00:00 Bonjour, je suis le professeur Norbert Ifra, je suis le président de l'Institut National du Cancer
00:09 et j'étais, dans une vie antérieure, professeur d'hématologie, chef de service d'hématologie
00:16 à l'université et au centre hospitalier universitaire d'Angers.
00:20 Le rôle de l'Institut National du Cancer est en fait double.
00:27 Il est à la fois scientifique et sanitaire.
00:31 Conseiller les institutions publiques dans les grandes orientations à prendre
00:38 et parfois de les mettre en œuvre.
00:40 Les cancers pédiatriques sont rares, vous l'avez dit.
00:49 Il y a, si on y ajoute celui des adolescents et jeunes adultes,
00:55 environ 2300 nouveaux cancers pédiatriques par an.
00:59 Les cancers de l'adulte sont des cancers du vieillissement,
01:03 alors que les cancers de l'enfant sont des cancers de la croissance et du développement.
01:09 Il y a toute une série d'inventions qui sont faites pour essayer à la fois d'améliorer
01:23 la qualité du diagnostic, la finesse du diagnostic, le traitement et ne pas entraîner de séquelles.
01:28 On a ce double défi finalement.
01:31 D'une part de guérir ce qu'on ne sait pas encore guérir,
01:34 de trouver pourquoi on résiste à ce traitement,
01:40 mais aussi pour ceux qu'on guérit, de vaincre un sujet majeur qui est celui des séquelles des traitements.
01:51 Il y a beaucoup de projets de recherche.
01:55 Certains sont très fondamentaux.
01:57 Ils sont liés à la compréhension de l'origine de ces cancers pédiatriques,
02:03 de leur biologie, de leur développement.
02:06 D'autres sont liés au traitement.
02:08 Comment faire mieux ? Comment, on l'a dit, le faire avec moins de séquelles ?
02:14 Comment faire intervenir de nouveaux médicaments ?
02:17 Je crois que ce qui est très important de comprendre,
02:19 c'est que les acteurs de la cancérologie pédiatrique
02:23 ont depuis longtemps fait le choix de travailler ensemble,
02:28 au niveau interrégional, au niveau national.
02:31 Ce qui fait qu'il y a beaucoup d'essais qui sont multicentriques,
02:36 avec des régions qui ont décidé de travailler ensemble,
02:39 avec des grands établissements dont on aurait pu penser qu'ils étaient en train de travailler,
02:43 qui sont naturellement concurrents, qui ont décidé de répondre ensemble à des appels d'offres.
02:48 Et ceci est vraiment très structurant.
02:50 Et donc ça, c'est vraiment porteur d'espoir pour la recherche fondamentale,
02:54 pour la recherche clinique, et au niveau national et au niveau international,
02:58 puisqu'un certain nombre de cancers sont tellement rares
03:01 que ce n'est qu'en mettant ensemble les données de tous les pays
03:06 qui ont les moyens de travailler ensemble,
03:10 qui ont les moyens de travailler à un certain niveau,
03:14 qu'on arrive à avoir des informations qui aujourd'hui n'existent pas.
03:20 [Musique]
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