00:00 - On est sur Europe 1 9h30 11h avec Thomas, il est ce matin.
00:03 Thomas, vous recevez la grande gagnante des Victoires de la Musique, Zao de Sagazan.
00:07 - Et on va dresser votre portrait sonore à Zao, des petits sons pour mieux vous connaître.
00:11 Voici le premier.
00:12 - Les vieux ne bougent plus, leurs gestes ont trop de ride, leur monde est trop petit.
00:21 Du lit à la fenêtre, puis du lit aux fauteuils.
00:26 - Les vieux de Jacques Brel, pour illustrer le fait qu'il y a deux ans vous étiez auxiliaire
00:30 de vie dans un EHPAD, Zao, vous avez d'ailleurs dédié votre victoire de la Révélation
00:34 Féminine aux auxiliaires de vie et aux soignants.
00:36 C'était un job alimentaire ou vous aviez vraiment l'envie de devenir soignante ? Vous
00:42 y pensiez vraiment ?
00:43 - Moi j'ai toujours, pendant très longtemps, je pensais que j'allais finir soignante parce
00:47 que j'étais obnubilée par l'idée de soigner les gens, d'être à l'hôpital.
00:54 Donc, soit infirmière, chirurgienne, urgentiste, je sais rien, pompier, voilà.
01:01 J'avais jamais l'idée d'aller aider les gens.
01:03 Et c'est en découvrant la musique que petit à petit je me suis rendu compte que je passais
01:08 mon temps à faire de la musique et qu'il s'agirait de réaliser que j'étais obsédée
01:12 par ça et que je ne serais pas heureuse si je ne le faisais pas.
01:15 Mais pendant très longtemps je pensais que j'allais être soignante et donc quand est
01:18 arrivé le moment vers 2018 où je me disais "bon ben là j'ai fini mes études et maintenant
01:25 il faut que je commence à gagner de l'argent", j'ai découvert que le haux-cahier de vie
01:29 ne demandait pas d'études.
01:31 C'était une petite formation de deux jours, même pas.
01:35 Et donc je me suis dit "génial, ça va me permettre".
01:37 Je savais que ça n'allait pas être le métier de ma vie parce que je comptais être chanteuse,
01:41 mais ça me permettait de toucher un peu à un métier que j'adorais, que j'aurais voulu
01:45 avoir, celui du soignant.
01:47 Donc j'ai été haux-cahier de vie pendant un an.
01:49 - Vous chantiez à l'EHPAD ?
01:50 - C'était haux-cahier de vie à domicile, ce n'était pas en EHPAD.
01:54 Ça m'arrivait d'aller en EHPAD, mais généralement j'allais chez les gens.
01:58 Et donc ça m'arrivait de chanter pour des vieilles personnes qui, souvent les toilettes
02:03 c'est des moments assez douloureux, donc tu peux chanter pour leur faire un peu oublier.
02:08 - D'ailleurs j'ai vu que vous pensiez qu'on aurait tous à gagner à aller faire un petit
02:12 stage en EHPAD pour vivre cette réalité de près, surtout les politiques.
02:16 Qu'est-ce que ça leur apporterait selon vous ?
02:18 - De toute façon je pense que les politiques s'ils commençaient un peu à faire des métiers
02:21 normaux, c'est comme tout le monde.
02:23 Moi je pense que je suis très contente d'avoir fait haux-cahier de vie avant d'avoir été
02:27 chanteuse.
02:28 Je pense que quand on a des métiers un peu extraordinaires comme ça, pour comprendre
02:32 un peu la réalité et la vie dans laquelle on est, et comprendre les gens qui nous entourent,
02:36 c'est bien de faire des métiers où je pense qu'effectivement n'importe quelle politique
02:41 aurait une fille qui se tuerait à la tâche tous les jours en haux-cahier de vie, peut-être
02:45 qu'ils se diraient "bon il est temps de les considérer entre autres financièrement"
02:51 parce que c'est quand même assez scandaleux d'être payé si peu.
02:54 - C'est vrai.
02:55 Et alors on va revenir un petit peu en arrière maintenant dans votre parcours à l'adolescence
02:59 où votre mère vous a fait découvrir cet artiste dont vous avez fait une reprise sublime.
03:03 - Je marche, je rêve dans Vienne Sur trois temples de Val-se-Lointaine
03:11 Il semble que les ombres tournées se confondent Qu'ils étaient beaux les soirs de Vienne
03:19 - Vienne de Barbara Parzau de Sagazan, ça a été le coup de foudre je crois avec Barbara,
03:25 on vous compare d'ailleurs beaucoup à elle aujourd'hui.
03:27 - Moi j'adore Barbara effectivement, alors je ne sais pas si les gens ont raison de me
03:31 comparer parce que je trouve qu'elle est bien au-dessus mais effectivement par contre
03:34 j'ai beaucoup, j'ai été très influencée par Barbara, c'est une des premières qui
03:40 m'a fait me dire "j'ai envie de raconter des histoires", c'était avec Brel aussi que vous
03:46 avez mis juste avant, une capacité à décrire une émotion en quatre phrases et une émotion
03:55 qui est la sienne mais qui est en fait complètement universelle, moi je trouve que c'était assez,
03:59 elle a dépeint tellement de vérités émotionnelles et les émotions c'est le genre de choses
04:06 qu'on arrive, on a du mal à mettre des mots dessus et quand quelqu'un d'autre le fait
04:09 à sa place ça fait tellement du bien et ça permet de tellement les gérer mieux ces
04:13 émotions donc ça m'a donné envie de faire pareil.
04:15 - Est-ce qu'elle a influencé aussi votre manière de chanter, votre diction, votre
04:19 scantion ? - Et bien c'est surtout ma maman qui m'a influencé
04:22 là-dessus, c'est que effectivement j'écoutais Barbara mais moi je n'ai pas tout de suite
04:28 capté pourquoi est-ce que c'était aussi beau à écouter Barbara et entre autres c'est
04:34 ma mère qui me disait "écoute la différence entre Barbara et toi entre autres c'est que
04:37 Barbara elle articule" et je dis "oui mais elle articule, c'est très important, c'est
04:43 hyper important" et je dis "oui mais bon" c'est surtout qu'elle a une voix supplémentaire
04:46 "non c'est très important d'articuler" et elle m'a toujours incité à chaque fois
04:49 que je lui faisais chanter quelque chose elle me disait "oui c'est bien mais c'est mais,
04:53 c'est pas mais, c'est mais" - Mais on le sent aujourd'hui dans votre manière
04:56 de chanter - Mais même de parler, vous articulez beaucoup
04:59 c'est chouette - Et alors votre mère elle était très portée
05:01 sur la chanson française et votre père lui c'était plus le rock, des dors, des Pink
05:05 Floyd notamment et la musique électronique
05:07 - Tu connais ça Joe ou pas ? - Non
05:18 - Koudlam - Ah Koudlam si ok
05:20 - Votre père vous avait dit "écoute Koudlam ça va changer ta vie" ça a été un peu
05:23 le cas non ? - Ah ça a complètement changé ma vie
05:25 - Koudlam - Koudlam ça fait partie des plus grandes
05:27 influences que j'ai, je l'écoute en boucle depuis 10 ans et pourquoi parce qu'en fait
05:33 à ce moment là effectivement j'écoutais pas mal de rock beaucoup et beaucoup de chansons
05:38 françaises mais je n'avais jamais écouté de musique électronique et je découvre Koudlam
05:43 et tout d'un coup je prends conscience comme un synthétiseur peut te faire passer des
05:48 émotions de dingue et comme les arpégiators c'est extraordinaire
05:51 - Qu'est-ce que c'est que ça ? - Un arpégiator c'est
05:53 - Tout tout tout tout tout tout tout tout tout tout tout
05:55 - C'est une arpège en fait c'est un outil qui permet sur un synthé de mettre l'accord
06:01 et ça devient une arpège et donc c'est très utilisé dans la musique électronique et
06:05 bref je découvre la musique électronique et là je commence à me dire c'est extraordinaire
06:09 et là je voilà maintenant quand on écoute ma musique on comprend que j'ai été pas
06:13 mal influencé par la musique électronique et c'est tout par Koudlam
06:16 - Mais c'est ça qu'on aime dans votre musique je crois Zahoud Sagazan c'est ce mélange
06:19 de toutes ces influences quelque chose d'un peu désuet mélangé à des sonorités archi
06:24 modernes et ça fait ce grand album La Symphonie des éclairs
06:30 Dans un instant on retrouve notre premier indispensable Joe Hume on parle de quoi ?
06:33 - De musique ! Alors oui j'aurais vraiment beaucoup aimé vous parler des deux Beyoncé
06:37 là que j'ai écouté seulement ce matin que je trouve fantastique mais non on va partir
06:40 sur une petite playlist des vacances parce que pour une partie des gens qui nous écoutent
06:43 c'est les vacances - Ah oui c'est vrai
06:44 - Et puis on va se savoir quoi dire
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