00:00 Pourquoi, Maître Ronen et Maître Wett, vous dites qu'il s'agit d'une violation de l'état de droit ?
00:06 Parce que nous avons eu, et ça a été rappelé très justement,
00:10 une décision de justice de la Cour d'appel de Bruxelles qui a bien explicité
00:15 le fait que rendre Salah Abdeslam à la France pouvait contrevenir aux droits humains,
00:20 pouvait contrevenir à la dignité humaine et l'exposer…
00:23 Sur quel plan précisément ?
00:24 Sur quel plan ? C'est la peine qui lui a été infligée ainsi que les conditions de détention
00:29 qui ont été les siennes…
00:30 Les conditions qui étaient insuppressibles.
00:31 Exactement, ainsi que les conditions de détention qui ont été les siennes
00:34 durant la détention provisoire qui ont laissé penser le juge belge
00:37 qu'il était nécessaire de faire des investigations supplémentaires
00:40 pour s'assurer qu'un retour en France n'allait pas méconnaître la dignité humaine.
00:45 La dignité humaine, c'est un principe fondamental
00:47 qui est inscrit dans la Convention européenne des droits de l'homme.
00:51 Alors on se dit la Convention européenne des droits de l'homme, on s'en fiche, c'est loin, etc.
00:54 Il n'empêche que c'est ce qui fonde le socle des droits humains en Europe.
00:58 Mais visiblement, on annonce qu'il n'y aura plus de surveillance filmée 24h/24,
01:02 donc ça c'est plutôt une bonne chose ?
01:04 Ce sont deux sujets différents.
01:06 Il y a les conditions de sa remise, que nous contestons, vous l'avez compris,
01:09 et puis les conditions de sa détention.
01:10 Sur les conditions de sa détention, ça c'est un autre sujet,
01:12 moi j'ai envie de dire, on verra comment les choses vont se passer.
01:14 Vous savez, je vous rappelle qu'en 2016, il était impossible de filmer un détenu dans sa cellule
01:20 et un décret spécialement pour Salah Abdeslam avait été pris à l'époque.
01:24 Donc moi je reste extrêmement méfiant dans ce domaine.
01:27 Mais ce qui aujourd'hui fonde notre indignation, notre colère,
01:32 c'est véritablement le fait que nous avons deux États qui ont décidé de renverser la table
01:37 et de s'asseoir sur une décision de justice qui a été rendue en Belgique le 3 octobre dernier
01:42 et qui font également fi des procédures en cours.
01:45 Et quels sont vos recours alors ?
01:46 Mais aujourd'hui, les recours sur la décision...
01:48 Il n'y en a plus pour vous ?
01:49 Alors, nous avons des instances qui sont pendantes en Belgique,
01:53 qui sont, à mon sens, aujourd'hui sans objet,
01:55 mais nous allons en discuter, je pense que du fait de la remise de Salah Abdeslam,
01:58 aujourd'hui, ces recours deviennent sans objet.
02:01 La décision d'extraction et de transfert qui a été prise aujourd'hui en France
02:04 n'est pas une décision juridictionnelle que nous pouvons contester.
02:07 Elle n'est pas susceptible de recours.
02:09 C'est une décision totalement discrétionnaire, j'allais dire arbitraire,
02:13 qui a été prise par les deux États conjointement.
02:16 Cette décision n'est pas susceptible de recours.
02:17 Maintenant, nous allons bien évidemment, et nous avons déjà commencé à examiner,
02:23 les différentes possibilités juridiques qui s'offrent à nous.
02:26 Mais votre objectif, c'est de le faire revenir en Belgique, c'est ça ?
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