
03:50 je vous demande de bien vouloir observer une minute de silence.
03:54 (Silence)
03:57 (...)
04:25 (...)
04:41 Je vous remercie.
04:43 (...)
05:11 (...)

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